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Près d’une décennie après le succès retentissant de l’album « Dans la combi de Thomas Pesquet », l’autrice Marion Montaigne s’apprête à publier un nouvel opus intitulé « Space Montaigne ». Prévu pour une sortie le 22 mai aux éditions Dargaud/Charivari, cet ouvrage se présente comme un récit des coulisses, dévoilant l’immersion de la bédéiste dans l’univers de l’astronautique aux côtés du célèbre astronaute français.
Une complicité née de l’autodérision
La relation entre Thomas Pesquet et Marion Montaigne repose sur une alchimie évidente et un sens partagé de la dérision. L’astronaute n’hésite pas à taquiner la dessinatrice sur l’évolution de son trait, s’amusant de son double de papier qui, selon lui, finit par ressembler à Sylvester Stallone. Cette complicité dure depuis dix ans et a débuté de manière insolite : l’astronaute avait contacté l’autrice via son blog pour saluer son humour, avant d’être ignoré pendant un long moment par cette dernière.
Le nouvel album met en scène le contraste entre deux personnalités opposées : la force tranquille de l’astronaute face à l’anxiété chronique de la dessinatrice. Pour les deux protagonistes, l’humour est le ciment de leur entente, permettant de briser l’image parfois trop rigide et inaccessible liée à la profession d’astronaute.
L’humour comme soupape de décompression
Loin d’être un simple divertissement, l’humour est décrit par Thomas Pesquet comme un mécanisme psychologique puissant, indispensable même à 400 kilomètres au-dessus de la Terre. Dans la Station spatiale internationale (ISS), le rire sert de soupape de décompression lors des situations de stress. L’astronaute souligne qu’il est tout à fait possible de mener des missions extrêmement sérieuses sans pour autant se prendre au sérieux.
Dans « Space Montaigne », Thomas Pesquet a d’ailleurs encouragé l’autrice à pousser plus loin la caricature de sa profession. Cette approche permet de désacraliser les procédures complexes, comme les simulations d’urgence, en y intégrant des moments de détente nécessaires à la cohésion d’équipe pendant les longs séjours en orbite.
Désacraliser la science par le dessin
L’objectif commun de ce duo est de rendre les sciences plus abordables pour le grand public. Marion Montaigne, qui confie avoir été intimidée par les disciplines scientifiques par le passé, utilise son crayon pour lever les barrières symboliques entre les experts et les néophytes. Selon elle, le rire permet de faire descendre les savoirs de leur piédestal pour mieux les appréhender.
- Révéler l’envers du décor et les aspects moins héroïques de la vie spatiale.
- Expliquer la discipline et la solitude inhérentes au métier d’astronaute.
- Utiliser l’autodérision pour encourager les jeunes à s’intéresser aux carrières scientifiques.
En exposant une réalité plus humaine et moins parfaite, « Space Montaigne » espère éviter que le public, notamment les adolescents, ne se sente exclu de l’aventure spatiale. Pour Thomas Pesquet, l’humour est une marque d’intelligence qui permet de reconnecter la société avec les enjeux de l’exploration scientifique.
