L’une des grandes aventures de l’enfance consiste à creuser un trou en espérant déboucher un jour en Chine. Ou en Amérique, si l’on grandit côté chinois. Avec l’âge, on comprend vite que même en possédant l’endurance nécessaire pour forer jusqu’à 7 950 miles de profondeur, selon l’endroit où l’on se trouve, l’exercice deviendrait de plus en plus difficile à mesure que l’on se rapprocherait du noyau terrestre — jusqu’à devenir tout simplement impossible en raison de la chaleur. La Terre n’est pas faite de terre du sol au centre : la croûte, composée de roche et de sol, ne descend qu’à environ 19 miles. En dessous, on trouve quatre autres couches — le manteau supérieur, le manteau inférieur, le noyau externe et le noyau interne — où les températures deviennent rapidement extrêmes. Même la croûte peut déjà être très chaude par endroits, atteignant jusqu’à 1 600 degrés à l’approche du manteau.

Mais pourquoi fait-il encore si chaud à l’intérieur de la Terre après des milliards d’années ? Selon Scientific American, la formation d’une planète produit une quantité considérable de chaleur — environ 18 000 degrés Fahrenheit — et il faut un temps immense pour que cette énergie se dissipe à travers toutes les couches de matière. La Terre a donc conservé l’essentiel de sa chaleur primordiale, héritée de ses origines. À cela s’ajoute un autre mécanisme : les matériaux lourds, comme le fer, s’enfoncent vers le centre de la planète en générant une chaleur de friction au passage, pouvant atteindre 3 000 degrés Fahrenheit. Une partie de la température du noyau terrestre provient aussi de la désintégration de matières radioactives, même si la contribution exacte de ce phénomène reste difficile à mesurer.
En pratique, les couches externes de la Terre jouent le rôle d’une couverture isolante : elles retiennent une grande partie de cette chaleur interne et l’empêchent de s’échapper trop vite. Résultat, le noyau terrestre devrait rester brûlant pendant encore très, très longtemps. En résumé, mieux vaut éviter de creuser un tunnel vers la Chine — ou vers l’Amérique — dans un avenir proche.
