Sommaire
L’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé avoir engagé des poursuites judiciaires contre Ubisoft. Cette action fait suite à la fermeture définitive des serveurs du jeu de course « The Crew », une décision qui a provoqué la colère de nombreux utilisateurs.
Des pratiques jugées trompeuses par l’association
L’organisation dénonce des pratiques commerciales « trompeuses » ainsi que la présence de « clauses abusives » dans les contrats d’utilisation. Selon UFC-Que Choisir, la coupure de l’accès au titre, intervenue en avril 2024, prive les acheteurs de l’usage d’un produit pour lequel ils n’avaient jamais été informés d’une quelconque date de péremption.
L’assignation, déposée devant le tribunal de Créteil, conteste également la vision d’Ubisoft selon laquelle les joueurs n’acquièrent qu’une simple licence d’utilisation révocable à tout moment. L’association juge cette position inacceptable pour les consommateurs ayant acheté le jeu.
Une mobilisation européenne contre la fin des jeux
Cette action judiciaire s’inscrit dans un mouvement plus large. L’initiative citoyenne européenne « Arrêtez de détruire les jeux vidéo » a déjà recueilli plus d’un million de signatures. Les participants s’opposent à la pratique des éditeurs consistant à désactiver les serveurs, rendant les titres totalement inutilisables après quelques années.
Le cas de « The Crew » est considéré comme emblématique par les juristes de l’association. Sorti en 2014, le jeu comptait environ 12 millions de joueurs deux ans après son lancement. Bien qu’il propose un mode « solo », ce dernier est devenu inaccessible depuis la fermeture des serveurs, privant les joueurs de tout accès au contenu.
La défense d’Ubisoft
Face aux critiques, le PDG d’Ubisoft, Yves Guillemot, a justifié cette décision par les coûts d’exploitation. Il a expliqué que le maintien des serveurs nécessite un support technique lourd pour garantir un fonctionnement permanent. Selon lui, les services numériques ne sont pas éternels et les conditions d’utilisation précisent qu’Ubisoft peut cesser le support à un certain moment.
Cette problématique, qui dépasse le seul cadre d’Ubisoft, soulève des questions fondamentales sur la propriété numérique et la pérennité des œuvres vidéoludiques dans l’industrie actuelle.
