Procès libyen : Nicolas Sarkozy charge Claude Guéant et Brice Hortefeux

par Sophie
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Procès libyen : Nicolas Sarkozy charge Claude Guéant et Brice Hortefeux
France, Libye

Devant la cour d’appel de Paris, Nicolas Sarkozy a exprimé sa profonde indignation face aux accusations de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Condamné en première instance à cinq ans de prison ferme en septembre 2025, l’ancien chef de l’État maintient fermement sa position : il n’y a jamais eu le moindre pacte de corruption avec le régime de Mouammar Kadhafi.

Une défense centrée sur l’imprudence des collaborateurs

Vêtu d’un costume sombre et accompagné de son épouse Carla Bruni-Sarkozy, l’ex-président a tenté de convaincre la cour que les soupçons pesant sur lui résultent d’erreurs commises par son entourage. Il a notamment pointé du doigt Claude Guéant, son ancien directeur de cabinet, et Brice Hortefeux, son ami proche. Selon lui, ces derniers auraient été coupables d’imprudence en rencontrant des dignitaires libyens en 2005, à son insu.

La justice soupçonne que ces déplacements à Tripoli visaient à négocier des fonds secrets en échange de contreparties diplomatiques et judiciaires. L’un des enjeux aurait été la levée du mandat d’arrêt contre Abdallah Senoussi, condamné à perpétuité pour son rôle dans l’attentat contre le vol DC-10 d’UTA. Nicolas Sarkozy affirme qu’en tant que ministre de l’Intérieur à l’époque, il n’avait aucun pouvoir sur cette situation judiciaire.

Des rencontres controversées à Tripoli

L’ancien chef de l’État a critiqué le choix de Claude Guéant de dîner avec Senoussi lors d’un voyage préparatoire. Pour lui, une ligne a été franchie à ce moment-là, bien qu’il assure ne pas avoir été alerté par son collaborateur. Il a tenu un discours similaire concernant Brice Hortefeux, qualifiant sa rencontre avec le dignitaire libyen en décembre 2005 d’erreur injustifiée.

Interrogé sur les documents mentionnés par Mediapart dès 2012, Nicolas Sarkozy a martelé qu’aucun centime libyen n’avait financé sa victoire. Il rejette les affirmations de Moussa Koussa, ancien chef du renseignement libyen, et soutient que la vérité est aux antipodes de ces allégations de financement occulte.

Le rôle de l’intermédiaire Ziad Takieddine

Au cœur des débats, la figure de l’intermédiaire Ziad Takieddine, décédé en 2025, a été largement discutée. Nicolas Sarkozy l’a décrit comme un menteur et un opportuniste cherchant à justifier son utilité auprès du régime libyen en piégeant des responsables français de haut rang.

Toutefois, la cour s’est montrée sceptique face à cette explication. Le président de l’audience a souligné qu’il paraissait surprenant qu’un intermédiaire prenne le risque de compromettre ses relations avec celui qui était alors le candidat favori de la droite. L’audition de l’ancien président doit se poursuivre pour éclaircir ces zones d’ombre persistantes.

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