Évolution de la barbe à la Maison-Blanche
Pour situer le sujet dans son contexte historique : si l’on compare des portraits de présidents américains côte à côte, on remarque deux choses immédiatement — la forte homogénéité socioculturelle et, plus anecdotiquement, l’absence quasi totale de barbe. Cette disparition de la pilosité faciale chez les présidents relève autant d’une évolution culturelle que d’un choix d’image politique.

Le grand retour de la barbe est en réalité assez récent. Une étude citée par Vox montre que si la barbe était courante au XIXe siècle, le XXe siècle a vu sa disparition progressive au profit du rasage de près. La mode descend parfois des classes populaires vers les élites, mais dans le cas des dirigeants politiques, l’adoption a été plus lente.

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi les présidents américains restent, depuis plus d’un siècle, majoritairement rasés :
- Évolution des normes culturelles : la modernisation du XXe siècle a favorisé le rasage soigné comme marque de respectabilité.
- Stéréotypes et perceptions : des études montrent que la barbe peut être perçue comme rendant un homme plus masculin et compétent, mais aussi moins empathique — un handicap pour l’image politique (BBC, Business Insider).
- Souci de l’image : les responsables politiques sont extrêmement attentifs à la manière dont ils sont perçus par l’électorat, et la barbe reste une variable risquée.
Le dernier président à afficher une pilosité notable au visage fut William Taft. Avant lui, des figures comme Abraham Lincoln et Ulysses S. Grant portaient la barbe, et Theodore Roosevelt arborait une moustache célèbre. Mais, comme le rappelle Quartz, depuis 1913 aucun locataire de la Maison-Blanche n’a conservé de moustache ou de barbe en continu.

À court terme, le panorama reste inchangé : aucun candidat majeur de 2020 ne présentait de barbe. Quelques hommes politiques ont néanmoins tenté l’expérience, comme Beto O’Rourke (Instagram) ou Paul Ryan (Politico), sans s’y tenir durablement. D’autres, tels que le congressiste Emmanuel Cleaver, ont longtemps conservé une moustache notable (site officiel).

Enfin, la question de savoir si les présidents américains et barbe pourront coexister à l’avenir reste ouverte. Certains plaisantent sur le sujet — une pétition publique a même invité Bernie Sanders à ne plus se raser (Change.org) — mais, historiquement, la Maison-Blanche est restée fidèle à une esthétique plutôt rasée.
