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Le samedi soir à Tel-Aviv a été le théâtre d’un événement pour le moins singulier. Alors qu’une manifestation contre la guerre se déroulait sur la place Habima, ce ne sont pas les forces de l’ordre, mais les sirènes d’alerte aérienne qui ont mis un terme au rassemblement. Dans l’urgence, manifestants, policiers et même les chevaux de la police se sont retrouvés côte à côte, réfugiés dans un parking souterrain servant d’abri anti-aérien.
Une trêve forcée sous les sirènes
Cette scène insolite s’est produite après environ une heure de face-à-face entre les protestataires et les forces de sécurité. L’alerte, signalant des tirs en direction d’Israël, a imposé une pause inattendue dans les tensions. Un participant a qualifié cette situation de paradoxale, illustrant la complexité du climat actuel dans la région face au danger immédiat.
Le mouvement antiguerre gagne du terrain
Avant l’interruption par les sirènes, plus d’un millier de personnes s’étaient réunies pour réclamer la fin des cycles de violence. Les manifestants ont exprimé leur opposition aux conflits s’étendant à l’Iran, au Liban et à Gaza, tout en dénonçant les tensions en Cisjordanie. Alon-Lee Green, l’un des organisateurs du groupe Standing Together, a noté une participation en forte hausse par rapport aux semaines précédentes, signe d’un mouvement qui s’amplifie à travers le pays.
Si l’offensive militaire lancée en février bénéficie toujours d’un soutien important, l’opinion publique montre des signes de lassitude. Selon une étude de l’Institut israélien de la démocratie, le soutien à la guerre chez les Israéliens juifs est passé de 93 % au début des opérations à 78 % fin mars. Sur les pancartes, les appels au dialogue et les critiques envers le gouvernement étaient omniprésents.
Une répression qui n’entame pas la détermination
La police, qui avait limité le rassemblement à 150 personnes pour des raisons de sécurité, a procédé à une dizaine d’interpellations lors de la dispersion de la foule. Malgré cela, les manifestants restent mobilisés, bien que l’humeur générale soit au pessimisme. Edouard, un Franco-israélien présent sur place, a exprimé sa tristesse face à la situation de son pays et a appelé à des pressions internationales pour mettre fin au conflit.
De son côté, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a confirmé dans une allocution vidéo sa volonté de poursuivre l’offensive militaire contre l’Iran, fermant ainsi la porte, pour l’heure, aux appels à la désescalade observés dans les rues de Tel-Aviv.
