5 hymnes rock des années 70 qui ont marqué la rébellion adolescente

par Sophie
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5 hymnes rock des années 70 qui ont marqué la rébellion adolescente
Divertissement
Les membres du groupe The Runaways posant dans un parc
Les Runaways, figures emblématiques de la rébellion adolescente des années 1970.

Chaque génération a la certitude d’avoir inventé le mal-être adolescent. Depuis les balbutiements des Who dans les années 1960 jusqu’à l’histoire singulière de la musique emo, les jeunes ont toujours eu tendance à associer leurs émotions mélodramatiques au son des guitares électriques. Bien avant que le fait de fuir sa ville natale ne devienne un thème central du pop-punk des années 2000, Bruce Springsteen chantait déjà l’urgence de partir pendant qu’il en était encore temps.

Les baby-boomers qui fréquentaient le lycée dans les années 1970 avaient l’embarras du choix lorsqu’il s’agissait de claquer la porte de leur chambre après une dispute familiale et de pousser le volume à fond. Bien qu’ils aient eu la vingtaine à l’époque, les membres de groupes comme les Ramones ont bâti leur carrière en créant de la musique pour des adolescents en pleine rébellion. D’autres formations, en revanche, faisaient de la musique pour les jeunes, par des jeunes. Les membres des Runaways étaient toutes encore adolescentes lorsqu’elles ont sorti leur album éponyme en 1976, rempli de succès comme « Cherry Bomb ». Comme l’expliquait Jackie Fox au magazine Circus cette même année, leur seule véritable révolution sociale résidait dans le fait d’être des adolescentes capables de jouer du rock ‘n’ roll.

Les morceaux qui suivent illustrent une grande diversité d’artistes, d’années et de perspectives. Car le sentiment d’incompréhension face à ses parents est universel, et ces chansons ont été taillées sur mesure pour résonner avec ces sensibilités juvéniles.

The Who — Baba O’Riley

Il n’est pas nécessaire d’être un adolescent pour capturer l’essence de cet âge. C’est exactement ce qu’ont accompli les Who, alors âgés d’une vingtaine d’années, avec leur titre emblématique de 1971, « Baba O’Riley ». Bien que de nombreuses personnes se trompent en l’appelant « Teenage Wasteland », cette chanson a été initialement écrite pour un projet d’opéra rock finalement abandonné. Les couplets décrivent un homme luttant contre des forces invisibles, tandis que le célèbre refrain scande ce sentiment de gâchis adolescent.

Si le concept original de l’opéra rock — qui devait raconter l’histoire d’un fermier écossais partant pour Londres avec sa famille — a largement échappé au public, le refrain est resté gravé dans les mémoires. L’expression « Teenage wasteland » décrit parfaitement l’expérience frustrante de l’adolescence : ce moment où l’on se sent coincé, privé de la liberté et de l’argent tant désirés.

The Ramones — Blitzkrieg Bop

En 1976, les Ramones dévoilent « Blitzkrieg Bop », leur tout premier single, que certains considèrent même comme le premier morceau punk de l’histoire. Avec ses paroles évoquant des jeunes qui perdent la tête, ce titre a résonné auprès des adolescents en colère, devenant un succès marquant jusqu’en 1979. Sans oublier, bien sûr, son introduction scandée (« Hey ! Ho ! Let’s go ! »), taillée sur mesure pour être hurlée à pleins poumons.

Bien que certains aient spéculé sur un lien avec la Seconde Guerre mondiale, la chanson s’intitulait à l’origine « Animal Hop », jusqu’à ce que Dee Dee Ramone propose ce nouveau nom allitératif. En 2003, Tommy Ramone confiait au magazine Billboard que le morceau parlait simplement de jeunes allant à un concert pour s’amuser. La ligne intimant de tirer dans le dos de quelqu’un était d’ailleurs, à l’origine, une simple référence à des cris dans le fond de la salle. Pour les lycéens des années 70, l’attrait de cette chanson dépassait largement les paroles : il résidait dans son rythme frénétique, ses guitares saturées et son chant d’ouverture inoubliable, véritable cri de ralliement de la rébellion juvénile.

David Bowie — Rebel Rebel

Sorti en 1974, le tube de David Bowie aborde une autre facette de l’expérience adolescente : l’exploration de son identité de genre. Dès les premières lignes, la chanson raconte l’histoire d’un jeune androgyne qui sème la confusion dans son entourage, et tout particulièrement chez sa mère, incapable de savoir s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille. Décrit comme un amateur de groupes de musique bruyants, ce personnage incarne une rébellion particulièrement fascinante, portée par un riff de guitare mémorable.

Dans une interview accordée au magazine Uncut en 2014, le guitariste de Bowie, Alan Parker, a révélé que ce riff avait une origine inattendue. Bowie souhaitait créer une mélodie aux sonorités proches des Rolling Stones, dans le simple but d’agacer Mick Jagger. Il a ensuite ajouté un pont musical avant de s’atteler aux paroles. Écrire un tube mondial juste pour embêter un ami et rival avec qui l’on a pu avoir une liaison : voilà une énergie qui parle indéniablement à tout adolescent.

Bruce Springsteen — Born to Run

L’immense succès de Bruce Springsteen en 1975 est une chanson d’amour, mais c’est avant tout un hymne au rejet de sa ville natale et à l’envie viscérale de s’enfuir, un thème cher à tout jeune rebelle. Le chanteur y décrit sa ville comme un piège mortel qui vous brise les os. Anecdote amusante : l’État du New Jersey a brièvement envisagé de faire de « Born to Run » son hymne officiel en raison de son énergie rock, avant que certains ne fassent remarquer que les paroles dépeignaient la région de manière très péjorative.

Lors d’un entretien avec la radio NPR en 2009, Springsteen a qualifié ce morceau de chanson de sa jeunesse. Il y explique cette peur de se voir imposer une vie que l’on redoute, qui n’est autre que celle de ses propres parents. Dans ses albums ultérieurs, comme « The River », l’artiste a délibérément choisi de traiter des préoccupations d’adultes, telles que le chômage ou les difficultés conjugales. Ce contraste rend la rébellion adolescente de « Born to Run » d’autant plus poignante.

The Runaways — Cherry Bomb

Les cinq membres des Runaways n’avaient que 16 et 17 ans lorsqu’elles ont sorti leur premier single, « Cherry Bomb », en 1976. Ses paroles effrontées incarnent la rébellion adolescente à la perfection. Les couplets vantent l’attitude rebelle de la chanteuse, tandis que le refrain s’adresse directement à ses parents comme une provocation ouverte. Joan Jett et le manager Kim Fowley ont écrit ce titre pour Cherie Currie en s’inspirant de son prénom, imaginant l’expression « cherry bomb » comme l’équivalent d’un pétard adolescent.

L’impact de « Cherry Bomb » a traversé les décennies, le morceau étant repris et réinterprété par plusieurs générations de jeunes femmes rebelles. Bratmobile s’en est emparé en 1993, Miley Cyrus l’a chanté en 2013, et les Linda Lindas l’ont repris en 2019. Comme l’a confié Cherie Currie à la radio ABC Melbourne en 2020, c’est le rêve de toute adolescente de pouvoir clamer une telle indépendance en chanson, car il y a toujours une part de combativité en chaque jeune.

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