Contexte et destins croisés

Margaret Tudor naît au palais de Westminster en 1489 et grandit au cœur d’une cour où le luxe et le cérémonial dictent chaque geste. Dès son baptême, des objets précieux témoignent de son rang : une fontaine d’argent et du linge fin. Son berceau était en chêne, muni d’un dais de toile et d’or, et son entourage comprenait gouvernante, nourrice et plusieurs femmes chargées de veiller sur elle au quotidien.
La place de Margaret au sein de la dynastie Tudor la met au centre d’alliances géopolitiques. À 14 ans, elle épouse James IV d’Écosse, âgé d’une trentaine d’années, dans l’espoir de sceller une paix durable entre l’Angleterre et l’Écosse. De cette union naîtront six enfants, mais cinq d’entre eux ne survivront pas jusqu’à leur deuxième anniversaire, illustrant la fragilité des familles royales de l’époque.
- Mariage à 14 ans avec James IV — alliance politique pour sceller la paix.
- Six enfants, dont un seul survivra longtemps : James V.
- Confort et protocole : personnel dévolu à l’enfance princière.
Les ambitions et les choix politiques de son frère, Henry VIII, auront des conséquences tragiques pour Margaret. Alors qu’Angleterre et Écosse avaient signé la Trêve de la paix perpétuelle en 1502, James IV se range du côté de la France dans un conflit avec la Papauté et se retrouve excommunié. En 1513, les tensions dégénèrent : la campagne anglaise contre la France et ses alliés mène à la mort de James IV au combat, laissant Margaret veuve et son fils héritier.
Veuve, Margaret exerce brièvement la régence en Écosse, mais sa position est vite fragilisée par des alliances et des choix personnels. Elle épouse en secret Archibald Douglas, comte d’Angus, fait qui provoque l’indignation du Parlement écossais et alimente des accusations de collusion avec l’Angleterre. Déposée en 1514 au profit du duc d’Albany, elle connaîtra l’exil avant de regagner de l’influence près d’une décennie plus tard.
Profitant d’une absence du duc d’Albany en 1525, Margaret parvient à imposer son fils James comme roi régnant, jouant alors un rôle déterminant dans la lutte pour le pouvoir en Écosse. Sa trajectoire — mariage dynastique, veuvage, régence, déposition et retour — illustre la complexité des jeux de pouvoir entre couronnes voisines et prépare, sur plusieurs générations, l’union finale des couronnes avec son petit-fils, James VI.
