Ces 5 tubes des années 70 qui ont totalement éclipsé leur face A

par Sophie
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Ces 5 tubes des années 70 qui ont totalement éclipsé leur face A
Divertissement

Dans les années 70, les grandes maisons de disques pensaient savoir exactement ce que le public désirait lorsqu’elles sélectionnaient les singles de leurs artistes phares. Pourtant, il arrivait que ces dirigeants se trompent lourdement. À cette époque, le terme « single » était synonyme de face A, le titre principal massivement promu auprès des radios. Sur l’autre face du disque vinyle 45 tours se trouvait la face B, souvent considérée comme un remplissage de second choix réservé aux fans inconditionnels.

Cependant, les DJ des radios et des discothèques n’étaient pas obligés de se limiter à la face A. S’ils étaient déçus par le titre principal ou simplement curieux, ils retournaient le disque. Cette pratique a permis de découvrir des chefs-d’œuvre qui auraient pu sombrer dans l’oubli. Voici cinq immenses succès des années 70 qui ont commencé leur carrière sur une face B avant d’éclipser totalement leur face A.

Ain’t No Sunshine

Bill Withers a signé avec « Ain’t No Sunshine » l’un des hymnes les plus poignants sur la rupture et le désespoir amoureux. Ce tube, qui a atteint le sommet des classements en 1971, a été inspiré par la relation toxique dépeinte dans le drame de 1962, Le Jour du vin et des roses.

Pourtant, son label, Sussex Records, n’accordait que peu de crédit à cette ballade lente et mélancolique. Le morceau fut relégué sur le premier album de l’artiste, Just As I Am, et surtout sur la face B du single principal « Harlem ». Ce dernier n’a pas su convaincre les programmateurs ni le public et a fait un véritable flop. Face à l’engouement inattendu des DJ pour la face B, la maison de disques a rapidement réagi en rééditant le 45 tours, inversant les rôles pour faire de « Ain’t No Sunshine » la nouvelle face A.

I Will Survive

Au milieu des années 70, Gloria Gaynor s’impose comme l’une des premières stars du disco, notamment avec sa reprise de « Never Can Say Goodbye » en 1975. Après une pause forcée due à une opération de la colonne vertébrale, Polydor Records tente de relancer sa carrière en 1978 avec l’album Love Tracks et un premier single intitulé « Substitute ». Ce morceau, aux paroles vagues sur l’envie d’être une amante de remplacement, noyait la voix puissante de la chanteuse sous une avalanche de percussions et de synthétiseurs. Le titre fut un échec cuisant, n’atteignant même pas les classements de ventes.

Déçus par ce retour, les DJ des clubs et des radios ont cherché une alternative en retournant le vinyle. Ils y ont découvert une introduction au piano suivie d’une déclaration poignante de douleur et de renaissance. « I Will Survive » s’est immédiatement transformée en un classique du disco et en un hymne cathartique pour les cœurs brisés. En mars 1979, cette affirmation de fierté et d’indépendance s’est hissée à la première place des ventes, s’écoulant à un million d’exemplaires en quelques semaines.

Beth

Malgré ses costumes extravagants et son maquillage emblématique, le groupe de hard rock new-yorkais Kiss savait aussi proposer des hymnes fédérateurs. Convaincu du potentiel de « Detroit Rock City », le groupe a placé ce morceau en ouverture de la première face de son album Destroyer en 1976, succédant au triomphe de leur disque live Alive!.

Reléguée sur la seconde face de l’album et sur la face B du single, « Beth » tranchait radicalement avec le style habituel de la formation. Cette ballade, coécrite et interprétée par le batteur Peter Criss, se démarquait par sa douceur, sa section de cordes et la voix éraillée du musicien expliquant à sa compagne qu’il devait continuer à répéter au lieu de rentrer chez lui. Alors que « Detroit Rock City » peinait à décoller, les radios se sont emparées de la face B. « Beth » est ainsi devenu le plus grand succès de l’histoire de Kiss, atteignant la septième place des charts, s’écoulant à un demi-million d’exemplaires et remportant un People’s Choice Award.

Maggie May

Rod Stewart au début des années 1970 avec la bouche légèrement ouverte
Rod Stewart a connu son premier grand succès avec un titre initialement relégué en face B.

Après un passage dans le groupe britannique Faces et quelques albums solos, Rod Stewart ne jouissait que d’une notoriété modérée aux États-Unis. Tout a basculé en 1971 avec la sortie de son troisième opus aux sonorités folk et rock, Every Picture Tells a Story. L’immense succès de ce disque repose en grande partie sur « Maggie May », qui deviendra le premier numéro un de sa longue carrière.

Pourtant, cette chanson narrant la relation d’un jeune homme avec une femme plus âgée a bien failli ne jamais exister en tant que single. Mercury Records n’a autorisé son inclusion sur l’album qu’à la toute dernière minute, avant le pressage. Le label l’a ensuite placée sur la face B du premier single promotionnel, « Reason to Believe », une reprise mélancolique du chanteur Tim Hardin. Si cette face A a connu un petit succès d’estime, c’est bien la face B qui a fait exploser les ventes lorsque les DJ ont commencé à la diffuser massivement. Face à l’évidence, Mercury Records a officialisé « Maggie May » comme véritable face A.

Black Water

En 1974, les Doobie Brothers ont lancé « Another Park, Another Sunday » comme premier single de leur album What Were Once Vices Are Now Habits. Bien que le morceau réunisse tous les ingrédients habituels du groupe, avec ses harmonies vocales nostalgiques et ses guitares acoustiques entraînantes, il n’a connu qu’un succès modéré, plafonnant à la 32ème place des classements américains.

Le public de l’époque était visiblement en quête de nouveauté. Sur la face B du 45 tours se cachait « Black Water », un titre plus expérimental écrit par Pat Simmons après un voyage sur le fleuve Mississippi. La chanson débute par un long passage acoustique en solo avant d’évoluer vers une session de rock sudiste aux rythmes changeants et aux harmonies riches. C’est une petite station de radio du Sud des États-Unis qui a été la première à délaisser la face A pour diffuser en boucle l’hypnotique « Black Water ». La tendance s’est rapidement propagée à travers le pays, propulsant le morceau à la première place des ventes en mars 1975.

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