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Divertissement

Issu de la scène musicale d’Athens, en Géorgie, R.E.M. est rapidement devenu l’un des groupes les plus célèbres et influents des années 1980. Formé autour de Michael Stipe, Mike Mills, Peter Buck et Bill Berry, le quatuor a su mêler exigence artistique et succès populaire. Leur son distinctif a marqué durablement l’histoire du rock.
Au-delà des millions d’albums vendus et des clips résolument artistiques, R.E.M. a contribué à populariser le « college rock », devenu ensuite le rock alternatif. Leur musique reposait sur des guitares claires et percutantes, des mélodies mélancoliques et la voix profonde de Stipe, qui ont façonné leur identité sonore.
- « Fall on Me »
- « The One I Love »
- « Everybody Hurts »
- « Losing My Religion »
- « What’s the Frequency, Kenneth? »
Reconnu par la critique et le public, le groupe a été intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en 2007. R.E.M. a dominé les radios alternatives, MTV et les classements tout au long des années 1980 et 1990, avant de laisser la place à d’autres formations progressant sur la même voie.
Alors, que sont devenus ces quatre musiciens qui ont transformé la musique populaire ? Voici, dans les sections suivantes, le parcours individuel récent de Michael Stipe, Mike Mills, Peter Buck et Bill Berry.
R.E.M. s’est séparé en 2011

Après la sortie en mars 2011 de leur quinzième album, Collapse into Now, le groupe a pris une décision radicale six mois plus tard : il mettait un terme à son existence collective. L’annonce officielle évoquait des amis de toujours qui, en tant que co‑conspirateurs, décidaient de « tourner la page », avec un sentiment de gratitude, de finalité et d’étonnement face à tout ce qu’ils avaient accompli.
Les membres ont tenu à rassurer les fans sur la nature de la séparation : il ne s’agissait ni d’une rupture acrimonieuse ni d’un conflit juridique, mais d’un choix pris « ensemble » et « à l’amiable ». Le bassiste Mike Mills souligna notamment que « le moment semblait simplement approprié » et qu’il n’y avait « aucune mésentente ici, pas de prises de bec, pas d’avocats qui se font face ».
- Le groupe avait commencé à se délier progressivement depuis la tournée de 2008, selon les membres.
- Lors d’une conversation rapportée plus tard, le chanteur exprima le besoin de s’éloigner de la vie du groupe « pour longtemps », ce à quoi l’un des guitaristes répondit en plaisantant « pour toujours ? », proposition approuvée par Mike Mills.
- Un souci d’intégrité artistique pesait également dans la balance : ne pas se transformer en formation qui se contenterait de rejouer des tubes d’il y a vingt ans.
En somme, la fin de R.E.M. résulte d’un accord collectif visant à préserver à la fois l’amitié entre les membres et la dignité artistique du groupe, plutôt que de prolonger indéfiniment une carrière devenue rétrospective.
Michael Stipe s’est tourné vers les arts visuels

Poursuivant une inclination artistique présente depuis toujours, Michael Stipe n’a jamais limité son besoin d’expression à la seule musique. Pendant ses années avec R.E.M., il a publié un livre illustré consacré à une figure du rock new-yorkais, Two Times Intro: On the Road with Patti Smith, qui mettait en avant sa photographie.
Libéré de ses obligations de groupe, il a eu davantage de temps pour développer cette passion. En juillet 2018, il a publié Volume 1, une collection de clichés pris entre 1980 et 2015.
Sa démarche s’est ensuite élargie à des projets collaboratifs et à des formes variées d’art visuel. Parmi les réalisations récentes :
- une collaboration avec l’écrivain et artiste canadien Douglas Coupland — auteur de Generation X, expression qui désigne leur génération — pour Our Interference Times: A Visual Record;
- des expérimentations en sculpture et en installations artistiques, mêlant objets trouvés et agencements visuels.
En 2018, une galerie de Brooklyn a présenté Infinity Mirror, une installation où Stipe disposait de vieux sièges et étagères de manière très réfléchie. À propos de ces pièces, il confiait à ARTnews : « Chacun de ces objets vient de la décennie magique des années 1970. Je suis né en 1970 et ai vécu mon adolescence durant cette période, donc elle m’a profondément marqué. »
Cette évolution vers les arts visuels illustre comment, après R.E.M., Stipe a réorienté son énergie créative vers la photographie, la collaboration artistique et des installations qui interrogent mémoire et esthétique.
Michael Stipe continue de faire de la musique… mais rarement

