Mick Jagger et Keith Richards : les secrets d’une amitié tumultueuse

par Sophie
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Mick Jagger et Keith Richards : les secrets d'une amitié tumultueuse
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Il n’existe sans doute pas de partenariat musical plus fructueux que celui formé par le chanteur Mick Jagger et le guitariste Keith Richards. En explorant l’histoire des Rolling Stones, il apparaît clairement que le groupe doit son succès à ce duo, surnommé les « Glimmer Twins », qui assure l’écriture des chansons depuis des décennies.

Depuis leur formation en 1962, les Rolling Stones ont conservé une popularité immense. Avec près de 250 millions d’albums vendus et des tournées générant des profits records — dépassant parfois les 9 millions d’euros par concert — le groupe reste une force majeure de l’industrie. En 2023, l’album « Hackney Diamonds » a d’ailleurs prouvé leur vitalité créative après soixante ans de carrière. Pourtant, derrière cette réussite se cache l’une des relations les plus volatiles et tumultueuses de l’histoire du rock.

Mick Jagger et Keith Richards en noir et blanc
Mick Jagger et Keith Richards, un duo légendaire mais complexe.

Une amitié d’enfance retrouvée par hasard

Mick Jagger et Keith Richards se connaissaient depuis l’école primaire à Londres. Bien qu’ils se soient perdus de vue pendant plusieurs années, le destin les a réunis en octobre 1961 sur le quai d’une gare. Jagger, alors âgé de 18 ans, se rendait à la London School of Economics, tandis que Richards, 17 ans, allait à l’école d’art de Sidcup.

Ce jour-là, Richards transportait sa guitare électrique et Jagger tenait une pile de disques de blues importés des États-Unis. Cette passion commune pour la musique a immédiatement relancé leur amitié. Ils ont commencé à se voir pour écouter des disques et jouer ensemble, posant ainsi les bases d’un partenariat qui allait changer le visage de la musique moderne.

La naissance des Rolling Stones et l’éviction de Brian Jones

Le duo a rejoint Brian Jones pour former les Rolling Stones, un nom inspiré par une chanson de Muddy Waters. À l’origine, le répertoire du groupe n’était composé que de reprises de blues. C’est leur manager, Andrew Loog Oldham, qui les a poussés à écrire leurs propres morceaux en les enfermant dans une cuisine jusqu’à ce qu’ils produisent une chanson originale.

Leur premier succès, « As Tears Go By », a d’abord été un tube pour Marianne Faithfull avant que le groupe ne trouve son propre style avec « The Last Time ». Cependant, à mesure que le succès de Jagger et Richards grandissait, le leader d’origine, Brian Jones, sombrait dans la drogue. Devenu incapable de contribuer aux sessions d’enregistrement, il a finalement été renvoyé par le duo peu avant sa mort tragique en 1969.

L’âge d’or et l’exil en France

Au début des années 1970, avec l’arrivée du guitariste Mick Taylor, le groupe a atteint son apogée créative avec des albums comme « Sticky Fingers » et « Exile on Main Street ». Pour échapper aux taxes britanniques qui atteignaient alors 98 % pour les plus hauts revenus, les Stones se sont installés dans le sud de la France. C’est dans une villa louée par Richards qu’ils ont enregistré une partie de leur œuvre la plus célèbre.

Cette période a également marqué le début de l’addiction sévère de Keith Richards à l’héroïne. Tandis que Jagger s’intégrait à la haute société internationale et fréquentait la jet-set après son mariage avec Bianca Perez-Mora Macias, Richards s’enfonçait dans la toxicomanie. La situation a atteint un point critique en 1977, lorsque Richards a été arrêté à Toronto pour trafic de drogue, menaçant l’existence même du groupe.

Keith Richards, Brian Jones et Mick Jagger
L’ascension du duo Jagger-Richards a progressivement éclipsé Brian Jones.

Lutte de pouvoir et années de froid

Après avoir réussi à décrocher de l’héroïne en 1978, Richards a souhaité reprendre le contrôle des affaires du groupe, que Jagger gérait seul depuis des années. Cette volonté a déclenché une lutte de pouvoir amère. Richards a commencé à critiquer ouvertement Jagger dans la presse, lui donnant des surnoms peu flatteurs comme « Brenda » ou « Sa Majesté ».

Dans les années 1980, leur relation était si dégradée qu’ils enregistraient leurs parties séparément pour ne pas avoir à se croiser en studio. Jagger s’est alors lancé dans une carrière solo avec l’album « She’s the Boss », ce que Richards a perçu comme une trahison motivée par l’ego. Le groupe a failli éclater définitivement avant de se retrouver en 1989 pour l’album « Steel Wheels ».

Des frères plus que des amis

Malgré les années, les tensions ont persisté, notamment lors de la publication des mémoires de Richards, « Life », en 2010. Le guitariste y faisait des commentaires moqueurs sur la vie privée de Jagger, obligeant ce dernier à exiger des excuses. Richards a admis qu’il était prêt à tout, même à s’excuser, pour maintenir les Stones en vie, affirmant qu’il mentirait même à sa propre mère pour le bien du groupe.

Aujourd’hui octogénaires, Mick Jagger et Keith Richards se considèrent comme des frères plutôt que comme des amis. S’ils ne se parlent pas tous les jours et conservent une certaine distance, ils reconnaissent que l’étincelle entre eux est le moteur de leur créativité. Comme l’a résumé Jagger avec humour en 2024, le secret de leur longévité est simplement de ne pas se parler trop souvent.

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