Réchauffement climatique : le cap des 1,5 °C menacé avant 2030

par Olivier
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Réchauffement climatique : le cap des 1,5 °C menacé avant 2030
Science

Le réchauffement climatique s’est accéléré de manière statistiquement significative depuis l’année 2015. C’est la conclusion alarmante d’une étude publiée dans la revue scientifique Geophysical Research Letters par l’Institut de Potsdam pour la recherche sur les impacts du climat (PIK).

Un rythme de réchauffement inédit

Au cours de la dernière décennie, le taux de réchauffement a atteint environ 0,35 °C par décennie. À titre de comparaison, ce chiffre s’élevait à un peu moins de 0,2 °C en moyenne entre 1970 et 2015. Il s’agit tout simplement du taux d’augmentation le plus élevé enregistré depuis le début des relevés météorologiques en 1880.

Pour parvenir à ces résultats, les scientifiques se sont appuyés sur de vastes ensembles de données d’observation mondiales. Ils ont notamment croisé les relevés de la Nasa, de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de l’organisation Berkeley Earth.

Isoler la tendance de fond du climat

Afin d’obtenir une vision précise de l’évolution des températures, les chercheurs ont minutieusement filtré les principales influences naturelles. Ils ont ainsi écarté les effets d’événements conjoncturels tels que le phénomène El Niño, les éruptions volcaniques ou encore les variations de l’activité solaire.

Cette approche permet de réduire les fluctuations passagères pour rendre plus clairement visible le signal sous-jacent du réchauffement à long terme, comme le souligne le statisticien américain et coauteur de l’étude, Grant Foster.

Le cap critique des 1,5 °C franchi avant 2030 ?

Les données corrigées confirment une accélération marquée de la hausse des températures depuis 2015, avec un degré de certitude statistique supérieur à 98 %. Le chercheur au PIK et auteur principal de l’étude, Stefan Rahmstorf, avertit que si cette cadence se maintient, le seuil de 1,5 °C fixé par l’Accord de Paris sera durablement dépassé d’ici la fin de la décennie en cours.

À l’échelle mondiale, le thermomètre affiche depuis trois ans des niveaux historiques. Les années 2023, 2024 et 2025 sont les plus chaudes jamais répertoriées, 2024 détenant le record absolu. Même après avoir neutralisé les effets d’El Niño et du pic d’activité solaire, ces années demeurent exceptionnellement chaudes.

Ce constat fait l’objet d’un consensus scientifique de plus en plus large. Le climatologue Zeke Hausfather, de l’institut Berkeley Earth, confirme cette accélération globale. Il nuance toutefois l’approche méthodologique des chercheurs du PIK, estimant que les outils statistiques utilisés pour gommer les variations naturelles restent perfectibles et pourraient laisser subsister certains biais d’analyse.

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