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Dans l’industrie musicale, l’annonce d’une collaboration entre deux grandes stars suscite généralement une immense attente. Pourtant, il arrive que ces alliances prestigieuses se transforment en véritables désastres industriels, nuisant durablement à la réputation des artistes impliqués. Entre mauvais choix artistiques et décalages culturels, certains duos ont marqué la fin d’un âge d’or pour des icônes du rock et de la pop.

Sting et Shaggy : un mélange des genres risqué
Ancien leader de The Police et artisan d’une pop sophistiquée en solo, Sting a surpris son monde en s’associant à la star du reggae Shaggy en 2018. Leur album commun, intitulé « 44/876 » en référence aux indicatifs téléphoniques du Royaume-Uni et de la Jamaïque, a certes remporté un Grammy, mais a marqué le début d’un déclin commercial notable pour le chanteur britannique.
Malgré cette récompense, l’album a plafonné à la 40ème place du Billboard 200, le pire score de Sting à cette époque. Les projets suivants n’ont pas permis de redresser la barre : l’album « My Songs » en 2019 et « The Bridge » en 2021 ont atteint des sommets encore plus bas dans les classements, suggérant que le public s’était durablement désintéressé de l’artiste après cette parenthèse reggae.
L’échec de Cher et Greg Allman
En 1977, Cher, alors au sommet de sa gloire, s’unit à son époux de l’époque, Greg Allman, pour l’album « Two the Hard Way ». Publié sous le nom de groupe « Allman and Woman », le disque tentait de fusionner le rock sudiste d’Allman avec le style plus dansant de Cher. Le résultat fut un échec retentissant, tant critique que commercial.
La presse fut impitoyable, le magazine Rolling Stone qualifiant même l’album de « fond du baril ». Les ventes furent si faibles que l’album ne parvint jamais à entrer dans les classements, une situation inédite pour deux stars de cette envergure dans les années 70. Cher mettra dix ans à retrouver le succès avec le titre « I Found Someone » en 1987.
Coverdale-Page : l’ombre de Led Zeppelin
Au début des années 1990, le guitariste de Led Zeppelin, Jimmy Page, s’associe à David Coverdale, ancien chanteur de Whitesnake. Si leur album éponyme s’est vendu à un million d’exemplaires, le projet a été violemment critiqué par Robert Plant, l’ancien complice de Page. Plant a publiquement tourné Coverdale en dérision, le surnommant « David Cover-version ».
Cette collaboration a finalement précipité les retrouvailles entre Page et Plant pour un projet acoustique sur MTV, excluant totalement Coverdale de la scène médiatique. Les albums suivants du chanteur n’ont jamais rencontré le succès escompté, sa réputation ayant été durablement affectée par cette comparaison constante et défavorable avec l’héritage de Led Zeppelin.
Lou Reed et Metallica : l’incompréhension totale
En 2011, Lou Reed, figure légendaire du rock alternatif, s’associe au géant du métal Metallica pour l’album « Lulu ». Inspiré par les pièces de théâtre de Frank Wedekind, le disque proposait des textes parlés sur une musique lourde et chaotique. L’accueil fut glacial, particulièrement de la part des fans de Metallica qui ont exprimé une hostilité immédiate.
Commercialement, « Lulu » fut un échec cuisant, ne restant qu’une seule semaine dans les classements de ventes. Ce fut le dernier album studio enregistré par Lou Reed avant son décès en 2013. Fin 2014, le disque ne s’était écoulé qu’à environ 33 000 exemplaires, un chiffre dérisoire pour des noms aussi célèbres.
Van Halen III : le faux pas de Gary Cherone
Après avoir connu le succès avec David Lee Roth puis Sammy Hagar, le groupe Van Halen a tenté un pari risqué en recrutant Gary Cherone, ancien chanteur d’Extreme. L’album « Van Halen III », sorti en 1998, a marqué le point le plus bas de l’histoire du groupe en termes de ventes à cette période.
Bien que l’album ait débuté à la 4ème place des ventes, il n’a pas réussi à maintenir l’intérêt du public, s’écoulant à environ 500 000 exemplaires. Cherone a quitté le groupe dès 1999, et Van Halen est resté sans nouvel album studio jusqu’en 2012. Pour Cherone comme pour le groupe, cette collaboration est restée synonyme d’une période de flottement artistique difficile.
