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Le redémarrage de l’unité de valorisation énergétique (UVE) de Villejean, située à Rennes, subit un nouveau revers. Initialement espérée pour l’été, la remise en service du plus vieil incinérateur de France est désormais décalée à la fin de l’année 2026. Ce report de six mois prolonge une période d’inactivité qui dure depuis maintenant plus de quatre ans.
Un lourd impact financier pour la métropole
Cette prolongation du chantier a des conséquences directes sur les finances de Rennes Métropole. L’obligation de détourner les déchets vers d’autres centres de traitement coûte environ 2,5 millions d’euros chaque mois à la collectivité. En plus de ces frais d’exportation, l’arrêt de l’usine prive le territoire de la production habituelle de chaleur et d’électricité.
Pour faire face à cette explosion des coûts, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères payée par les résidents a dû être revue à la hausse. Le projet de modernisation, entamé au printemps 2022, était initialement budgété à 110 millions d’euros pour une durée de dix-huit mois, mais les délais et les coûts n’ont cessé de déraper depuis.
Origine des retards et phase de tests
Le blocage provient en grande partie d’un conflit juridique entre la métropole et l’entreprise italienne Ruths, qui était chargée des travaux avant d’être écartée du projet. Ce litige a nécessité l’intervention d’un nouveau prestataire, Est Industrie Sentis, pour corriger de nombreuses malfaçons, notamment près de 6 000 soudures défectueuses.
Actuellement, la société Enereizh, filiale de Veolia et exploitante du site, a entamé une phase d’essais techniques à froid. Les techniciens vérifient le bon fonctionnement de 200 moteurs et de 2 000 kilomètres de câbles. Cette étape est indispensable avant de pouvoir traiter les premiers déchets en fin d’année.
Des objectifs environnementaux maintenus
Malgré les déboires techniques et financiers, la rénovation de cet équipement mis en service en 1968 doit permettre d’améliorer ses performances. À terme, l’usine devrait doubler sa capacité de production électrique et augmenter de 50 % sa fourniture de chaleur, tout en réduisant son impact environnemental grâce à une baisse des rejets atmosphériques.
