La vérité méconnue sur Siegfried et Roy
Dans l’histoire du divertissement à Las Vegas, peu de duos ont autant marqué les esprits que Siegfried et Roy. Leur nom s’est imposé comme une formule indissociable, à l’image des plus grands tandems de la culture populaire. Dans les années 1990, leur spectacle mêlant magie et tigres blancs a conquis le Strip, attirant des foules immenses et prouvant qu’un grand show familial pouvait devenir un phénomène de la scène de Las Vegas. Leur résidence au Mirage a duré treize années impressionnantes, avant qu’un drame survenu en 2003 ne vienne interrompre brutalement cette légende du spectacle vivant.
Ce que beaucoup ignorent, c’est que Siegfried Fischbacher et Uwe Ludwig Horn, nés dans l’Allemagne marquée par la fin de la Seconde Guerre mondiale, se connaissaient bien avant leur ascension à Las Vegas. Leur histoire commune s’est construite sur des épreuves précoces, des passions singulières et une fascination partagée pour l’illusion et les animaux. Leur parcours, lui, ne s’est jamais vraiment refermé : il continue d’éclairer l’un des récits les plus fascinants du divertissement international.
Ils ont grandi dans des foyers brisés par la guerre et l’alcool
Les pères de Siegfried et de Roy avaient combattu sur le front russe pendant la Seconde Guerre mondiale, et tous deux sont revenus profondément marqués. Dans l’Allemagne de l’après-guerre, les deux garçons grandissent dans des environnements fragiles, souvent privés d’affection et de stabilité. Le père de Siegfried, prisonnier de guerre, sombre rapidement dans l’alcoolisme, tandis que Roy, né au milieu d’un bombardement, voit son propre père se consumer dans la boisson après avoir lui aussi été traumatisé par le conflit.
Très jeune, Siegfried apprend à détourner le vide par la magie. Isolé, souvent affamé et triste, il se met à pratiquer les tours de cartes et les petites illusions pour s’occuper l’esprit. Ces numéros lui offrent aussi un rare moyen d’attirer l’attention de son père. Roy, de son côté, trouve son bonheur auprès des animaux, surtout de sa chienne Hexe, une moitié loup qui lui sauvera la vie lorsqu’il restera coincé dans des sables mouvants. Le destin semblait déjà tracé : Siegfried deviendrait magicien, tandis que Roy se construirait un monde peuplé de bêtes, les plus sauvages étant les mieux venues.
Un guépard a provoqué leur rencontre
Siegfried Fischbacher et Roy Horn se rencontrent en 1959 sur un paquebot. L’un travaille comme steward, l’autre comme serveur. Un jour, pendant une pause, Roy observe Siegfried exécuter des tours de magie pour quelques passagers et membres de l’équipage. Plus tard, il lui pose une question restée célèbre : si le magicien peut faire disparaître un lapin et une colombe, peut-il faire la même chose avec un guépard ?
La question peut prêter à sourire, mais elle prend tout son sens lorsque Roy explique qu’il possède dans sa cabine un guépard apprivoisé nommé Chico. Passionné d’animaux toute sa vie, il avait réussi à faire passer l’animal à bord dans un sac de linge. Intrigué, Siegfried se laisse emporter par l’idée d’un numéro de magie capable d’intégrer de grands animaux. Ensemble, ils imaginent un spectacle où les créatures apparaissent et disparaissent sous les yeux du public, puis commencent à jouer dans des clubs et sur des bateaux, devant des audiences du monde entier.
Leur percée définitive survient à la fin des années 1960 lorsqu’ils obtiennent une ovation à Monte-Carlo. Dans la salle se trouve un recruteur lié au célèbre cabaret parisien Folies Bergère, qui les retrouve ensuite en Espagne. Cette rencontre mène à un engagement au Tropicana de Las Vegas en 1967. Le reste appartient à l’histoire du divertissement à Las Vegas.
Les tigres blancs n’appartiennent pas à une race à part
On pourrait croire que les tigres blancs de leur spectacle provenaient d’une espèce particulière de félin. En réalité, la robe blanche résulte d’une mutation génétique. Magnifiques, certes, ces animaux sont pourtant souvent touchés par divers problèmes de santé : yeux croisés, pattes difformes ou fentes palatines figurent parmi les malformations les plus fréquentes.
Le premier tigre blanc arrivé aux États-Unis s’appelait Mohini. Né en Inde dans une portée de tigres blancs, il est offert au zoo national de Washington après avoir été acheté par un homme d’affaires américain. Sa notoriété grandit ensuite au point de le mener à travers le pays. Plus tard, installé au zoo de Cincinnati, il attire l’attention de Siegfried et Roy, qui achètent trois de ses petits en 1983 pour développer leur propre lignée de tigres blancs destinés à la scène.
