Les erreurs de Supernatural sur les créatures mythiques

par Olivier
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Les erreurs de Supernatural sur les créatures mythiques
États-Unis

Les erreurs de Supernatural sur les créatures mythiques

Pendant 15 ans, les fils de John Winchester ont traqué des menaces surnaturelles dans Supernatural, affrontant aussi bien des loups-garous que des anges déchus rebelles, sans oublier quelques dieux. Dans une série où l’enquête sur les monstres fait partie du quotidien, connaître la nature exacte d’une créature est toujours un avantage décisif : faut-il l’écraser avec une Impala Chrysler, ou existe-t-il un moyen plus subtil de l’éliminer ?

La plupart des ennemis des Winchesters viennent du folklore et des mythologies du monde entier, mais la série les réinvente souvent pour rendre ses aventures plus spectaculaires. Et pourtant, en fouillant un peu, on découvre que les légendes d’origine sont parfois encore plus étranges que leurs versions télévisées. Voici quelques créatures mythiques que Supernatural a un peu réécrites à sa manière.

Vampires : mis hors de combat

Supernatural vampires

Depuis que Bram Stoker a propulsé les buveurs de sang au cœur de la culture populaire avec Dracula en 1897, les histoires de vampires se sont multipliées dans tous les médias. Résultat : il devient presque impossible de distinguer ce qui relève du folklore « authentique » de ce qui appartient aux versions modernes. Supernatural ne fait pas exception.

Dès la saison 1, John Winchester donne à ses fils — et aux spectateurs — un bref cours de « Vampire 101 » : les croix et les symboles sacrés ne les blessent pas, la lumière du soleil ne les réduit pas en poussière, mais la décapitation règle en général le problème très vite. La série laisse de côté d’autres traits plus anciens du mythe, comme la capacité de changer de forme, le refus de traverser l’eau courante ou l’obligation de compter des objets semés sur leur route pour distraire leur victime.

La série a aussi ajouté ses propres faiblesses complètement décalées, dont le « Vamptonite », une drogue toxique fabriquée à partir de sang et de sirop de maïs, ainsi qu’un fusil d’irradiation capable de transformer le sang de vampire en poison. Dans l’univers de Supernatural, ces trouvailles donnent à la chasse aux monstres une saveur singulière, même si elles s’éloignent franchement des récits traditionnels.

Kappa : accrochez-vous

Supernatural Kappa

Supernatural aime les épisodes les plus improbables, qu’il s’agisse de Sam et Dean projetés dans le monde réel ou d’une rencontre assumée avec Scooby-Doo. Pour une série étalée sur quinze saisons, ce goût du décalage est presque une nécessité. Mais le sommet du bizarre pourrait bien être l’anime japonais de 22 épisodes inspiré de la série, qui reprend surtout les deux premières saisons tout en y ajoutant quelques figures du folklore japonais, dont le Kappa.

Dans cette version, le Kappa est présenté comme une créature amicale et utile, que les Winchesters doivent protéger contre des habitants méfiants. Dans la mythologie japonaise plus ancienne, en revanche, les Kappa sont des yokai nettement plus malveillants, souvent associés à la noyade de leurs victimes. Et ce n’est même pas leur facette la plus dérangeante : certaines traditions les décrivent comme capables de tourmenter les chevaux de manière particulièrement brutale.

Banshee : mauvaise réputation

Supernatural banshee

Dans la série, les banshees sont des femmes spectrales dont le cri perçant pousse leurs victimes au suicide, avant qu’elles ne se nourrissent de leur lobe frontal. Même selon les standards de Supernatural, cette version est particulièrement sombre et violente. Pourtant, elle s’éloigne beaucoup de la banshee du folklore irlandais.

Dans les récits traditionnels, le cri de la banshee n’est pas dangereux en soi. Il s’agit plutôt d’un gémissement de douleur annonçant une mort prochaine ou signalant le décès d’un proche absent. La créature devient ainsi une figure tragique, plus liée au deuil qu’à la prédation. Un témoignage du XVIIe siècle attribué à Ann Fanshawe décrit d’ailleurs une apparition pâle, aux cheveux roux, qui disparaît après avoir semblé annoncer une perte imminente.

Le récit paraît presque trop étrange pour être vrai, mais il rappelle à quel point les croyances anciennes mêlaient frayeur, présages et mémoire familiale. Et dans ce cas précis, le folklore est souvent plus nuancé que sa version télévisée.

