Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la France fait face à une recrudescence marquée des vols de carburant. Portée par l’envolée des prix à la pompe, cette délinquance cible prioritairement les transporteurs routiers, les entreprises du bâtiment et les exploitations agricoles. Le phénomène, bien que connu, prend une ampleur inquiétante à chaque nouvelle flambée des cours du pétrole.
Un fléau quotidien pour les professionnels
Pour de nombreuses entreprises, le siphonnage des réservoirs est devenu une contrainte quasi hebdomadaire. À Belfort, le groupe BC Alteo, qui gère une flotte de 160 camions, subit ces vols de manière régulière. Si la société perdait environ 1 000 litres de gazole par mois par le passé, ce chiffre a doublé pour atteindre 2 000 litres sur le seul mois de mars.
Les zones de passage comme la Nationale 4, entre Nancy et Reims, sont identifiées comme particulièrement risquées pour les chauffeurs. Malgré l’installation de dispositifs de protection comme des bouchons anti-siphonnage, les malfaiteurs n’hésitent plus à briser le matériel ou à percer directement les réservoirs. Face à cette détermination, certains transporteurs finissent par renoncer à remplacer les équipements de sécurité systématiquement endommagés.
Une surveillance accrue des autorités
La gendarmerie multiplie les messages de prévention pour inciter les professionnels à la vigilance. Si les flagrants délits restent complexes à établir, des interpellations significatives ont lieu. Récemment, dans le Gard, deux conducteurs ont été surpris alors qu’ils vidaient le réservoir d’un autre poids lourd à l’aide d’une pompe électrique. Les militaires ont découvert lors de la perquisition dix bidons de 50 litres destinés au stockage et à la revente.
Malgré ces succès ponctuels, le découragement gagne certaines victimes. Plusieurs chefs d’entreprise déclarent ne plus porter plainte, jugeant la procédure trop chronophage par rapport aux résultats obtenus. Il est pourtant rappelé que le vol de carburant constitue un délit passible de sanctions sévères, avec des peines pouvant atteindre trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.