Le duo contribue ainsi à populariser ces félins et à fixer leur valeur marchande. Les petits tigres blancs striés se négocient alors à 30 000 dollars, contre 100 000 dollars pour ceux dépourvus de rayures. Mais cette fascination n’est pas propre à leur univers : les États-Unis abritent aujourd’hui des milliers de tigres en captivité, bien davantage que les tigres vivant à l’état sauvage dans le monde, un constat qui soulève de nombreuses questions sur leur sort réel.
Leur spectacle à Las Vegas relevait de la démesure
À partir de 1990, Siegfried et Roy attirent chaque année près de 400 000 spectateurs dans leur spectacle du Mirage. L’extravagance animalière génère des revenus considérables et fait d’eux des stars absolues de la scène de Las Vegas. Le show, presque toujours complet, associe tigres blancs, lions blancs, dragon animé, danseurs, musique entraînante et gags visuels, sans oublier Siegfried et Roy traversant des cercles enflammés ou une Rolls-Royce ayant autrefois appartenu à Greta Garbo.
Leurs numéros défient les codes habituels du spectacle vivant. L’un des moments les plus frappants consistait à faire disparaître un éléphant entier. À bien des égards, leur univers anticipait ce que le grand divertissement international allait devenir : fastueux, technologique, chorégraphié et spectaculaire. Parmi leurs admirateurs figuraient des célébrités comme Michael Jackson, qui signa et interpréta même la musique du spectacle, ou Demi Moore, dont le parfum rendait paraît-il un tigre fou d’agitation.
Pour deux hommes issus de la pauvreté en Allemagne, le triomphe fut aussi inattendu qu’immense. Ils se produisaient deux fois par jour devant des salles combles de 1 500 places, dans une mise en scène qu’on pourrait presque confondre avec les grandes productions à venir du spectacle international. Pour des enfants d’après-guerre, l’ascension relevait presque du conte.
Le couple, les lions, les tigres et les dauphins
Au fil de leurs quarante ans de carrière, Siegfried et Roy ont travaillé avec de nombreux animaux : lions, tigres, éléphants, chevaux et même cochons vietnamiens. En 1990, ils élargissent encore leur univers avec des dauphins. Si l’ensemble se présente comme un lieu tourné vers la recherche scientifique, l’éducation et la sensibilisation à la conservation, leur rapport à l’animal comme vecteur de divertissement a souvent suscité des critiques.
Dans les premières décennies d’exploitation, plusieurs dauphins meurent au sein de l’installation, et la question du bien-être animal reste au cœur des débats. Les défenseurs des droits des animaux soulignent alors les risques d’une telle mise en scène. Même si Siegfried et Roy n’utilisaient pas les dauphins dans leurs spectacles, leur image reste associée à cette fascination pour l’animal captif comme objet de spectacle, un sujet qui continue de diviser le public et les observateurs de la culture du divertissement.
Un accident presque mortel sur scène
Lorsque le tigre blanc Mantacore naît, il ne respire pas. Selon un récit que Siegfried et Roy ont partagé, Roy coupe le cordon ombilical et réanime le petit félin par la bouche. Sept ans plus tard, ce même tigre attaque Roy en plein spectacle, mettant fin à la carrière scénique qui avait fait d’eux des noms connus dans le monde entier et manquant de tuer l’homme qui lui avait donné la vie.
L’attaque se produit le 3 octobre 2003, le jour du 59e anniversaire de Roy Horn, pendant une séquence appelée « The Rapport ». Ce passage mettait souvent en scène une proximité très forte entre l’homme et l’animal, illustrant des années de travail, de jeux et parfois même de baignades communes. Cette nuit-là, pourtant, quelque chose dérape : Mantacore saisit Roy à la gorge et le tire hors de scène.
Les blessures sont gravissimes. L’attaque endommage une artère alimentant le cerveau en oxygène et écrase sa trachée. Roy reste partiellement paralysé. À cela s’ajoutent les conclusions de l’USDA, qui estime que le duo a fait preuve de négligence en ne prévoyant pas de dispositifs de sécurité suffisants pour protéger le public si un tigre, un lion, un éléphant ou un cheval venait à s’emballer.
Une version contestée de l’affaire Mantacore
Après son agression, Roy défend d’abord Mantacore, affirmant que l’animal avait seulement tenté de l’aider. Le récit qu’il répète en interview est celui d’un homme victime d’un accident cérébral au moment où le tigre l’attrape au cou et l’emporte hors de scène. Dans sa version, Mantacore voulait, comme Hexe autrefois, aller chercher de l’aide — mais étant un tigre, il n’avait pas compris la situation, et l’intention s’est retournée en catastrophe.
