La maison de naissance d’Hitler devient une station de police en Autriche

par Olivier
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La maison de naissance d'Hitler devient une station de police en Autriche
Autriche

En s’appuyant sur les travaux de l’auteur Frank Dikötter, la contributrice du Guardian Sheila Fitzpatrick rappelle qu’un dictateur « gravit les échelons par accident, par clientélisme ou par tout autre moyen, sauf par le mérite, pour éclore en véritable agent du mal, avide du respect et de l’admiration qu’il ne peut arracher à la population qu’au moyen d’une manipulation habile des relations publiques ». Dans cette logique de conquête du pouvoir, le futur despote construit peu à peu un culte de la personnalité. L’histoire a montré que ce mécanisme s’est imposé chez plusieurs des figures les plus sombres du XXe siècle, de Mao à Mussolini, et bien sûr Hitler.

En 1932, un enseignant de Hambourg déclarait à propos d’Hitler : « Combien le regardent [Hitler] avec une foi touchante, comme leur aide, leur sauveur, leur libérateur d’une détresse insupportable. » Celui que l’école d’art avait rejeté se présentait alors comme le protecteur de la « grandeur allemande ». Portraits, affiches et bustes s’exposaient dans les lieux publics comme dans les maisons privées. Quant à sa maison de naissance, elle devint, selon Deutsche Welle, « une sorte de centre de culte fasciste ». Après une longue bataille juridique engagée des décennies après la mort du dictateur, ce lieu de dévotion malsaine doit désormais devenir le siège de la police autrichienne.

La naissance d’un symbole d’Hitler en Autriche

Selon NPR, Adolf Hitler est né en 1889 au-dessus d’un bar appelé le Stag, dans la ville médiévale de Braunau am Inn, en Autriche. Il a grandi dans un appartement du deuxième étage loué par ses parents, et tandis qu’il entraînait l’Allemagne dans une tragédie historique, les nazis ont transformé cette demeure en maison de vénération impie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment a servi de galerie d’art et de bibliothèque. Après l’effondrement de l’emprise d’Hitler sur le pays, des soldats autrichiens ont voulu faire sauter l’édifice, ce qui aurait constitué l’un des rares épisodes héroïques liés à un incendie de livres. Des soldats américains sont toutefois intervenus pour le protéger.

Dans les décennies suivantes, le bâtiment a tour à tour abrité une banque, une école et un établissement pour personnes ayant des besoins spécifiques. Mais une constante est demeurée : la maison d’Hitler appartenait à la famille de Gerlinde Pommer. En 2012, Pommer a refusé d’autoriser les travaux de rénovation demandés. Puis, en 2016, le gouvernement autrichien a cherché à saisir le bien vide, tandis que Pommer réclamait une somme considérable pour s’en séparer. En 2019, la Cour suprême autrichienne a ordonné à l’État de lui verser 908 000 dollars pour cette propriété.

Les responsables publics voulaient surtout empêcher les néonazis de faire de l’immeuble un lieu de célébration. La décision a donc été prise de le transformer en station de police, afin d’en faire un rappel permanent du mal qu’il a autrefois incarné. Une pierre commémorative y a été installée avec cette inscription : « Pour la paix, la liberté et la démocratie. Plus jamais de fascisme. Des millions de morts en avertissent. » Puissent les leçons de l’histoire être entendues.

Hitler

Hitler birthplace

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