Rivalités et trahisons au sein de la dynastie lagide

Dans la continuité des luttes de pouvoir qui déchiraient la Macédoine d’Égypte, l’affrontement entre Cléopâtre et sa sœur Arsinoé IV prend tout son sens. Leur rivalité n’était pas une querelle familiale banale, mais l’expression d’enjeux dynastiques et militaires majeurs pour le contrôle du trône égyptien.

Vers 68 av. J.-C., naît Arsinoé IV, troisième enfant d’un souverain lagide. La fratrie comprenait Cléopâtre, Arsinoé et leur frère Ptolémée XIII, dont les rivalités mèneront rapidement à l’exil de Cléopâtre et à des jeux d’alliances déterminants. Profitant du soutien militaire et politique de Jules César, Cléopâtre parvint à reprendre le pouvoir.
- Arsinoé, quant à elle, ne se résigna pas : elle se proclama reine et s’adossa au général rebelle Achilas pour asseoir son autorité.
- Après des manœuvres violentes et un bref renversement d’alliances, Arsinoé fit exécuter Achilas et confia l’armée à son propre lieutenant, intensifiant la lutte civile.
- Capturée par les troupes romaines, elle fut exhibée lors d’un triomphe à Rome, mais épargnée : au lieu d’être mise à mort, elle fut confinée dans un temple, marquant une clause fragile de clémence.
La donne politique changea à nouveau après l’assassinat de César. Cléopâtre s’allia avec Marc Antoine, nouveau pilier du pouvoir romain à l’est. Entre-temps, Arsinoé bénéficia d’un regain de soutien populaire en Méditerranée, suscitant chez Cléopâtre la crainte d’un second soulèvement.
Craignant que sa propre position ne soit menacée par une sœur devenue figure de ralliement, Cléopâtre demanda à Marc Antoine d’éliminer cette menace. Sur son ordre, Arsinoé fut assassinée, geste qui illustre à quel point la sauvegarde du pouvoir pouvait primer sur les liens du sang dans l’Égypte lagide.
Cette querelle fratricide révèle les dynamiques de pouvoir à l’œuvre : alliances opportunistes, recours à la force, et usages de la mise à l’écart religieuse comme ultime refuge politique. La suite de l’histoire confirmera les conséquences lourdes de ces décisions sur la destinée de la dynastie.