L’enquête menée par l’USDA ne parvient pas à déterminer pourquoi l’animal a adopté ce comportement inhabituel. L’affaire semble close… jusqu’en 2019, lorsqu’un dresseur, Chris Lawrence, livre une lecture radicalement différente. Selon lui, l’explication de Roy aurait été fabriquée pour protéger à la fois Mantacore et la marque Siegfried et Roy. Présent sur scène au moment des faits, il affirme avoir tenté en vain de dégager le tigre, et soutient qu’une erreur humaine — notamment la décision de Roy de ne pas faire tourner l’animal comme prévu, mais de le retenir avec le bras — aurait déclenché l’agression.
Lawrence avance aussi que la relation entre Roy et Mantacore s’était détériorée avant l’incident. Il dit, enfin, souffrir de stress post-traumatique après avoir été témoin de la scène. L’histoire reste donc entourée de zones d’ombre, à l’image de nombreux moments de l’univers de Siegfried et Roy.
Siegfried parmi les moines
Quand Mantacore met fin au spectacle ce soir d’octobre 2003, il coupe aussi court à une vie entièrement consacrée au thrill du spectacle vivant. Les deux hommes vivaient pour la scène, pour la tension de l’instant et pour le frisson d’un public suspendu à leurs illusions. L’agression laisse Roy grièvement blessé, et Siegfried, bien que physiquement indemne, sombre dans une profonde détresse.
Il confie plus tard qu’après la fermeture du spectacle, il s’est senti déprimé et sans direction. Pour lui, le choc n’était pas seulement la fin d’un emploi, mais l’effondrement d’un monde entier. Il part alors marcher, voyager à travers l’Europe avec un sac à dos et passe un temps dans un monastère, un retrait qui peut paraître étonnant pour celui qui avait passé sa vie à faire disparaître des tigres blancs sous les lumières de Las Vegas.
Révélation : ils étaient gays
Depuis les années 1980, Siegfried et Roy présentaient déjà un numéro flamboyant centré sur les tigres blancs. Pourtant, ce n’est qu’en 2007 qu’ils révèlent officiellement leur homosexualité. Pour beaucoup, ce n’est guère une surprise. Dans le monde du spectacle, un secret de Polichinelle circulait depuis longtemps : selon une biographie publiée en 2008, ils auraient été amants lorsqu’ils se sont rencontrés sur un navire de croisière allemand en 1959.
Pour préserver leur carrière et séduire les familles comme le public plus âgé qui faisait la force de leurs années Mirage, ils ont choisi de projeter une image irréprochable. Cette mise en scène allait jusqu’aux danseurs du spectacle, dont les costumes restaient fermés sur le haut, du moins pour les représentations de l’après-midi. Quand leur histoire romantique s’achève, leur relation se transforme en une amitié solide, à laquelle s’ajoute un partenariat professionnel encore plus durable.
Leur lien se renforce d’ailleurs après l’attaque de 2003. Siegfried devient le soignant et le défenseur de Roy. Dans un entretien télévisé avec Barbara Walters, il confie que la peur de perdre son âme sœur l’a fait mesurer à quel point leur vie avait été fusionnelle pendant 44 ans de tournées et de représentations : « Maintenant, je réalise à quel point il comptait dans ma vie. »
Ils ont acheté un zoo à eux seuls
Roy Horn a grandi entouré d’animaux. Dans son enfance, la meilleure amie de sa mère était mariée à un soigneur de zoo, et Roy, enfant malheureux et solitaire, y passait autant de temps qu’il le pouvait. C’est aussi ce lien précoce avec le monde animal qui le conduira plus tard à posséder Chico, le guépard vedette de leurs premiers numéros de magie.
Pour Roy, les animaux étaient essentiels à son équilibre et à son identité. Lorsque Siegfried et Roy commencent à gagner beaucoup d’argent à Las Vegas, ils achètent donc un vaste domaine de 100 acres à l’extérieur de la ville et le remplissent peu à peu de faune. Ils baptisent l’endroit « Little Bavaria » en hommage à la terre natale de Siegfried. Aujourd’hui encore, ce domaine abrite des chevaux, des cygnes noirs, des mini-ânes, des grues africaines, des dindes royales et des poules exotiques.
Le lieu comprend aussi des fontaines, des terrains de sport et de vastes espaces reliés par des allées. Après l’attaque de Mantacore, Siegfried fait installer des rambardes à hauteur de taille sur l’ensemble de la propriété afin que Roy puisse continuer à s’y promener malgré ses séquelles et profiter de son propre petit zoo privé.
Siegfried et Roy se sont beaucoup investis dans la philanthropie
Après la fin brutale de leur carrière sur scène, Siegfried et Roy renforcent encore leur engagement philanthropique. Donner en retour a toujours compté pour eux : leur premier grand succès était déjà lié à une représentation caritative à Monte-Carlo. Leurs biographes les surnomment même « les garçons bienfaisants », tant leurs spectacles familiaux et leur volonté d’aider les autres faisaient partie de leur image.
