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Pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre, les Palestiniens sont appelés aux urnes ce samedi pour désigner leurs maires et conseillers municipaux. Ce scrutin concerne environ 1,5 million d’électeurs en Cisjordanie occupée et 70 000 habitants de Deir el-Balah, une localité située au centre de la bande de Gaza.
Une organisation adaptée aux contraintes du terrain
Les bureaux de vote accueillent le public de 7 heures à 19 heures en Cisjordanie. En revanche, à Deir el-Balah, les opérations de vote se terminent à 17 heures. Cette fermeture anticipée doit permettre d’effectuer le dépouillement à la lumière du jour, l’électricité faisant défaut dans l’enclave palestinienne.
Sur le plan politique, la compétition se joue essentiellement entre des listes affiliées au Fatah, le mouvement du président Mahmoud Abbas, et des candidats sans étiquette. Le Hamas, qui contrôle une partie de la bande de Gaza, ne présente aucune liste officielle pour ce scrutin. Cette absence marque une rupture avec les dernières élections législatives de 2006, remportées à l’époque par le mouvement islamiste.
Un scrutin entre espoir et désillusion
L’enthousiasme des électeurs reste nuancé par les réalités de l’occupation et du conflit. À Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, certains citoyens expriment leur scepticisme. Mahmoud Bader, un homme d’affaires local, estime que les élus municipaux n’auront que peu d’influence sur le quotidien de la ville, affirmant que le véritable contrôle reste entre les mains des autorités israéliennes. Dans plusieurs grandes agglomérations comme Ramallah ou Naplouse, l’absence de pluralisme est notable, avec une seule liste en lice.
Malgré ces réserves, l’organisation du vote est saluée par les instances internationales. Ramiz Alakbarov, coordonnateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, considère que ces élections offrent aux Palestiniens une occasion cruciale d’exercer leurs droits démocratiques dans une période particulièrement éprouvante.
Un test politique pour l’Autorité palestinienne
À Gaza, le vote à Deir el-Balah fait figure de test pour l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas. Cette zone, relativement épargnée par les déplacements massifs de population, permet d’évaluer l’influence de l’institution basée à Ramallah, alors qu’aucun sondage n’a pu être réalisé depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025.
La sécurité du processus électoral reste un point de vigilance. Si la commission électorale a sollicité une entreprise de sécurité privée, des sources locales rapportent que des membres de la police du Hamas, en civil et non armés, assurent également une surveillance autour des centres de vote. Pour certains jeunes électeurs de 25 ans qui votent pour la première fois, ce scrutin est avant tout perçu comme un acte de présence et de résilience sur leur territoire.
