Histoire
Pour saisir l’origine du surnom Bloody Mary, il faut laisser de côté l’image populaire d’une hôtesse de fête — et revenir au XVIe siècle anglais. Mary I d’Angleterre n’était pas une femme parfaite, et sa réputation a été façonnée autant par ses actes que par les récits de ses adversaires.
Parmi les éléments qui expliquent son rôle historique :
- Elle est souvent présentée comme la première femme à régner effectivement sur l’Angleterre.
- Elle était la seule enfant survivante d’Henry VIII et de sa première épouse, Catherine d’Aragon.
- Son règne s’inscrit dans la succession d’événements créés par la rupture entre Henri VIII et l’Église de Rome.
Henri VIII, obsédé par un héritier mâle, avait cherché à annuler son mariage avec Catherine et, face au refus du pape, il rompit avec Rome pour établir la primauté royale sur l’Église en Angleterre. Ce changement permit des remariages successifs et déplaça le pays vers le protestantisme — contexte crucial pour comprendre la réaction de Mary.
Montée sur le trône en 1553 après la mort d’Édouard, son demi-frère, Mary tenta de réparer ce qu’elle considérait comme les erreurs de son père en rétablissant le catholicisme. Durant son règne de cinq ans, elle fit persécuter les protestants : plus de 300 personnes furent brûlées pour hérésie, une peine alors appliquée aux condamnés pour déviance religieuse.
La postérité de Mary fut durablement marquée par ses opposants. Sous le règne d’Élisabeth Ire, le martyrologue protestant John Foxe publia son Livre des martyrs, accompagné de gravures détaillées d’exécutions. Ces représentations visuelles contribuèrent puissamment à forger l’image de « Bloody Mary » — rappelant que l’histoire est souvent écrite par les vainqueurs.