Poursuivant l’examen du parcours des membres de R.E.M., Michael Stipe illustre une trajectoire surprenante : malgré sa voix immédiatement reconnaissable et son statut de frontman emblématique, il a publié très peu de musique sous son propre nom depuis la séparation du groupe.
En octobre 2019, huit ans après la fin de R.E.M., Stipe a mis en ligne son premier single solo, « Your Capricious Soul ». Il a ensuite publié un deuxième single, « Drive to the Ocean », le 4 janvier 2020 — jour de son 60e anniversaire — en le vendant 77 cents et en reversant les bénéfices à une association liée au climat.
- Premier single (octobre 2019) : « Your Capricious Soul » — bénéfices pour Extinction Rebellion. (source)
- Second single (4 janvier 2020) : « Drive to the Ocean » — commercialisé sur son site à 0,77 $, au profit d’une association environnementale. (source)
Ces sorties ponctuelles montrent une implication artistique choisie et engagée, mais, à la date de février 2020, aucun album complet n’avait encore été publié sous son nom.
En transition vers la section suivante, on abordera maintenant les trajectoires individuelles des autres membres de R.E.M., dont les parcours ont pris des directions tout aussi variées.
Oui, c’est bien Michael Stipe dans cette séquence
Dans la continuité du parcours du groupe, Michael Stipe est resté la figure la plus immédiatement identifiable de R.E.M., avec son crâne rasé, sa silhouette longiligne et ses gestes de danse singuliers. Cette présence visuelle et scénique a naturellement facilité son passage devant la caméra : Stipe a multiplié les apparitions à la télévision et au cinéma, jouant parfois une version amplifiée de lui-même.
Ses interventions couvrent un large spectre, allant de petits rôles comiques à des participations en tant que témoin ou commentateur dans des documentaires musicaux. On l’a notamment vu :
- dans des sketchs satiriques, comme sur At Home with Amy Sedaris ;
- en invité récurrent sur des émissions comme The Colbert Report et The Late Show with Stephen Colbert ;
- en intervenant dans des documentaires consacrés à R.E.M. ou à d’autres groupes emblématiques.
Parallèlement à son travail devant la caméra, Stipe s’est engagé en coulisses pour aider d’autres artistes à faire exister leurs projets. Dans les années 1990, il a cofondé le studio indépendant Single Cell Pictures, qui a contribué à produire des films marquants comme Being John Malkovich et Velvet Goldmine. Pour en savoir plus sur la genèse de ce projet : article de presse et un entretien détaillé sur la Creative Independent. Des informations complémentaires sur la société de production sont disponibles ici : profil.
Après la séparation de R.E.M., Stipe a continué de produire et de soutenir des films d’auteur discrets mais influents. Parmi ses participations figurent notamment le documentaire sociologique Me at the Zoo (IMDB), l’anthologie romantique Fourplay, le drame familial Dust et le récit En El Séptimo Dia. Poursuivant son engagement artistique, il a ainsi favorisé l’émergence d’œuvres indépendantes loin des projecteurs commerciaux.
Peter Buck est plus actif aujourd’hui qu’à l’époque de R.E.M.

En enchaînant sur les parcours post-R.E.M., Peter Buck illustre bien le virage pris par plusieurs membres du groupe : après plus de trois décennies dans l’industrie musicale, il a dressé une longue liste de ce qu’il rejetait dans ce milieu, affirmant ne plus vouloir « rien avoir à faire » avec le business, si ce n’est écrire, jouer et enregistrer des chansons. Depuis la séparation du groupe en 2011, il est resté fidèle à cette position et a orienté sa carrière vers des projets indépendants choisis.
Plutôt que de se mettre en retrait, Buck s’est montré extrêmement productif et polyvalent. Il a publié plusieurs albums solo entre 2012 et 2020, privilégiant de petits labels et des collaborations qui correspondent à ses envies artistiques. Son approche a été guidée par la liberté créative plutôt que par les contraintes commerciales.
Parmi ses engagements musicaux récents, on retrouve :
- la sortie de plusieurs albums solo, témoignant d’une démarche intimiste et expérimentale ;
- la formation d’un duo, Arthur Buck, avec le chanteur-songwriter Joseph Arthur ;
- la participation au groupe The Minus 5, un ensemble pop-rock folksy proche dans son atmosphère de certaines sonorités de R.E.M. ;
- l’implication dans le supergroupe The Baseball Project, dont le répertoire est centré sur le thème du baseball et qui a publié plusieurs disques ;
- un travail de musicien invité et de producteur sur des enregistrements pour divers artistes, ainsi qu’une contribution à l’album « Paging Mr. Proust » publié en 2016 par un groupe de roots-rock.
Ces diverses activités montrent que, même après la fin officielle de R.E.M., Buck a continué à explorer des territoires musicaux variés, conservant l’esprit d’un musicien désireux de créer sans compromis. Cette trajectoire ouvre naturellement la voie à d’autres portraits des anciens membres du groupe.
Que devint Mike Mills ?

