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L’histoire de Neil Diamond est celle d’une ascension constante. Après avoir connu un certain succès en tant qu’auteur-compositeur et artiste solo dans les années 1960, il s’est imposé comme une figure incontournable du rock ‘n’ roll au début de la décennie suivante. Si certains se souviennent de sa prestation critiquée dans le remake de The Jazz Singer plus tard dans sa carrière, l’année 1970 demeure le sommet absolu de son parcours artistique.

Durant cette année charnière, Diamond a prouvé l’étendue de son talent à travers des compositions personnelles profondes, des hymnes entraînants à la guitare acoustique et des reprises transformées. Voici cinq chansons qui illustrent pourquoi 1970 fut la meilleure année de sa carrière.
Cracklin’ Rosie
En octobre 1970, Neil Diamond décroche son premier numéro 1 au Billboard Hot 100 avec Cracklin’ Rosie. Ce succès confirme son statut de superstar solo et de compositeur de génie, quelques années après avoir écrit le tube I’m a Believer pour les Monkees. Le titre affiche toutes les qualités de Diamond : humour, profondeur et une certaine mélancolie.
L’inspiration de la chanson est insolite. Diamond l’a écrite après avoir entendu parler d’une région reculée du Canada où les hommes, bien plus nombreux que les femmes, passaient leurs week-ends avec des bouteilles de vin rosé qu’ils appelaient affectueusement leurs partenaires. Cracklin’ Rosie raconte ainsi l’histoire d’un homme oubliant ses soucis grâce à l’alcool, un thème récurrent chez l’artiste qui avait déjà sorti Red Red Wine en 1968.
Solitary Man
Bien que Solitary Man ait été initialement publiée en 1966, c’est en 1970 qu’elle trouve véritablement son public. À l’époque de sa création, Diamond travaillait au Brill Building de New York, entouré de duos célèbres comme Carole King et Gerry Goffin. Cette chanson, écrite en solo, évoque un homme enchaînant les échecs amoureux et concluant qu’il n’est peut-être pas fait pour la vie de couple.
Des années plus tard, l’artiste confiera qu’il avait écrit ce titre sur lui-même sans s’en rendre compte immédiatement. En 1970, profitant de la nouvelle notoriété de Diamond, la chanson revient sur les ondes et grimpe jusqu’à la 21e place des classements, touchant un public bien plus large que lors de sa sortie initiale.
Shilo
Tout comme Solitary Man, Shilo est un ancien titre qui a connu une seconde vie en 1970. Son premier label, Bang Records, avait refusé de la sortir en single en 1967. Cependant, après les succès massifs de Sweet Caroline et Holly Holy, la maison de disques a décidé de publier une version remaniée pour capitaliser sur la gloire de l’artiste.
Cette chanson poignante traite de la solitude enfantine. Elle met en scène un jeune garçon délaissé par son père qui cherche du réconfort auprès d’un ami imaginaire nommé Shilo. Le morceau se termine sur une note touchante où le personnage, devenu adulte, appelle à nouveau Shilo à l’aide lors d’un moment difficile. Le titre atteindra la 24e place des charts cette année-là.
Holly Holy
À l’aube de 1970, Holly Holy occupait déjà le haut des classements. Cette ballade acoustique mystérieuse, qui se transforme en un hymne joyeux soutenu par un orchestre et des chœurs, illustre parfaitement la capacité de Diamond à créer des compositions spirituelles et puissantes.
La force de ce titre a également été démontrée par sa reprise la même année par le groupe de la Motown, Jr. Walker and the All Stars. En y ajoutant une ligne de basse funky et un solo de saxophone magistral, ils en ont fait un succès R&B majeur. Cette double présence dans les classements souligne l’influence considérable des compositions de Diamond sur la scène musicale de l’époque.
He Ain’t Heavy… He’s My Brother
En novembre 1970, Neil Diamond s’approprie un titre déjà rendu célèbre par les Hollies. Inspirée d’une parabole du XIXe siècle sur la dignité et l’entraide, cette ballade solennelle prône la solidarité humaine. Diamond, dont les propres chansons explorent souvent la profondeur des connexions humaines, semblait être l’interprète naturel pour ce texte.
Sa version est devenue un nouveau succès dans le Top 20, prouvant qu’il n’excellait pas seulement dans l’écriture, mais aussi dans l’interprétation de thèmes universels. Entre ses propres tubes et ces reprises habitées, Neil Diamond a fait de 1970 une année inégalée dans l’histoire de la musique pop.
