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L’année 1977 a été un cru exceptionnel pour les chansons de karaoké présentant un haut degré de difficulté technique. Cette période de douze mois offre une sélection variée de titres capables de mettre à l’épreuve les chanteurs les plus chevronnés, particulièrement ceux de la génération des baby-boomers. Même après des décennies à fredonner ces airs sous la douche ou en voiture, s’attaquer à ces morceaux devant un public est une tout autre affaire.

Qu’il s’agisse de rock pur, de groove intense ou d’envolées lyriques, ces succès de 1977 sont des défis de niveau expert. Ils exigent une maîtrise de la justesse, de la puissance vocale ou du débit de paroles, suivant les standards très élevés fixés par des légendes comme Ann Wilson, Freddie Mercury ou Steven Tyler.
Barracuda – Heart
Tout chanteur amateur assez courageux pour s’attaquer à « Barracuda » de Heart doit se préparer à un défi de taille. La chanteuse Ann Wilson y déploie toute l’étendue de sa tessiture vocale. Si le riff de guitare initial installe immédiatement une énergie débordante, les voix sont si denses qu’il est facile de s’y perdre.
Le pont après le second refrain offre un moment plus calme, permettant de montrer ses talents de crooneur sur des paroles aux accents psychédéliques évoquant les profondeurs océaniques. Réussir ce morceau demande une technique solide ; quiconque parvient à atteindre chaque note pourrait bien devenir le roi ou la reine de la soirée, à moins qu’un concurrent ne réussisse une performance parfaite sur une reprise de Whitney Houston.
Walk This Way – Aerosmith
Il faut saluer le débit ultra-rapide de Steven Tyler dans les couplets de « Walk This Way ». Le chanteur d’Aerosmith enchaîne les paroles avec une telle agilité que cela s’apparente presque à du rap, des années avant que le genre ne devienne un phénomène grand public. La mélodie est présente, mais le flux incessant de syllabes laisse peu de place pour reprendre son souffle.
Pour ceux qui souhaitent faciliter un peu l’exercice, il existe l’option de la version de 1986 réalisée avec Run DMC, qui accentue l’aspect hip-hop. Cependant, les puristes préféreront la version originale, sortie initialement en 1975 mais qui a atteint le sommet des classements en 1977, pour prouver qu’ils ont encore assez de souffle et de répondant pour tenir la distance.
I Feel Love – Donna Summer
L’introduction au synthétiseur de « I Feel Love » est idéale pour chauffer la salle, mais la suite se corse rapidement. Si le nombre de paroles est relativement limité, la difficulté réside dans la hauteur de la voix. Donna Summer utilise une voix de tête extrêmement aiguë qui semble défier les lois de la physique.
Ce classique du disco demande une voix de conte de fées capable de monter de plus en plus haut au fil du morceau. S’attaquer à une telle gymnastique vocale est comparable à chanter un hymne national sans avoir conscience de la difficulté des notes finales. C’est un choix réservé aux passionnés qui n’ont pas peur de mettre leurs cordes vocales à rude épreuve.
Somebody to Love – Queen
Pour les baby-boomers, il n’y aura jamais d’autre groupe comme Queen. « Somebody to Love », avec ses influences gospel, est un choix de karaoké fantastique mais périlleux. Recréer la performance originale de Freddie Mercury revient à participer à une compétition de gymnastique sans s’être échauffé.
La chanson enchaîne les sauts et les chutes mélodiques avec une frénésie qui peut surprendre le chanteur non préparé. Si les premiers couplets commencent dans un registre raisonnable, l’ascension vers le sommet du morceau demande une puissance digne d’une comédie musicale de Broadway. Sans une préparation adéquate, la voix risque de s’épuiser bien avant d’atteindre l’apogée finale.
Stayin’ Alive – Les Bee Gees
Depuis des décennies, beaucoup s’exercent sur « Stayin’ Alive » en imitant les pas de danse de Tony Manero. Pourtant, hurler ce tube de la bande originale de « Saturday Night Fever » chez soi est bien différent de tenter le falsetto de Barry Gibb en public. C’est une performance qui exige une endurance rare.
À moins de posséder une voix naturellement haute ou d’avoir suivi un entraînement vocal rigoureux, il est presque impossible de frapper les notes aiguës qui composent l’intégralité du morceau. Baisser d’une octave pour faciliter la tâche est souvent considéré comme une triche par les habitués. Le véritable défi consiste à rester dans les aigus, au risque de finir la soirée avec une extinction de voix.
