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Près de dix ans après le meurtre de Sarah Halimi, l’affaire pourrait connaître un tournant judiciaire inattendu. Les avocats de la famille de la victime ont déposé une requête officielle devant la cour d’appel de Paris pour demander la réouverture de l’instruction. Cette démarche s’appuie sur des éléments présentés comme inédits concernant Kobili Traoré, dont l’irresponsabilité pénale avait été confirmée par la justice en 2021.
De nouveaux éléments pour contester l’irresponsabilité
Le conseil de la famille, représenté par Mes Olivier Pardo et Raphaële Bialkiewicz, affirme disposer de preuves remettant en cause l’abolition du discernement du suspect au moment des faits. Selon un communiqué, ces éléments incluraient une consommation de crack préalable au passage à l’acte ainsi que des indices de préméditation.
Les avocats mettent également en avant l’existence d’un enregistrement audio réalisé lors de la défenestration de Sarah Halimi. Ce document démontrerait, selon eux, une conscience politique et un caractère antisémite chez l’agresseur, des faits qu’ils jugent incompatibles avec l’état de bouffée délirante retenu jusqu’ici par les experts psychiatres.
Un contexte juridique complexe
En avril 2021, la Cour de cassation avait mis un terme aux espoirs d’un procès en confirmant que Kobili Traoré ne pouvait être jugé pénalement. Bien que le caractère antisémite du crime ait été reconnu, les experts avaient conclu que la consommation régulière de cannabis avait provoqué un épisode délirant privant le suspect de son discernement lors de l’agression de sa voisine de 65 ans.
Une mise en examen dans une autre affaire
Le dossier est relancé alors que Kobili Traoré fait face à de nouvelles poursuites. Il est actuellement mis en examen et placé en détention provisoire pour une agression violente survenue le 27 janvier dernier, liée à un différend sur fond de stupéfiants. Lors de cette nouvelle procédure, une expertise psychiatrique a conclu que l’individu ne présentait aucun symptôme de délire ou de désorganisation mentale.
Pour les avocats de la famille Halimi, ces développements récents prouvent que le dossier n’est pas clos et justifient une reprise des investigations sur les événements tragiques survenus il y a neuf ans.
