La Défenseure des droits, Claire Hédon, a annoncé avoir saisi le ministre de l’Intérieur suite à une audition jugée scandaleuse dans un commissariat de Nice. Une femme, ayant porté plainte en 2022 pour viol contre son voisin, a été soumise à des interrogations qualifiées d’« inadmissibles » et de « culpabilisantes » par l’autorité indépendante.
L’enquête menée par les services de la Défenseure des droits révèle des atteintes manifestes aux droits de la plaignante. Le rapport pointe des questions véhiculant des préjugés sexistes et une méconnaissance profonde des mécanismes des violences sexuelles de la part d’une enquêtrice qui avait pourtant reçu une formation spécifique.
Des questions dégradantes lors de l’audition
Le contenu des échanges, rapporté dans la décision, souligne la violence verbale subie par la victime et son compagnon. L’enquêtrice a notamment demandé à la plaignante si elle était « du genre timide » ou plutôt « petite cochonne » lors de ses rapports sexuels. D’autres questions portaient sur l’absence de résistance physique ou sur le plaisir éventuellement ressenti pendant l’agression.
Pour Claire Hédon, ces méthodes témoignent d’un manquement grave à l’obligation de discernement et aux devoirs d’exemplarité de la fonctionnaire. Elle estime que l’attention particulière due aux victimes n’a pas été respectée dans cette affaire.
Une demande de sanctions et de réformes
Face à ces constats, la Défenseure des droits demande au ministre de l’Intérieur d’engager une procédure disciplinaire à l’encontre de la policière. Elle recommande également de généraliser des formations plus rigoureuses sur l’accueil et l’audition des victimes de violences sexuelles pour l’ensemble des forces de l’ordre.
Par ailleurs, Claire Hédon soulève des failles plus larges dans la procédure pénale, citant le manque d’information des victimes sur les suites de leurs plaintes. Elle invite les ministères de l’Intérieur et de la Justice à engager une réflexion sur la pratique des confrontations, suggérant qu’elles ne devraient être organisées qu’en cas de stricte nécessité afin de protéger les victimes.
