Les Étranges Événements Sur Les Tournages de Tim Burton

par Olivier
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Les Étranges Événements Sur Les Tournages de Tim Burton
États-Unis, France

Étranges événements sur les tournages de Tim Burton

Tim Burton est un cinéaste au talent immense, mais aussi une véritable signature visuelle. Dans l’imaginaire du public, un film de Tim Burton rime avec atmosphère sombre, univers stylisé, marginaux attachants et, bien souvent, présence de Helena Bonham Carter. Ces codes sont devenus sa marque, au point de définir à eux seuls une partie du cinéma fantastique moderne.

Et c’est précisément ce qui rend ses films si fascinants. Même lorsqu’il n’occupe qu’un rôle de producteur, comme sur L’Étrange Noël de monsieur Jack ou James et la Pêche géante, son empreinte gothique et son sens du bizarre demeurent bien présents. Pourtant, derrière cette esthétique si maîtrisée, les tournages de Tim Burton ont aussi été le théâtre de situations insolites, de contraintes extrêmes et de petits drames dignes d’Hollywood.

Voici un aperçu de ces anecdotes de tournage qui montrent à quel point l’univers de Tim Burton demande parfois à l’industrie du cinéma bien plus qu’elle ne s’y attendait.

Tim Burton

Les vrais divas de Batman Returns étaient les pingouins

Dans Batman Returns, le Pingouin est l’un des méchants les plus étranges et les plus inquiétants de l’univers Burton. Pourtant, Danny DeVito, lui, n’avait rien d’une diva. En revanche, les trois douzaines de vrais pingouins utilisés pour le film ont exigé une logistique impressionnante.

Les associations de protection animale redoutaient, à juste titre, les conditions de tournage et veillaient au bien-être des oiseaux. Le résultat fut digne d’un palace animalier : les pingouins disposaient de leur propre caravane, recevaient une demi-tonne de glace par jour, nageaient dans leur piscine privée et n’étaient jamais exposés à des températures supérieures à 35 degrés Fahrenheit. Une équipe de sécurité leur était même dédiée.

Comme si cela ne suffisait pas, le tournage a aussi vu naître de nombreuses scènes de reproduction parmi eux. Et pour compléter le tableau, Tim Burton a également eu recours à des marionnettes en forme de pingouin, à des images de synthèse et à quelques acteurs déguisés en oiseaux.

king penguins

Tim Burton a repeint tout un quartier pour Edward Scissorhands

Edward aux mains d’argent explore la solitude de ceux qui ne rentrent pas dans le moule, dans un monde obsédé par la normalité. Edward, figure gothique et fragile, semble presque inoffensif face aux habitants du lotissement, avec leurs maisons pastel et leur conformisme étouffant.

Le quartier du film existe réellement, près de Tampa en Floride. Le chef décorateur Bo Welch a pris au sérieux le concept de banlieue ultra-lisse imaginé pour le film. Les maisons ont été repeintes dans des tons pastel très vifs afin d’amplifier l’esthétique sans quitter le plausible. Et détail surprenant : des habitants vivaient toujours dans ces maisons pendant le tournage.

Au départ réticents, les résidents se sont finalement habitués à ces couleurs évoquant un univers de sucre et de vitrine. Des années plus tard, un visiteur anonyme a même partagé des photos du quartier, montrant que certaines maisons ont perdu de leur éclat d’origine, même si l’endroit a gagné en végétation.

Tim Burton, Edward Scissorhands

Le tournage de Batman Returns était placé sous haute surveillance

Réinventer Gotham City pour Batman Returns a nécessité une équipe énorme. Tim Burton ne voulait plus de la Gotham presque cartoonesque du premier Batman ; cette fois, il imaginait une ville radicalement différente, plus glaciale, plus oppressante, en accord avec le Pingouin et Catwoman.

