Barry Manilow a marqué l’histoire de la musique avec son premier succès numéro un, « Mandy », en janvier 1975, suivi un an plus tard par « I Write the Songs », qui a remporté le Grammy de la chanson de l’année. Bien que ces titres soient les joyaux de sa carrière s’étendant sur plus d’un demi-siècle, les admirateurs les plus fidèles du chanteur considèrent une autre composition de 1976 comme son œuvre la plus intime : « All the Time ».

Cette ballade émouvante est née d’une période de grands bouleversements pour l’artiste. Dans les notes de son album de 1992, « The Complete Collection and Then Some », Manilow expliquait que l’échec de son premier mariage avec Susan Deixler et un emploi qu’il jugeait étouffant pesaient lourdement sur lui. Malgré un succès fulgurant, il éprouvait un profond sentiment de solitude et se sentait comme un marginal dans l’industrie musicale.
Une chanson pour célébrer la différence
En 2022, Marty Panzer, son partenaire d’écriture de longue date, a révélé comment les lettres des fans ont aidé Manilow à réaliser qu’il n’était pas seul dans sa détresse. De nombreux auditeurs confiaient à la star se sentir également exclus. Selon Panzer, le chanteur lui aurait confié qu’à force de se sentir en marge, on finit par croire que quelque chose ne tourne pas rond chez soi.
Manilow a alors suggéré d’écrire un morceau qui célébrerait la différence et le fait de ne pas suivre le troupeau. L’objectif était de créer une chanson essentielle capable de redonner confiance aux gens et de renforcer leur estime de soi. C’est ainsi qu’est née « All the Time », une œuvre destinée à rappeler à chacun sa propre valeur.
Un lien émotionnel durable avec le public

Des décennies plus tard, les paroles de Marty Panzer pour « All the Time » résonnent toujours avec la même force. La chanson explore la solitude liée à l’individualité et un désir ardent de connexion. Les premiers vers expriment cette mélancolie : « J’aurais donné tout ce que je possède si quelqu’un m’avait dit : tu n’es pas seul ». Le refrain souligne quant à lui le regret du temps perdu à attendre un signe qui ne venait pas.
Bien que certains aient cherché à interpréter ces paroles à la lumière de l’orientation sexuelle de l’artiste, Manilow a précisé que son coming out en 2017, après son mariage avec Garry Kief, était pour lui un non-événement. Si « All the Time » n’a pas connu le même succès commercial que ses plus grands tubes, elle demeure un rappel intemporel que, malgré les épreuves, personne n’est véritablement seul.
