Plus de quarante ans après les faits, un tournant majeur vient de se produire dans l’enquête sur l’attentat de la rue des Rosiers. Mahmoud al-Adra, soupçonné d’avoir supervisé l’attaque terroriste de 1982 à Paris, a été officiellement remis à la justice française par l’Autorité palestinienne ce jeudi 16 avril 2026.
Cette extradition répond à une demande formulée par le Parquet national antiterroriste (Pnat) en septembre 2025. L’homme, également connu sous l’identité d’Hicham Harb, est considéré comme une pièce maîtresse de l’attentat qui avait coûté la vie à six personnes et fait 22 blessés dans le quartier du Marais.
Une procédure contestée par la défense
Le transfert du suspect s’est déroulé dans un climat de tension juridique. Selon son avocat, Me Ammar Dweik, cette mesure constituerait une violation de la loi fondamentale palestinienne. La défense déplore que l’extradition ait été effectuée malgré une requête urgente visant à suspendre la procédure, rejetée par un tribunal administratif de Ramallah peu avant l’échéance.
La famille de Mahmoud al-Adra a exprimé ses vives inquiétudes concernant son état de santé. Son fils, Bilal al-Adra, a rapporté avoir reçu un appel de son père évoquant sa remise aux autorités françaises, tout en dénonçant une procédure qu’il juge illégale et dépourvue de garanties pour un procès équitable.
Vers un procès historique en France
L’attentat du 9 août 1982 est historiquement attribué au groupe Fatah-Conseil révolutionnaire d’Abou Nidal. Outre Mahmoud al-Adra, deux autres suspects sont déjà visés par des poursuites dans ce dossier complexe qui a marqué l’histoire du terrorisme en France.
La justice française avait déjà ouvert la voie à un jugement en février dernier, lorsque la Cour de cassation a validé la tenue d’un futur procès. Cette extradition, qui fait suite à l’arrestation du suspect en septembre 2025, intervient dans un contexte diplomatique particulier, marqué par la reconnaissance de l’État de Palestine par la France.
