5 guitaristes femmes des années 70 totalement sous-estimées

par Sophie
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5 guitaristes femmes des années 70 totalement sous-estimées
États-Unis, Canada

Dans les années 1970, le monde du rock regorgeait de guitaristes talentueux qui, malgré une base de fans solide, n’ont jamais atteint le statut de divinités comme Jimmy Page ou Keith Richards. Cette réalité est encore plus frappante pour les femmes. À une époque où elles étaient peu nombreuses sur le devant de la scène, celles qui s’imposaient restaient souvent dans l’ombre de leurs collègues masculins, leurs prouesses techniques étant parfois occultées par le succès commercial de leurs chansons.

Nancy Wilson jouant de la guitare en concert
Nancy Wilson, l’une des figures emblématiques du rock des années 1970.

Bonnie Raitt : la maîtrise du slide

Après des années passées au second plan, Bonnie Raitt a connu un succès massif en 1989 avec son album Nick of Time. Si ce disque l’a propulsée au sommet des classements avec plus de 5 millions d’exemplaires vendus, il a aussi eu tendance à faire oublier ce qui constituait sa signature depuis les années 1970 : son jeu exceptionnel à la guitare slide. Autodidacte, elle a développé une sonorité unique en plaçant son bottleneck en verre sur son majeur plutôt que sur l’annulaire.

Le célèbre guitariste Joe Bonamassa a d’ailleurs classé son solo sur le titre Thing Called Love parmi les dix meilleurs solos de blues-rock de l’histoire. Pour lui, Bonnie Raitt demeure l’une des musiciennes les plus sous-estimées de tous les temps, capable de faire chanter sa guitare avec une émotion proche de la voix humaine.

Joni Mitchell : l’orchestre à six cordes

Associer le nom de Joni Mitchell à celui d’héroïne de la guitare peut surprendre ceux qui ne voient en elle que l’icône du folk-rock. Pourtant, derrière la douceur de ses mélodies se cache une virtuosité complexe. Mitchell utilise plus de 50 accordages ouverts différents, une technique née d’une nécessité : après avoir contracté la polio durant son enfance, ses mains étaient trop faibles pour les accords standards.

Elle a donc réinventé son propre langage musical, considérant sa guitare comme un véritable orchestre où les cordes graves jouent le rôle des violoncelles et des contrebasses, tandis que les cordes aiguës imitent les cuivres. Cette approche mystérieuse a influencé de nombreux musiciens, dont Lee Ranaldo de Sonic Youth, fasciné par la richesse de ses textures modales.

Nancy Wilson : l’arme secrète de Heart

Au sein du groupe Heart, Nancy Wilson a souvent été perçue comme la guitariste rythmique, mais son talent dépasse largement ce simple rôle. Elle est capable de livrer des solos enflammés et a grandement contribué à forger l’identité sonore de la formation. Son moment de gloire reste l’introduction acoustique de Crazy on You, intitulée Silver Wheels, une démonstration de technique en fingerpicking qui continue d’impressionner les spécialistes.

Wilson décrit son style comme particulièrement percutant et physique. En 1979, elle confiait que ses mains racontaient son histoire : l’une soignée pour l’apparence, l’autre marquée par le travail acharné sur les cordes. Interrogée sur le guitariste qu’elle jugeait le plus sous-estimé, elle a d’ailleurs cité Paul McCartney pour sa polyvalence remarquable à la guitare acoustique et électrique.

June Millington : la pionnière oubliée

Co-fondatrice du groupe Fanny, June Millington est une figure historique du rock féminin. Au début des années 1970, sa formation était l’une des premières entièrement féminines à signer sur un label majeur. David Bowie lui-même ne tarissait pas d’éloges à leur sujet, les considérant comme l’un des meilleurs groupes de rock de leur époque. Millington se distinguait par sa capacité à alterner fluidement entre rythmique et solo, s’inspirant directement du jeu de Jimi Hendrix.

Aujourd’hui, elle continue de jouer en privilégiant un son pur. Elle délaisse volontiers les pédales d’effets modernes au profit de son matériel vintage, affirmant que l’essentiel du son réside dans la relation directe entre l’instrument et l’amplificateur, sans artifice inutile.

Rory Block : la gardienne du Delta Blues

Depuis plus de cinquante ans, Rory Block se consacre à la préservation du blues acoustique traditionnel. Dès l’âge de 14 ans, elle a parcouru les États-Unis pour apprendre directement auprès des légendes du genre comme Son House ou Skip James. Alors que la scène rock des années 1970 se tournait vers le psychédélisme, Block est restée fidèle aux racines du country blues.

Son manque de reconnaissance grand public s’explique en partie par sa démarche : elle n’a jamais cherché à moderniser le blues, mais à l’honorer en reproduisant le plus fidèlement possible le jeu des maîtres. Avec plus de 30 albums à son actif, elle demeure une référence absolue pour les puristes du genre, utilisant son slide en métal pour faire revivre l’héritage de Robert Johnson.

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