À court terme, les combustibles fossiles devraient suivre le même chemin que les dinosaures, malgré les efforts des compagnies pétrolières et charbonnières pour retarder l’échéance. Les ressources non renouvelables de la Terre s’épuisent à grande vitesse, et lorsqu’on y ajoute la menace existentielle du changement climatique, il devient évident que l’humanité vit avec une horloge en marche.
La bonne nouvelle, c’est qu’une transformation majeure est déjà en cours : les modèles d’aujourd’hui seront bientôt remplacés par des générations plus récentes, plus performantes et surtout plus respectueuses de l’environnement. Les voitures électriques, ou véhicules électriques, sont désormais suffisamment avancées pour répondre aux besoins de presque tous les conducteurs. Une étude du MIT a même montré que si 90 % des véhicules à essence actuels étaient remplacés par des électriques dès aujourd’hui, les émissions du transport chuteraient d’environ 30 %. L’électrification du parc automobile mondial apparaît donc comme une priorité scientifique et écologique majeure.
Dès lors, la vraie question n’est pas de savoir si les voitures électriques finiront par dominer le marché, mais quand cela se produira.

Des acteurs comme Elon Musk s’efforcent d’accélérer l’adoption des véhicules électriques, mais ce basculement ne se fera pas du jour au lendemain. En revanche, si un enfant naît aujourd’hui, il y a de fortes chances que son premier, voire son deuxième véhicule, soit électrique. Selon une analyse de Bloomberg New Energy Finance relayée par CNN, les voitures électriques pourraient atteindre la domination du marché en 2040, avec environ 57 % des ventes mondiales de voitures particulières. Plusieurs raisons expliquent cette progression :
- un coût d’usage déjà inférieur à celui des véhicules thermiques ;
- une maintenance plus simple et souvent moins onéreuse ;
- une baisse rapide du prix des batteries ;
- un prix d’achat appelé à s’aligner progressivement sur celui des véhicules non électriques.
Le secteur des transports publics devrait, lui, basculer encore plus vite vers l’électrique. Les services de VTC, comme Uber ou Lyft, devraient adopter cette transition à un rythme soutenu, tout comme les bus municipaux, dont 81 % des nouvelles ventes pourraient être électrifiées d’ici 2040, selon Forbes. Les poids lourds, en revanche, mettront davantage de temps à suivre, en raison de leur masse importante.
Ce scénario n’est toutefois pas exempt de limites. Comme le nombre de véhicules en circulation continue d’augmenter rapidement, l’effet des réductions d’émissions pourrait être atténué au moment où davantage d’entre eux deviendront électriques. En même temps, le fait que la majorité du parc automobile passe à l’électrique devrait, au minimum, empêcher les émissions de s’aggraver. À ce stade, l’enjeu est donc clair : faire en sorte que les voitures électriques prennent le relais le plus vite possible.
Quoi qu’il en soit, l’avenir se dessine déjà, et cet avenir sera électrique. Comme l’a résumé Colin McKerracher, responsable du transport avancé chez BNEF, l’électrification prendra du temps, car le parc mondial se renouvelle lentement, mais une fois lancée dans les années 2020, elle s’étendra à de nombreux autres segments du transport routier. Il estime même qu’il n’est pas impossible que les ventes mondiales de voitures particulières conventionnelles aient déjà atteint leur pic.