Ce choix a entraîné un niveau de confidentialité extrême. Le film portait le nom de code « Dictel », et toute personne travaillant sur la production devait arborer un badge au nom de ce faux projet pour approcher le plateau. Les stores des bureaux des directeurs artistiques devaient rester fermés en permanence, tandis que des centaines de personnes travaillaient à la création de la place principale de Gotham.

Burton a aussi tenu à faire installer une immense maquette d’église dans le décor de la ville. Malgré son coût élevé, il a refusé de l’abandonner, ce qui laissait penser qu’elle contribuait autant à l’ambiance du film qu’à brouiller les pistes pour quiconque cherchait à percer le mystère du prochain Batman.

Batman Returns, Tim Burton

L’Étrange Noël de monsieur Jack a demandé aux marionnettistes d’être presque des contorsionnistes

Tim Burton n’a pas officiellement réalisé L’Étrange Noël de monsieur Jack, mais il en est à l’origine, puisqu’il a imaginé l’histoire et produit le film. Son empreinte y est partout, au point que l’œuvre est devenue l’un des grands emblèmes du cinéma d’animation en stop-motion.

Le tournage a pourtant été d’une complexité folle. Chaque détail compte dans ce film, depuis la couture du genou d’un monstre cousu jusqu’à la lueur au fond des orbites d’un squelette. À tout moment, jusqu’à quinze animateurs manipulaient les modèles, et il fallait une semaine entière pour animer une seule minute de film.

La production a mobilisé vingt plateaux et des centaines de décors miniatures. Les espaces de travail étaient si réduits que les marionnettistes devaient souvent se contorsionner pour atteindre les éléments du décor sans dépasser une portée d’environ soixante-quinze centimètres. Avec près de 200 marionnettes au casting, la précision et l’endurance étaient indispensables.

The Nightmare Before Christmas, Tim Burton, movie

Le costume de Batman était terriblement oppressant

Michael Keaton est souvent cité parmi les Batman les plus sous-estimés. Il a incarné le héros masqué seulement deux fois, dans les deux films de Tim Burton, en donnant la réplique à Jack Nicholson puis à Danny DeVito. Pourtant, son interprétation a failli ne jamais voir le jour à cause du costume lui-même.

Lors de son premier essayage, Keaton a paniqué en découvrant à quel point le costume lui « verrouillait » littéralement le corps. Il n’avait pu l’essayer que quelques heures avant le début du tournage, et la tenue extrêmement ajustée l’empêchait presque de tourner la tête. Dans un premier temps, il aurait même pensé : « Ça ne va jamais marcher, je ne vais jamais y arriver. »

Il a pourtant tenu bon, au point d’être parfois déplacé à roulettes sur le plateau tant sa mobilité était réduite. Avec le recul, Keaton a expliqué que cette sensation d’enfermement l’avait aidé à jouer un Batman plus solitaire, plus coupé du monde. Ce manque de liberté est même devenu une part de son interprétation.

Michael Keaton, Tim Burton, Batman

Les chevaux de Sleepy Hollow rendaient tout le monde fou

Sleepy Hollow compte parmi les films les plus macabres de Tim Burton, en partie parce qu’il rend hommage aux grands classiques de l’horreur de la firme Hammer. Mais surtout, il met en scène un cavalier sans tête interprété par Christopher Walken, qui traverse l’histoire à cheval en semant la terreur. Pourtant, sur le plateau, ce n’était pas lui le principal problème : ce rôle revenait aux chevaux.

Walken ne savait même pas monter à cheval au moment où il a été choisi pour incarner le cavalier sans tête, un personnage pourtant presque indissociable de sa monture. Pour lui éviter ce stress, l’équipe a utilisé un cheval mécanique radiocommandé, inspiré d’un modèle déjà employé dans National Velvet.

Les difficultés ne s’arrêtèrent pas là. Johnny Depp, qui jouait Ichabod Crane, a dû être traîné derrière deux chevaux particulièrement peu coopératifs et sujets aux flatulences. L’acteur craignait, en plus, qu’ils ne se soulagent au mauvais moment pendant certaines scènes. Malgré cela, l’ambiance s’est apaisée après le tournage, et Depp a même adopté le cheval borgne qu’il montait dans le film lorsqu’il a appris qu’il devait être euthanasié.

