5 chansons « flops » de 1978 que nous adorons malgré tout

par Sophie
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5 chansons "flops" de 1978 que nous adorons malgré tout
États-Unis, Royaume-Uni

Nous éprouvons tous un sentiment de protection envers certaines chansons qui conservent une valeur personnelle, peu importe l’opinion du grand public, y compris pour les morceaux considérés comme des échecs commerciaux. Qu’il s’agisse de préférences divergeant des critiques ou de l’impact culturel à long terme par rapport aux classements initiaux, chaque époque musicale a connu ces décalages. L’année 1978 ne fait pas exception à la règle.

Le terme « flop » peut recouvrir des réalités variées. Une chanson peut être boudée par la critique mais conquérir les auditeurs, ou inversement. Parfois, un titre échoue simplement en comparaison des succès massifs d’un même artiste. En 1978, plusieurs morceaux aujourd’hui cultes n’ont pas réussi à percer dans les classements de l’époque, malgré leur qualité intrinsèque.

Jerry Garcia sur scène
Jerry Garcia, figure emblématique dont certains titres ont connu des débuts difficiles.

Red Shoes by the Drugstore – Tom Waits

Avec sa voix rocailleuse unique, Tom Waits ouvre cette liste. Son titre « Red Shoes by the Drugstore », issu de l’album Blue Valentine, n’a jamais percé à sa sortie et ne compte aujourd’hui que 1,4 million d’écoutes sur Spotify. L’album lui-même n’a atteint que la 181e place du Billboard 200, et aucun de ses titres n’a jamais intégré le Hot 100.

Alors que d’autres morceaux de l’album comme « Christmas Card from a Hooker in Minneapolis » attirent davantage l’attention, cette chanson se distingue par son groove percutant, sa ligne de basse épurée et son récit noir digne d’un polar sur un braquage qui tourne mal. C’est un morceau typique de l’univers de Waits, mêlant poésie beatnik et atmosphère nocturne, qui mérite d’être redécouvert par les amateurs du genre.

Exciter – Judas Priest

Pour les puristes du métal, qualifier un titre de Judas Priest de « flop » semble absurde au vu de leur carrière légendaire. Pourtant, malgré près de 50 millions d’albums vendus, le groupe a mis du temps à s’imposer commercialement. « Exciter », sorti en 1978 sur l’album Stained Class, est techniquement un échec commercial puisqu’il n’a jamais figuré dans les classements de l’époque.

Le morceau est pourtant crucial dans l’histoire du rock. Il se distingue par l’utilisation innovante de la double grosse caisse par le batteur Les Binks et par les notes aiguës impressionnantes de Rob Halford. Au fil des décennies, « Exciter » est devenu un incontournable des concerts, prouvant que l’importance historique d’un titre dépasse largement sa performance initiale dans les charts, où seul le titre « You’ve Got Another Thing Comin’ » a réussi à percer plus tard.

Shakedown Street – Grateful Dead

Malgré une discographie imposante, le Grateful Dead a rarement dominé les classements de singles. « Shakedown Street » a même été critiqué par les fans de la première heure pour son virage vers la pop influencée par le disco, certains le surnommant ironiquement le « disco Dead ». Pourtant, cette influence est aujourd’hui perçue comme une évolution naturelle et audacieuse, à l’image du succès de titres similaires pour d’autres groupes de l’époque.

Le morceau propose une ligne de basse syncopée et un refrain accrocheur qui, bien qu’éloignés du rock psychédélique habituel du groupe, possèdent un charme indéniable. Comme souvent avec ce groupe, c’est en concert que la chanson a pris toute son ampleur. Une version enregistrée en 1979 à Oakland, dépassant les 14 minutes, est d’ailleurs considérée comme l’un des piliers de leur répertoire des années 70.

Water of Love – Dire Straits

Il est difficile d’imaginer que « Water of Love » ait pu être un échec quand on connaît le succès planétaire de « Sultans of Swing » sur le même premier album de Dire Straits. Alors que ce dernier cumule 1,7 milliard d’écoutes sur Spotify, « Water of Love » reste dans l’ombre avec seulement 78 millions d’écoutes, n’ayant jamais intégré le Billboard Hot 100.

La carrière du titre a été freinée par une sortie limitée à certains pays comme les Pays-Bas et l’Australie, pour des raisons de distribution internationale obscures. C’est pourtant un morceau fluide et groovy, teinté d’influences latines et de blues-rock. Il met en avant le jeu de guitare slide de Mark Knopfler, offrant une atmosphère apaisante idéale pour une écoute décontractée lors d’un après-midi calme.

Jamie’s Cryin’ – Van Halen

Issu du premier album éponyme de Van Halen en 1978, « Jamie’s Cryin’ » n’a jamais atteint le Top 100, contrairement à la reprise de « You Really Got Me ». Tandis que le morceau instrumental « Eruption » marquait l’histoire de la guitare grâce à la technique de tapping d’Eddie Van Halen, ce titre plus mélodique est resté plus discret auprès du grand public.

Moins agressif que d’autres succès du groupe, le morceau séduit par son côté décontracté et son refrain entêtant. Bien qu’il repose sur des thèmes classiques du rock de l’époque, l’ensemble dégage une énergie positive qui rend le style exubérant de David Lee Roth plus accessible. C’est une facette plus calme de Van Halen qui, malgré son échec initial dans les classements, reste une pièce intéressante de leur début de carrière.

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