Voici pourquoi Dave Navarro a failli être exclu de Jane’s Addiction
Dave Navarro est un visage impossible à oublier. Sa barbe noire, son eyeliner appuyé et sa peau couverte de tatouages ont façonné une silhouette immédiatement reconnaissable dans l’univers du divertissement et de la musique rock. Avant d’être connu pour ses nombreuses apparitions médiatiques, notamment à la télévision, il s’est d’abord imposé comme le guitariste de Jane’s Addiction, groupe qu’il rejoint en 1986 et avec lequel commence réellement sa notoriété.

Le parcours du groupe a souvent été mouvementé, et Jane’s Addiction n’a pas échappé aux tensions internes. À un moment donné, Dave Navarro a même failli être renvoyé, et pour une raison aussi étonnante qu’improbable. On pourrait croire que ses projets parallèles, sa vie médiatique ou ses excès d’autrefois aient pu suffire à fragiliser sa place. Pourtant, l’incident qui a presque coûté sa place dans le groupe relève d’un tout autre registre.
Pour comprendre cet épisode, il faut revenir aux premières grandes ruptures qui ont marqué l’histoire du groupe. Jane’s Addiction a traversé les années 1980 en bousculant le hard rock et le glam metal, ouvrant la voie à l’esthétique grunge. Après seulement deux albums, le groupe annonce sa séparation en 1991, avant de se reformer à plusieurs reprises au fil des années. Leur dernier album studio remonte à 2011, preuve que leur histoire a toujours été faite d’allers-retours, de tensions et de retrouvailles.

La première séparation reste floue, au point que seuls Perry Farrell et Dave Navarro semblent vraiment en connaître les ressorts. Les deux hommes sortaient alors d’une tournée de 13 mois, une période éprouvante pour n’importe quel groupe. Dans les propos rapportés par Guitar World, Navarro attribue la rupture à l’« intensité » de Farrell et aux problèmes de drogue qui minaient le groupe. Farrell, lui, explique avoir atteint une impasse artistique et émotionnelle, estimant que ses idées étaient constamment rejetées et qu’il avait besoin d’une autre दिशा artistique.
Quelle que soit la version retenue, Jane’s Addiction s’est alors engagé sur une trajectoire instable, faite de séparations successives et de reformations inattendues. Navarro, lui, est resté l’un des piliers de cette histoire mouvementée.
On pourrait penser que la raison de son quasi-renvoi tenait à ses problèmes de dépendance, mais ce ne serait pas exact. Navarro a lui-même reconnu qu’au retour de cette longue tournée, le groupe s’est dispersé sans même se rappeler. Dans le même entretien avec Guitar World, il évoque une consommation de cocaïne et d’héroïne partagée par plusieurs membres après la route. Sa relation aux drogues n’a jamais été un secret, et il a plus tard célébré plusieurs années de sobriété. Mais, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce n’est pas cet aspect qui a failli le faire sortir de Jane’s Addiction.

Les substances ont pourtant marqué très tôt sa vie. À 15 ans, Navarro a vécu l’un des drames les plus violents de son existence, sa mère et sa tante ayant été assassinées. Il a expliqué plus tard sur Instagram, dans un message relayé par NME, qu’il ne fallait pas réduire son rapport à la drogue à ce traumatisme familial. Selon lui, sa consommation avait commencé avant ce drame, et il tenait à corriger toute lecture trop simpliste de son histoire personnelle. Ce contexte donne une idée plus large de la fragilité et de la complexité du parcours de l’artiste, sans pour autant expliquer l’incident qui a failli lui coûter sa place.
Le véritable tournant est bien plus surprenant : une simple publication sur Facebook. Ou plutôt, une publication que Navarro n’avait même pas écrite. D’après Alternative Nation, le technicien guitare de Navarro, Dan Cleary, aurait publié un commentaire sur Facebook à un moment donné après 2008, ce qui aurait profondément irrité Perry Farrell. Le chanteur aurait alors voulu le renvoyer, ce qui a déclenché une tension inattendue au sein du groupe.

Navarro a raconté l’épisode avec humour lors du podcast Dark Matter, cité par Alternative Nation. Il y explique qu’il trouvait ironique d’avoir failli être sanctionné pour un simple commentaire Facebook daté de plusieurs années, surtout au regard de l’évolution du groupe et des rôles de chacun. Le plus étonnant, c’est que la situation ne s’est pas soldée par un renvoi immédiat : Navarro aurait posé un ultimatum à Farrell, affirmant que si Dan Cleary devait partir, alors lui aussi quitterait le groupe. Une démonstration de loyauté rare, qui a finalement renforcé son image au sein de l’histoire de Jane’s Addiction.
Comme l’a reconnu Cleary, Dave Navarro a pris sa défense de manière éclatante à ce moment-là. Cet épisode, à la fois absurde et révélateur, montre bien que dans l’univers du rock, les tensions ne viennent pas toujours des excès qu’on attend, mais parfois d’un détail numérique, d’un malentendu, ou d’une fidélité personnelle qui change le cours des choses. La suite de l’histoire de Jane’s Addiction s’inscrit ainsi dans cette tradition de conflits, de reconstructions et d’alliances inattendues.
