Les Mystères des Paroles de Bohemian Rhapsody Dévoilés

par Olivier
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Les Mystères des Paroles de Bohemian Rhapsody Dévoilés
Royaume-Uni, France

Dans l’univers du divertissement, certaines chansons fascinent autant par leur musique que par leurs énigmes. Bohemian Rhapsody de Queen fait précisément partie de ces œuvres qui intriguent génération après génération.

Freddie MercuryFox Photos/Getty Images

L’un des grands plaisirs de la vie consiste à mettre Bohemian Rhapsody à plein volume dans la voiture et à chanter ses paroles étranges sans retenue, même avec la pire voix possible. Freddie Mercury en aurait sans doute été ravi. Pourtant, peu de gens cherchent vraiment à en percer le sens, de peur d’y perdre un peu de magie ou de finir avec la tête en surchauffe.

Mais si l’on prend le temps de décortiquer les paroles de Bohemian Rhapsody, la chanson finit par révéler une logique aussi troublante que fascinante. À première vue, elle raconte l’histoire d’un jeune homme qui a tué quelqu’un avec une arme à feu. Il sait que sa vie est brisée et fait ses adieux à sa mère. Jusque-là, le sens semble assez direct. Ensuite, tout devient plus nébuleux.

Commençons par « scaramouch », un terme qui peut paraître absurde. Selon Merriam-Webster, il désigne un personnage type de la commedia dell’arte italienne, un fanfaron couard, autrement dit une sorte de bouffon lâche. Vient ensuite « fandango », une danse traditionnellement exécutée par un homme et une femme, au son de la guitare et des castagnettes. Mais chez Freddie Mercury, l’expression peut prendre une coloration plus sombre : « hemp fandango » est parfois employé comme euphémisme de la pendaison, la partie « fandango » évoquant les mouvements des jambes du condamné. Ainsi, « Scaramouch, will you do the fandango? » pourrait faire allusion à l’exécution imminente du narrateur, qu’il se décrit lui-même comme un « cowardly buffoon », un lâche ridicule.

Et que dire de « Galileo figaro magnifico » ? Certains avancent que cette formule s’inspirerait de l’expression latine « Galileo figuro magnifico », que l’on peut comprendre comme « magnifie l’image du Galiléen », référence non pas à l’astronome italien, mais à Jésus-Christ. La phrase est immédiatement suivie de « I’m just a poor boy, nobody loves me », ce qui suggère peut-être le doute du narrateur face à l’idée d’être sauvé par une force supérieure.

Enfin, il y a « Bismillah », une invocation musulmane qui peut aussi être comprise comme une demande de force divine : « Que Dieu me donne la force ». Et puis, bien sûr, « Beelzebub », autre nom du diable, probablement associé à la conviction du narrateur sur le sort qui l’attend après son exécution.

Ainsi, ces paroles merveilleusement chantantes sont en réalité aussi sombres que le passage « mama just killed a man ». Loin d’être innocente, Bohemian Rhapsody semble parler de meurtre, de mort et d’exécution, tout en empruntant à d’anciennes formes de spectacle pour donner à l’ensemble une dimension théâtrale très marquée. Cela dit, beaucoup y voient aussi une lecture symbolique. Le parolier Sir Tim Rice a un jour affirmé que Bohemian Rhapsody était clairement une chanson de « coming out », même si chacun reste libre d’y voir autre chose. C’est aussi cela, la force de l’art : laisser place à plusieurs vérités possibles.

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