Après deux mois d’attente et une gestion provisoire par une délégation préfectorale, l’île de Molène, située dans le Finistère, a enfin trouvé son nouveau maire. Bruno Corolleur et sa liste unique, intitulée « Molène en vaut la peine », ont remporté le scrutin avec 100 % des suffrages exprimés. Pour ce petit territoire de 176 habitants, la mobilisation a été forte avec un taux de participation de 70 %.
Parmi les nouveaux visages du conseil municipal figure François Cuillandre. L’ancien maire de Brest, dont la famille est originaire de l’île, a rejoint l’équipe locale après sa défaite aux municipales de mars dernier. Propriétaire d’une résidence secondaire sur ce caillou de 0,7 km², il s’y rend régulièrement.
Un changement de règles qui a freiné les vocations
L’absence de candidats lors du premier scrutin de mars s’expliquait principalement par une évolution législative. La fin de la possibilité du panachage pour les communes de moins de 1 000 habitants a complexifié la formation des listes. Selon certains résidents, l’obligation de constituer une équipe complète a rompu avec les habitudes électorales traditionnelles de Molène, décourageant initialement les volontaires.
Le maintien d’un privilège historique datant de Louis XIV
L’enjeu de cette élection dépassait la simple administration locale. Sans maire, l’île risquait d’être rattachée à une commune du continent, une fusion qui aurait entraîné la perte d’un avantage fiscal exceptionnel. Molène est en effet l’une des deux seules communes françaises, avec l’île de Sein, à bénéficier d’une exemption totale de cadastre et d’impôts locaux.
Ce privilège royal, accordé par Louis XIV, visait à remercier les îliens pour leur aide précieuse apportée aux navires en difficulté lors des tempêtes. Aujourd’hui encore, les habitants et les propriétaires de résidences secondaires — qui représentent 70 % des logements — ne paient ni taxe foncière ni taxe d’habitation.
Cette particularité historique a toutefois un revers financier. En l’absence de recettes fiscales locales, la municipalité dépend quasi exclusivement des subventions de l’État pour assurer son fonctionnement et ses investissements.
