Il fut un temps où « Never Gonna Give You Up » de Rick Astley était simplement une chanson pop efficace et entraînante des années 1980. Cependant, Internet s’en est emparé pour en faire une plaisanterie mondiale, au point que l’entendre aujourd’hui provoque souvent plus d’agacement que de nostalgie. Ce phénomène, connu sous le nom de « Rickroll », consiste à piéger des internautes en leur promettant un lien vers un contenu intéressant pour les rediriger finalement vers le clip de la chanson sur YouTube.

Les origines d’une blague interminable
Selon les informations rapportées par ABC News en Australie, tout a commencé sur le forum 4chan. À l’origine, la farce consistait à diriger les utilisateurs vers l’image d’un canard sur roulettes, un gag baptisé « duckrolling ». Ce n’est que plus tard que Rick Astley a remplacé le canard, lançant une tendance qui dure depuis près de vingt ans. Si l’idée a pu paraître amusante au début, sa persistance lasse aujourd’hui de nombreux observateurs.
Rick Astley lui-même se retrouve piégé par ce succès viral. Bien que la vidéo cumule plus de 1,7 milliard de vues, l’artiste ne touche que très peu de revenus issus de ce mème. N’étant pas crédité comme auteur-compositeur du titre, il ne perçoit pas les redevances liées au streaming vidéo. Cette situation souligne l’ironie d’un phénomène qui utilise l’image d’un chanteur sans que celui-ci n’en tire un réel profit financier.
Une qualité musicale éclipsée par la dérision
Le Rickroll a fini par transformer une chanson et son interprète en cibles de moqueries. Le clip, très marqué par l’esthétique des années 1980 avec ses vêtements larges et ses chorégraphies datées, est souvent utilisé pour souligner le côté ringard de cette époque. Pourtant, derrière la plaisanterie se cache une production pop de qualité, portée par une mélodie accrocheuse et la voix grave et sincère d’Astley.
Le succès massif du mème a rendu presque impossible l’écoute de « Never Gonna Give You Up » pour ses seules qualités musicales. La plupart des milliards de vues enregistrées proviennent de clics involontaires liés au piège du Rickroll. En devenant un symbole de l’agacement numérique, ce morceau a perdu son charme originel, alors qu’il reste pourtant bien plus solide que de nombreux autres titres de la même décennie.
