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Vingt ans après le succès planétaire du premier volet, « Le Diable s’habille en Prada 2 » arrive sur les écrans français ce mercredi 29 avril 2026. Si les défilés et les tenues de haute couture sont toujours au rendez-vous, cette suite s’aventure sur un terrain plus politique en abordant frontalement la crise profonde qui frappe le monde des médias.
Le journalisme sous pression
Pour le réalisateur David Frankel, ce sujet est personnel. Issu d’une famille de journalistes, il a souhaité explorer la décroissance des médias traditionnels. Anne Hathaway, qui reprend son rôle d’Andrea Sachs, a également exprimé son inquiétude face aux menaces pesant sur le journalisme et le traitement de la vérité dans la société actuelle.
Dans ce nouveau chapitre, Andrea Sachs est devenue une journaliste d’investigation reconnue. Pourtant, son statut ne la protège pas des réalités économiques : elle apprend son licenciement par un simple SMS suite à la fermeture de son média. Ce scénario fait écho à une réalité brutale aux États-Unis, où plus de 8 000 postes ont été supprimés depuis 2022, créant de véritables déserts d’information.
Un magazine Runway en pleine tourmente
Le prestigieux magazine Runway n’est pas épargné par les turbulences. La publication d’un article élogieux sur une marque de « fast fashion » ayant dissimulé des violations des droits humains ternit gravement l’image du titre. Miranda Priestley, toujours incarnée par Meryl Streep, doit faire face au retrait massif des annonceurs de luxe.
La rédactrice en cheffe souligne avec cynisme la fragilité de son empire, comparant le célèbre numéro de septembre à du fil dentaire tant il a perdu en épaisseur. Le film illustre le basculement inéluctable vers le numérique et la perte d’influence des publications papier face au pouvoir financier des grandes maisons de couture.
Une réalité économique implacable
Le rapport de force a radicalement changé. Emily Charlton, désormais cadre de haut niveau chez Dior, rappelle brutalement à ses anciennes collègues que la survie des médias dépend désormais du bon vouloir des marques. Cette dépendance permet aux annonceurs d’imposer leurs conditions éditoriales, exigeant une visibilité constante pour leurs produits dans chaque légende d’image.
Bien que le film reste une comédie, il ne cache pas l’amertume de ses protagonistes. Miranda Priestley compare d’ailleurs leur situation à celle de survivants sur une planche de salut à côté d’un Titanic en train de sombrer, consciente que le calme retrouvé n’est que provisoire.
Un engagement concret pour la profession
Au-delà de la fiction, les actrices s’engagent pour la défense de la presse. Meryl Streep a annoncé que les costumes portés dans le film seraient vendus aux enchères. L’intégralité des bénéfices sera reversée au Comité pour la protection des journalistes, une manière de soutenir concrètement une profession que l’actrice de 76 ans a souvent célébrée au cours de sa carrière.