Robin Marchant/Getty Images
Après la fin de R.E.M. en 2011, Mike Mills a poursuivi une carrière musicale foisonnante, explorant des horizons bien au‑delà du college rock épuré qui a fait la renommée du groupe. Bassiste du groupe depuis sa création en 1980, il avait également assuré des voix principales ou d’accompagnement pour compléter Michael Stipe.
Ses activités post‑R.E.M. témoignent d’une grande curiosité artistique :
- Il est membre du projet collectif Baseball Project, un groupe centré sur la culture du baseball et rassemblant plusieurs musiciens issus de la scène alternative (https://www.wbur.org/artery/2014/07/24/the-baseball-project).
- Mills accompagne et tourne avec d’autres artistes, notamment en rejoignant la formation de tournée de Joseph Arthur (https://glidemagazine.com/41828/r-e-m-s-mike-mills-joins-joseph-arthurs-touring-band/).
- Fervent admirateur du power‑pop des années 1970, il a rendu hommage au groupe Big Star en rédigeant les notes de pochette pour la réédition de leurs deux premiers albums et en participant à des concerts de reprises (https://www.usatoday.com/story/popcandy/2014/09/02/big-star-mike-mills/14959197/).
- Surprenante évolution : en 2016, Mills a signé une œuvre classique avec le violiniste Robert McDuffie — le Concerto for Violin, Rock Band and String Orchestra — puis l’a défendue en tournée, se produisant principalement dans des salles d’opéra et de concert prestigieuses (https://www.rollingstone.com/music/music-features/r-e-m-bassist-on-breaking-down-walls-between-classical-and-rock-113923/).
Ces projets montrent que, loin de s’en tenir à l’héritage de R.E.M., Mike Mills continue d’élargir son champ musical tout en rendant hommage aux influences qui l’ont façonné.
Bill Berry a quitté R.E.M. il y a longtemps

Dans la chronologie du groupe, R.E.M. a longtemps été un quatuor composé de Michael Stipe, Peter Buck, Mike Mills et Bill Berry. Pourtant, en 1997, Berry a annoncé qu’il quittait le groupe après près de deux décennies à ses côtés. « Je suis à un point de ma vie où mes priorités ont changé », déclarait-il dans un communiqué, exprimant son souhait d’entamer une nouvelle phase de vie (source : Rolling Stone).
L’idée de partir a commencé à germer en 1995, après qu’il ait subi un anévrisme lors d’un concert de R.E.M. et subi une opération au cerveau. « Cela a commencé à se faire sentir pendant ma convalescence », expliquait Berry à MTV News, ajoutant qu’il ne songeait pas forcément à quitter le groupe mais à réévaluer ses priorités et ce qu’il voulait faire du reste de sa vie (source : MTV News).
Le désir réel de s’éloigner s’est confirmé au début de 1997, lors des sessions d’enregistrement de l’album Up. « Je n’avais tout simplement plus la même énergie pour entrer en studio et travailler comme avant », a-t-il reconnu, et le groupe a décidé de poursuivre en trio sans le remplacer officiellement, en faisant appel à des batteurs engagés pour les enregistrements et les tournées.
- 1995 : anévrisme et opération, période de convalescence et remise en question.
- 1997 : annonce officielle du départ après 17 ans avec R.E.M.
- Après son départ : R.E.M. continue comme trio, avec des batteurs invités en studio et sur scène.
Son départ a constitué un tournant dans l’histoire de R.E.M., influençant leur manière d’aborder les enregistrements et les tournées par la suite.
Bill Berry mène la vie à la ferme

Après son départ de R.E.M. en 1997, Bill Berry a choisi de s’éloigner du tourbillon du rock pour une vie plus tranquille. Il est retourné dans sa Géorgie natale et s’est installé dans la petite ville au nom évocateur de Farmington, où il a élevé son fils Owen, né en 2003.
Peu enclin à la vie publique, Berry n’apparaît que rarement. Quand il se produit ou enregistre, l’événement attire l’attention des amateurs de musique et des médias spécialisés.
- En 2000, il a participé à l’album de bienfaisance Welcome Companions, jouant batterie, percussions et claviers au profit d’une association dédiée au syndrome de Tourette en Géorgie.
- En septembre 2019, il est remonté derrière une batterie au Fox Theatre d’Atlanta lors d’un concert « Revival » destiné à soutenir la restauration de salles historiques. Ce moment a aussi constitué une mini-réunion de R.E.M., avec Berry accompagnant Peter Buck (guitare) et Mike Mills (basse).
Ces apparitions sporadiques confirment que, si Bill Berry a choisi une existence rurale loin des projecteurs, il reste un musicien respecté dont chaque retour sur scène est perçu comme un petit événement par la communauté autour de R.E.M.
Pour un aperçu visuel d’une de ses rares performances, une captation est disponible ici : YouTube.
R.E.M. réunis pour une nuit seulement

Photo : Scott Gries
Après l’annonce de la séparation du groupe en 2011, R.E.M. avait précisé que la scission était sans animosité, qu’aucun conflit personnel ou judiciaire ne poussait les collaborateurs de longue date à se séparer.
Quelques années plus tard, les membres ont donné un signe évident qu’ils restaient proches. L’un des épisodes marquants est lié à la vie privée de Peter Buck :
- Peter Buck s’est marié le 1er juin 2013 à Portland.
- Tous ses anciens collègues de R.E.M. étaient présents à la réception.
- Au cours de la soirée, les quatre musiciens sont montés sur scène à différents moments, y compris l’ancien batteur Bill Berry.
- Cependant, et malgré l’espoir de nombreux fans, il n’y a pas eu d’instant où les quatre ont joué ensemble simultanément.
Ce bref rassemblement privé illustre la nature cordiale des relations entre Michael Stipe, Peter Buck, Mike Mills et Bill Berry après la fin officielle du groupe, sans pour autant constituer une vraie réunion musicale publicisée.
