Whitesnake, vestige des années 1970, a su se réinventer pour devenir l’un des groupes phares du glam metal de la fin des années 1980. Cette métamorphose a culminé avec le succès planétaire du single « Here I Go Again », qui a atteint la première place des classements. Pourtant, avant d’être un hymne intergénérationnel, le groupe était surtout connu pour son titre « Fool For Your Loving » en 1980, avant de se replier dans l’univers plus confidentiel du hard rock et du classic rock.

Fondé par David Coverdale, l’ancien chanteur à la voix grave de Deep Purple, Whitesnake a enregistré plusieurs albums influencés par le blues à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Ces disques n’avaient alors que peu d’impact sur les classements américains. Parmi eux, l’album « Saints & Sinners » contenait la version originale de « Here I Go Again », qui n’avait atteint qu’une modeste 34e place au Royaume-Uni et n’était même pas entrée dans les charts aux États-Unis.
Une seconde chance imposée par la maison de disques
C’est en 1987 que David Coverdale décide de réenregistrer une nouvelle version du morceau pour l’album éponyme du groupe. Ce choix n’était pas initialement le sien : le label Geffen Records a imposé ce réenregistrement comme condition pour que Coverdale puisse également retravailler une autre chanson, « Crying in the Rain ».
La différence entre les deux versions est frappante :
- La version de 1982 possède un rythme sec, utilise un orgue et une guitare bluesy, avec une interprétation vocale retenue et mélancolique.
- La version de 1987 adopte tous les codes du hair metal de l’époque : une batterie tonitruante, des synthétiseurs remplaçant l’orgue, un solo de guitare technique et un tempo nettement plus rapide.
Le changement de paroles crucial
Si les paroles sont restées globalement identiques, une modification notable a été apportée au refrain. Dans la version originale, Coverdale se décrivait comme un vagabond solitaire : « Like a hobo I was born to walk alone ». Cinq ans plus tard, le mot « hobo » a été remplacé par « drifter ».
Ce changement répondait à deux préoccupations. D’une part, Coverdale craignait que le terme « hobo » (argot américain désignant les vagabonds des années 1930) ne soit confondu avec le mot « homo ». D’autre part, il avait toujours préféré le mot « drifter », bien qu’il l’ait déjà utilisé dans plusieurs autres chansons par le passé. Finalement, cette nouvelle mouture, soutenue par un remix calibré pour les radios, a permis à Whitesnake de décrocher la première place du Top 40 en octobre 1987, marquant ainsi le sommet de la carrière du groupe.
