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Pour des millions de musiciens en herbe, atteindre le sommet des classements avec un tube planétaire représente l’aboutissement d’un rêve. Pourtant, pour certaines des plus grandes stars du rock, interpréter leurs morceaux les plus célèbres devant une foule en délire peut s’apparenter à une corvée, voire à un véritable supplice. Plusieurs artistes de renommée mondiale ont admis avec franchise qu’ils détestent certains de leurs plus grands succès, allant parfois jusqu’à les rayer définitivement de leurs listes de concerts.
Oasis : le calvaire de Wonderwall
Bien que « Wonderwall » soit resté dix semaines en tête des classements alternatifs, les frères Gallagher n’ont jamais caché leur aversion pour ce titre emblématique de 1995. Liam Gallagher a déclaré sans détour qu’il avait un haut-le-cœur à chaque fois qu’il devait le chanter, tout en reconnaissant l’importance capitale du morceau pour la carrière du groupe. Même après la séparation d’Oasis, il s’est senti obligé de continuer à l’interpréter lors de ses concerts en solo pour satisfaire ses fans.
Noel Gallagher, l’auteur du titre, partage ce sentiment. Il a expliqué qu’à une époque, le groupe n’arrivait jamais à jouer la chanson correctement sur scène, la trouvant souvent trop rapide et désagréable à la guitare électrique. Ce n’est qu’après avoir arrêté la consommation de drogues que les membres du groupe ont réalisé qu’une version acoustique serait bien plus adaptée au morceau.
Coldplay : l’insatisfaction de Chris Martin
Malgré les revenus colossaux générés par leurs tournées mondiales, les membres de Coldplay ne prennent pas de plaisir à jouer l’intégralité de leur répertoire. Chris Martin a révélé que le groupe évite presque systématiquement de jouer « Speed of Sound », un titre pourtant numéro un pendant neuf semaines dans les classements spécialisés. Selon le chanteur, la version enregistrée n’a jamais atteint le niveau de qualité souhaité.
Martin considère « Speed of Sound » comme sa chanson la moins préférée à interpréter car, selon ses mots, ils ne l’ont jamais réussie. Il a confié que l’enregistrement original n’était pas assez bon à ses yeux, ce qui lui ôte toute envie de défendre le titre sur scène. Il estime que le public ressent immédiatement lorsqu’un artiste n’est pas convaincu par sa propre performance.
Billy Joel : un bourdonnement de moustique
Inspiré par une discussion avec un jeune homme sur les difficultés des années 1950, Billy Joel a écrit « We Didn’t Start the Fire » pour rappeler que chaque génération connaît ses propres crises. Si le public a propulsé le titre au sommet du Billboard Hot 100 en 1989, Joel compare sa mélodie à un moustique qui bourdonne de façon incessante.
Au-delà de la musique, c’est la structure même du morceau qui pose problème en concert. Billy Joel a admis qu’il est extrêmement difficile de se souvenir de la cascade de paroles rapides en direct. Il a avoué scruter le public dans l’espoir de voir quelqu’un articuler les mots pour l’aider, ajoutant que si un spectateur se trompe dans les paroles, il est totalement perdu pour la suite de la chanson.
Elton John : la fin programmée de Crocodile Rock
Le titre entraînant « Crocodile Rock » a dominé les classements pendant trois semaines au début de l’année 1973. Malgré ce succès phénoménal, Elton John a confié qu’il organiserait probablement une fête le jour où il n’aura plus jamais à chanter ce morceau. Bien qu’il continue de l’interpréter pour divertir son public, il a affirmé avec certitude qu’une fois sa dernière tournée achevée, il ne chanterait plus jamais ce titre.
Bernie Taupin, le parolier de longue date d’Elton John, partage cet avis tranché. S’il ne regrette pas d’avoir créé la chanson, il a admis en interview que ce n’est absolument pas un morceau qu’il choisirait d’écouter par plaisir personnel, soulignant une étrange dichotomie entre la popularité du titre et son propre goût musical.
