En 1965, un jeune Cat Stevens enregistrait une simple démo pour démontrer ses talents d’auteur-compositeur et proposer ses services à d’autres artistes. Ce morceau, intitulé « The First Cut Is the Deepest », allait devenir l’un des piliers de sa carrière, bien qu’il n’ait pas rencontré le succès immédiatement pour lui. Au fil des décennies, cette composition a été réinterprétée par de nombreux artistes, permettant à cinq d’entre eux d’atteindre les sommets des classements musicaux.

Bien avant ses succès mondiaux des années 1970 comme « Morning Has Broken » ou « Peace Train », Stevens cherchait avant tout à s’imposer comme compositeur. Sous contrat avec la maison d’édition Ardmore & Beechwood, il ne touchait à l’époque que l’équivalent d’environ 35 € par chanson. Sa modeste démo de « The First Cut Is the Deepest » fut pourtant son ticket d’entrée dans l’élite de l’industrie musicale.
Un succès porté par des interprètes variés
La chanson traite d’un sujet universel : la difficulté d’aimer à nouveau après une première rupture amoureuse dévastatrice. Ce thème a séduit de nombreux interprètes dès sa création. En 1967, la chanteuse américaine P.P. Arnold en a fait son premier succès solo, atteignant la 18e place des classements au Royaume-Uni.
Quelques années plus tard, en 1973, c’est au Canada que le titre a brillé grâce à la version de Keith Hampshire, qui s’est hissée à la première place du pays. De son côté, Cat Stevens avait inclus le morceau sur son deuxième album, « New Masters » en 1967, mais sa maison de disques n’avait pas jugé utile de le sortir en single à ce moment-là.
Des superstars et des records de ventes

Dans les années 1970, Rod Stewart a livré une version éraillée et poignante qui a marqué l’histoire du rock. Son interprétation a atteint la première place au Royaume-Uni et la 21e place aux États-Unis. Plus tard, en 1995, le musicien suédois Papa Dee a transformé la ballade folk en un morceau électro-reggae, rencontrant un franc succès à travers l’Europe, notamment en Suède, en Norvège et en Autriche.
Enfin, en 2003, Sheryl Crow a redonné une nouvelle vie au titre. Sa version a dominé plusieurs classements radiophoniques aux États-Unis et a même été certifiée disque d’or. Cette longévité exceptionnelle prouve que la composition originale de Stevens possédait une force émotionnelle capable de traverser les époques et les styles musicaux, du folk au reggae en passant par le rock et la pop.