Christina Ricci, Johnny Depp, Tim Burton, Sleepy Hollow

Danny DeVito a été attaqué par un singe en costume de Pingouin

Le Pingouin reste sans doute l’un des personnages les plus marquants de Batman Returns. Avec son allure, son charisme tordu et ses sbires, il incarne à lui seul tout ce que l’univers de Tim Burton sait faire de plus extravagant. Danny DeVito avait donc un rôle en or.

Mais le tournage ne s’est pas limité au maquillage et aux prothèses. Dans une scène avec un singe dressé, l’animal devait remettre un message à DeVito. Or, après le traitement appliqué à l’acteur pour accentuer l’aspect répugnant du Pingouin, le singe ne l’a pas reconnu et s’est mis à l’attaquer avant de le mordre à l’entrejambe.

Heureusement, DeVito ne sentit presque rien grâce à son costume rembourré. La scène a tout de même été conservée dans le film, notamment grâce au cri dément du Pingouin, devenu l’un des moments les plus mémorables du long-métrage.

Danny DeVito, penguin, Batman Returns, Tim Burton

Une actrice de Mars Attacks! garde encore une cicatrice à cause de sa perruque géante

On oublie parfois Mars Attacks!, pourtant le film occupe une place singulière dans la filmographie de Tim Burton. En revisitant une invasion extraterrestre à la manière des séries B des années 1960, il multiplie les costumes extravagants et les décors minutieux, dans un esprit à la fois ironique et spectaculaire.

L’actrice Lisa Marie interprétait la célèbre Martienne reconnaissable à sa grande coiffure blonde. Elle adorait le rôle, mais beaucoup moins les contraintes qui l’accompagnaient. Son costume était si serré qu’elle devait être littéralement cousue dedans, au point de ne plus pouvoir s’asseoir ni aller aux toilettes.

Le pire restait cependant la perruque, en réalité composée de deux perruques superposées sur ses propres cheveux. Leur poids provoquait des frottements qui lui ont laissé une marque permanente au cuir chevelu. L’actrice a résumé l’expérience en disant qu’elle avait « un trou dans la tête à cause de cette fichue perruque ». Malgré tout, elle estime aujourd’hui que le sacrifice en valait la peine.

Mars Attacks, Tim Burton

Une aspirante Catwoman a provoqué un incident sur le plateau

Sean Young est restée célèbre pour son rôle de créature androïde dans Blade Runner, mais sa trajectoire hollywoodienne a aussi croisé celle de Tim Burton. Selon Entertainment Weekly, elle est tombée d’un cheval sur le tournage du premier Batman, où elle devait incarner Vicki Vale, la compagne de Bruce Wayne. En un instant, tout a basculé.

L’épisode a été d’autant plus douloureux que l’actrice aurait mal vécu l’absence de suivi de Tim Burton lorsqu’il est ensuite passé à la distribution de Batman Returns. La situation a dégénéré au point qu’elle s’est présentée sur le terrain du studio où Burton tournait, déguisée en Catwoman. Elle est même allée jusqu’à apparaître à la télévision dans le même costume.

Cette période coïncidait aussi avec un procès intenté par son ancien partenaire à l’écran James Woods, ce qui n’a rien arrangé à sa réputation. Dans une interview donnée en 1992, Sean Young se montrait encore convaincue d’être le meilleur choix pour Catwoman, estimant que Tim Burton n’avait simplement pas compris son potentiel.

Et c’est bien ce mélange de génie visuel, de chaos de production et d’anecdotes improbables qui fait des tournages de Tim Burton une source inépuisable d’histoires pour les amateurs de cinéma, de culture populaire et de divertissement.

Sean Young, Tim Burton

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