Crise à Cannes : Canal+ menace de boycotter 600 cinéastes

par Sophie
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Crise à Cannes : Canal+ menace de boycotter 600 cinéastes
France

Le climat s’alourdit sur la Croisette. Le président du Centre national du cinéma (CNC) a lancé un appel au calme ce lundi, suite aux propos polémiques de Maxime Saada. Le patron de Canal+ a exprimé son intention de ne plus collaborer avec les 600 professionnels du septième art ayant signé une tribune critique envers Vincent Bolloré, l’actionnaire de référence du groupe.

Lors d’une intervention remarquée au Festival de Cannes, Maxime Saada a manifesté son agacement face aux signataires de ce texte publié dans Libération. Parmi eux figurent des noms prestigieux tels que Juliette Binoche, Swann Arlaud ou Jean-Pascal Zadi. Le dirigeant a affirmé ne plus avoir envie de travailler avec des personnes qui le qualifient de « crypto-fasciste ».

Une fracture au cœur du financement du cinéma

La tribune en question dénonce une influence croissante de l’extrême droite dans le secteur culturel sous l’impulsion de Vincent Bolloré. Cette fronde fait écho à un mouvement similaire déjà observé dans le monde de l’édition. Gaëtan Bruel, à la tête du CNC, a regretté une réaction « à chaud » de la part de Canal+, estimant que de tels propos ne font qu’aggraver les clivages existants.

L’enjeu est de taille pour l’industrie nationale : Canal+ est un pilier financier indispensable. Le groupe injecte chaque année environ 170 millions d’euros dans la production cinématographique et participe à la coproduction de la moitié des films qui sortent en salles. Une rupture de dialogue pourrait donc avoir des conséquences majeures sur la santé du secteur.

Débats sur la liberté d’expression et réactions politiques

Le président du CNC a souligné que la position de Maxime Saada soulève des interrogations concernant la liberté d’expression et le droit à la critique. Tout en rappelant que Canal+ a historiquement soutenu une grande diversité de cinéastes, il a invité les différentes parties à retrouver un climat propice au travail en commun.

La classe politique s’est également emparée du sujet. À gauche, Olivier Faure du Parti socialiste a fustigé une attaque contre la liberté de création, tandis que Clémence Guetté (LFI) a réitéré le souhait de son parti de démanteler l’empire médiatique de Vincent Bolloré. À l’inverse, le député Renaissance Sylvain Maillard a défendu le groupe, invitant les artistes à se concentrer sur leur art plutôt que sur la politique.

Des cinéastes partagés mais fermes

Le réalisateur Arthur Harari, dont le film est en compétition cette année, a tenu à clarifier sa position. S’il ne critique pas directement les équipes opérationnelles de Canal+, il maintient son questionnement sur l’orientation politique globale du groupe Bolloré. D’autres signataires, comme Emmanuel Marre, sont attendus prochainement pour présenter leurs œuvres, notamment un film portant sur le régime de Vichy, dans un contexte de tension persistante au sein de la famille du cinéma.

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