Divertissement
Poursuivons avec des anecdotes et coulisses qui ont façonné Pearl Jam, du surgissement sur la scène de Seattle aux querelles publiques et aux choix artistiques surprenants. Ces récits révèlent pourquoi le groupe reste une figure incontournable du rock contemporain.
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Pearl Jam s’est imposé grâce au timbre primal d’Eddie Vedder et aux guitares incisives de Mike McCready. Issu du mouvement grunge de Seattle, le groupe a traversé trois décennies en conservant une large audience, alternant morceaux rageurs et ballades anthemiques.
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La formation de Pearl Jam découle directement de la fin tragique de Mother Love Bone, après le décès d’Andrew Wood. Stone Gossard et Jeff Ament, déjà partenaires musicaux, ont conservé leur collaboration et enregistré des démos qui allaient conduire à la création d’un nouveau groupe.
Une bande démo, confiée par Jack Irons à Eddie Vedder, permit d’assembler la formation initiale. Irons facilita aussi une première grosse exposition en aidant le groupe à ouvrir pour un groupe établi lors d’une grande tournée.
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Parallèlement à la naissance de Pearl Jam, plusieurs membres ont participé à Temple of the Dog, un hommage musical formé après la mort d’Andrew Wood. Le projet rassembla notamment Chris Cornell, Matt Cameron, et donna lieu au single marquant « Hunger Strike ».
La sortie de cet album en 1991 précéda celle de Ten, montrant à quel point la scène de Seattle était soudée et féconde en collaborations.
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Avant d’adopter le nom Pearl Jam, le groupe se faisait appeler Mookie Blaylock, en référence à une star de la NBA. L’origine du nom « Pearl Jam » amalgama une suggestion autour du mot « pearl » et l’influence d’un concert marathon de Neil Young qui inspira le mot « jam ».
Une anecdote colorée évoquant une grand-mère nommée Pearl et des conserves hallucinogènes avait circulé longtemps, avant que Vedder n’avoue l’avoir exagérée.
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Comme dans une comédie rock, Pearl Jam a connu une forte rotation de batteurs. Matt Cameron participa aux premiers démos, puis Dave Krusen enregistra Ten avant de partir pour une cure. Suivirent Matt Chamberlain, Dave Abbruzzese, Jack Irons, puis le retour de Cameron.
Plusieurs autres percussionnistes célèbres furent approchés ou auditionnèrent, mais le groupe trouva finalement sa stabilité après plusieurs changements.
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Le premier album Ten fut réalisé avec un budget réduit par rapport aux standards de l’époque : environ 25 000 dollars d’enregistrement, le mixage coûtant un peu plus. Ce parti pris DIY correspondait à l’éthique de la scène grunge.
Pour certaines chansons comme « Alive », le groupe utilisa la prise démo d’origine, n’y ajoutant qu’un solo de guitare. « Even Flow » fut enregistré des dizaines de fois avant d’obtenir la version retenue.
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Le clip de « Jeremy » a valu au groupe plusieurs récompenses et une visibilité massive, mais Pearl Jam s’est rapidement interrogé sur l’impact des vidéos promotionnelles. Un commentaire d’un collègue, estimant que la vidéo altérait la perception de la chanson, incita le groupe à réduire sa production de clips pendant plusieurs années.
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Avec Vitalogy (1994), Pearl Jam manifesta son goût pour le vinyle : le premier single « Spin the Black Circle » célèbre l’écoute de disques. Le groupe lança la version vinyle deux semaines avant la sortie CD et obtint un bon classement pour un LP à l’époque où le format était déclinant.
Les éditions CD comprenaient un abondant livret d’extraits médicaux anciens, ce qui augmenta les coûts de fabrication et illustra la volonté du groupe de proposer un objet singulier.
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Le plus grand succès commercial du groupe reste la reprise « Last Kiss », qui se classa au numéro 2 du Billboard en 1999. À l’origine enregistrement destiné aux fan-clubs et aux fêtes de fin d’année, le titre s’est propagé par les ondes avant d’être publié officiellement, les bénéfices étant reversés à des œuvres caritatives.
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Au milieu des années 1990, Pearl Jam s’opposa à un important opérateur de billetterie pour limiter les frais imposés aux fans. Le conflit mena à l’annulation d’une tournée et à une enquête du ministère de la Justice, qui ne déboucha finalement sur aucune action concrète.
La contestation illustre la volonté du groupe de défendre l’accès au concert pour le public, malgré la difficulté de contourner des structures de marché consolidées.
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Lors d’une prestation diffusée en ligne en 2007, une interpolation critique d’Eddie Vedder à l’encontre du président de l’époque fut censurée par le diffuseur, provoquant une réaction publique du groupe. L’incident souligna les tensions entre expression artistique et contrôles éditoriaux sur les webcasts.
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Sur le plan environnemental, Pearl Jam s’est engagé depuis les années 2000 à compenser l’empreinte carbone de ses tournées. Le groupe chiffre les émissions liées aux déplacements et reverse une partie des recettes pour soutenir des projets de conservation et de réduction des émissions.
Parmi ces actions, une contribution notable visait à protéger des zones forestières en Alaska, démontrant une volonté d’atténuer l’impact écologique d’une activité tournée vers la scène mondiale.
Ces anecdotes de coulisses montrent que Pearl Jam a toujours conjugué musique, principes et provocation contrôlée — autant d’éléments qui nourrissent son héritage dans la culture rock.
