Vous avez peut-être déjà entendu le récit biblique de Jonas et de la baleine. En résumé, Jonas désobéit à Dieu, s’éloigne en bateau, est englouti par une baleine, puis recraché trois jours plus tard après s’être repenti. Mais est-ce seulement imaginable dans la réalité ? En 2019, un plongeur nommé Rainer Schimpf s’est retrouvé par surprise dans la gueule d’une énorme baleine de Bryde pesant environ 15 tonnes. Comme l’explique Live Science, « Schimpf n’a jamais couru le moindre risque d’être avalé », car ces animaux se nourrissent en filtrant l’eau par grandes bouchées. Il a été relâché en quelques secondes.
Prendre au pied de la lettre l’histoire de Jonas exigerait donc soit une grande part de foi, soit des preuves irréfutables. Or, un article publié en 1930 dans le Moody Bible Institute Monthly s’est justement penché sur la plausibilité de ce récit. Tel que le rapporte la revue Perspectives on Science and Christian Faith, l’article rédigé par le professeur de théologie Albertus Pieters évoque l’histoire d’un cachalot « extrêmement grand » qui aurait avalé un marin violemment projeté hors d’un navire baleinier près des îles Malouines.

Le marin prétendument avalé par une baleine

Fait surprenant, ce marin ne s’appelait ni Ahab, ni Ismaël, ni même Melville. Son nom était James Bartley. Selon le récit, Bartley aurait survécu après avoir été extrait du ventre de la bête, mais les sucs gastriques auraient laissé des traces terribles. Son visage et ses mains auraient été blanchis jusqu’à une pâleur presque cadavérique, et sa peau froissée lui aurait donné l’air d’avoir été ébouillanté. Pendant plusieurs semaines, Bartley se serait comporté comme un fou furieux, avant que cette agitation mentale ne s’atténue. Il ne serait resté qu’un effet durable : une peau jaunâtre, sèche, presque « parcheminée ». Il aurait même supposé qu’il aurait pu survivre plus longtemps encore dans l’estomac de la baleine, avant que la faim ne le tue.
Mais cette histoire pourrait-elle être vraie ? Pas vraiment, selon The Naked Scientists. Les cachalots, capables d’engloutir des calmars géants entiers, n’auraient probablement pas besoin d’un effort immense pour avaler un humain d’un seul coup. En revanche, leur système digestif pose un problème bien plus sérieux. Si un homme comme Jonah, Ahab, Bartley ou Ismaël parvenait à franchir les dents entier et vivant, il lui faudrait affronter jusqu’à quatre estomacs, échapper à des enzymes digestives caustiques et survivre sans presque aucun oxygène. Et ce n’est pas tout : une grande partie des gaz présents serait du méthane, car les baleines peuvent être flatulentes. Autrement dit, il ne s’agirait pas seulement de voir sa chair se dégrader, mais aussi de se retrouver dans une véritable mer de pets de baleine. Moby Dick ? Plutôt Moby Ick.