Leur action s’étend d’abord à la protection des animaux et à la conservation, puis à des causes locales à Las Vegas, notamment les écoles, le Boys and Girls Club, les vétérans blessés et le College of Magic. Cette générosité s’explique en partie par leurs enfances difficiles. Tous deux ont connu la pauvreté, la solitude et le manque. Forts d’une fortune estimée à 120 millions de dollars, ils peuvent désormais partager cette richesse avec d’autant plus de gratitude qu’ils savent à quel point la vie peut basculer vite.
Un autre scandale judiciaire
En 2011, huit ans après avoir été traîné hors de scène par un tigre blanc de 400 kilos, Roy Horn fait face à une autre épreuve, cette fois devant les tribunaux. Son assistant personnel, Oliver Preiss, l’accuse de harcèlement sexuel. Selon le récit publié par le Las Vegas Sun, Preiss affirme que Siegfried Fischbacher et Roy Horn le sollicitaient régulièrement de manière insistante, et que Horn l’aurait renvoyé après son refus.
Pour leur défense, Siegfried et Roy soutiennent que Preiss aurait obtenu son poste sous de faux prétextes et qu’il se serait retourné contre eux pour en tirer profit. Preiss disait être un thérapeute physique compétent ; en réalité, il n’avait pas ces qualifications. Il aurait également filmé Roy sans autorisation, avant de transmettre certaines images au National Enquirer, qui publie alors un article sensationnaliste intitulé « Siegfried and Roy Sex Shocker ».
Le premier juge condamne Preiss à verser 37 415 dollars à Roy pour plainte infondée, mais l’affaire prend une autre tournure lorsque trois autres hommes rejoignent la procédure, affirmant avoir eux aussi subi des abus de la part du duo pendant leur emploi. Le dossier sort des radars médiatiques en 2012, sans réponse définitive. Une chose reste certaine : les tigres, eux, ne parlent pas.
Une fin trop tôt venue
Le duo a traversé plusieurs décennies de gloire, mais le 9 mai 2020, la nouvelle tombe : Siegfried et Roy n’existent plus en tant que binôme scénique. Roy Horn est mort la veille, à 75 ans, des complications liées au COVID-19 après avoir été testé positif en avril.
Siegfried publie alors un hommage bouleversant : « Le monde a perdu l’un des grands de la magie, mais moi, j’ai perdu mon meilleur ami. Dès notre rencontre, j’ai su que Roy et moi, ensemble, changerions le monde. Il n’y aurait pas de Siegfried sans Roy, ni de Roy sans Siegfried. Roy a été un combattant toute sa vie, y compris dans ces derniers jours. » Il ajoute que Roy a vécu en défiant constamment les probabilités et remercie le personnel médical de l’hôpital Mountain View de Las Vegas pour les soins prodigués, tout en invitant les personnes souhaitant faire un don à se tourner vers la Nevada COVID-19 Response, Relief, and Recovery Task Force ou le Cleveland Clinic Lou Ruvo Center for Brain Health.
MGM Resorts, propriétaire du Mirage, salue aussi sa mémoire en rappelant la disparition d’une figure légendaire du divertissement à Las Vegas et en adressant ses pensées à Roy, à sa famille, à ses amis, et surtout à Siegfried, avec qui il avait partagé une vie entière de magie et d’amitié.
Siegfried le suit peu après
Huit mois seulement après la mort de Roy Horn, emporté par des complications liées au COVID-19, la disparition de Siegfried Fischbacher est annoncée à son tour.
Selon The Guardian, sa sœur confirme le décès après avoir parlé à l’agence de presse allemande dpa : Siegfried se trouvait dans sa maison de Las Vegas, pris en charge en soins palliatifs, lorsqu’il est mort d’un cancer du pancréas. L’annonce tombe le 14 janvier 2021, peu de temps après une opération de douze heures destinée à retirer une tumeur maligne.
Né en Bavière en 1939, Siegfried avait rencontré son partenaire de toujours en 1957. Entre 1990 et 2001 seulement, il aurait joué devant quelque 10 millions de spectateurs. Leurs spectacles avaient rapporté plus d’un milliard de dollars, et leur duo était devenu inséparable. Après la mort de Roy, Siegfried confiait encore au journal Bild am Sonntag qu’il continuait à garder son ami dans son cœur, allant jusqu’à mettre la table pour lui au dîner, comme autrefois : « Je ne suis pas seul. »
Le Las Vegas Review-Journal rappelle que leur dernière apparition publique remonte à 2009 et que, dans les années qui ont suivi, ils ont continué d’être célébrés comme le couple qui a révolutionné le divertissement à Las Vegas, mais aussi comme l’incarnation d’un rêve américain devenu réalité. Selon la sœur de Siegfried : « Il s’est endormi doucement et paisiblement. La mort de Siegfried a été une délivrance. »