Sleipnir : folle cavalcade

Supernatural Sleipnir

Supernatural met souvent en scène des créatures malfaisantes capables de prendre forme humaine, sans doute parce que cela s’adapte mieux aux contraintes de production. Certaines figures comme les vampires ou les loups-garous s’y prêtent naturellement, mais d’autres choix deviennent beaucoup plus étranges lorsqu’on les transpose ainsi.

Dans la saison 13, plusieurs dieux nordiques apparaissent, parmi lesquels Loki, Odin, Thor… et Sleipnir. Or, dans la mythologie nordique, Sleipnir n’a rien d’un homme : c’est un cheval à huit pattes, né d’une métamorphose de Loki. Une monture si extraordinaire que ses sabots, dit-on, auraient creusé un canyon de 300 pieds de profondeur.

Dans la série, il se contente d’apparaître sous l’apparence d’un homme qui mange une carotte. Le contraste est saisissant, et on peut difficilement ne pas regretter l’absence d’une créature équine gigantesque et terrifiante, digne d’un véritable mystère mythologique.

Crocotta : le pire ami de l’homme

Supernatural Crocotta

Autre adversaire de Supernatural à revêtir une forme humaine pratique pour chasser ses victimes, la Crocotta apparaît dans la saison 3. Son principal atout visuel est sa mâchoire qui se déboîte pour laisser apparaître une bouche hérissée de dents en aiguilles, un effet particulièrement marquant à l’écran.

Mais la créature d’origine, issue des traditions d’Afrique de l’Est et d’Inde, est en réalité bien plus simple à imaginer qu’on ne pourrait le croire. La crocotta n’est pas un monstre humanoïde sophistiqué : c’est un chien. Un chien qui parle, imite la voix humaine et attire ainsi ses victimes vers la mort. Son mythe semble lié à l’hyène, dont le rire peut rappeler une voix humaine.

En théorie, la série aurait donc pu proposer un chien parlant et mangeur d’hommes sans difficulté particulière. Mais cela aurait aussi impliqué une scène où les héros tuent un chien doué de parole, et ce genre d’idée était sans doute plus gênant que l’horreur déjà très graphique de la série.

Dagon : il y a anguille sous roche

Supernatural Dagon

Parfois, Supernatural ne reprend d’une légende que le nom. C’est le cas de Dagon, qui apparaît dans la série comme un démon puissant, l’un des Princes de l’Enfer, aux côtés de figures comme Azazel et Asmodée. Il possède tout l’arsenal attendu dans une chasse aux démons, y compris la capacité étrange de faire fondre une arme capable de tuer à peu près n’importe quoi.

Dans les traditions anciennes, Dagon est bien plus vieux que cela : il remonte à la Mésopotamie antique, il y a environ 4 300 ans, et reste surtout connu pour une apparition dans le Premier livre de Samuel. Dans ce passage, les Philistins placent l’Arche de l’Alliance dans un temple de Dagon, avant de découvrir le lendemain que sa statue est tombée, comme si elle s’inclinait devant l’Arche.

Le nom a peut-être aussi été repris pour sa résonance littéraire : chez H. P. Lovecraft, Dagon est le titre d’une nouvelle célèbre où un narrateur rencontre un monolithe et une créature marine inquiétante, décrite avec une horreur cosmique inoubliable. De quoi donner une autre dimension au folklore revisité par Supernatural.

Anges : Castiel a besoin de plus d’yeux

Supernatural angels

En dehors de Sam et Dean Winchester, Castiel est l’un des personnages les plus marquants de Supernatural. Cet ange, qui sauve Sam de l’Enfer dès la saison 4, est devenu si populaire qu’il traverse ensuite toute la série. Comme les autres anges, il prend une enveloppe mortelle lorsqu’il est sur Terre, ce qui empêche presque toujours les spectateurs de voir sa véritable apparence.

Quand la série la révèle, cette forme prend la forme d’une lumière éclatante, parfois accompagnée d’ailes. C’est sans doute un compromis visuel, car les descriptions bibliques sont bien plus déconcertantes : roues de feu couvertes d’yeux, créatures célestes aux formes multiples, et hiérarchies angéliques beaucoup plus étranges que ce que la télévision grand public peut facilement montrer.

Les chérubins, par exemple, ne sont pas de tendres bébés ailés, mais des êtres dotés de quatre ailes, de sabots de bronze et de quatre visages : lion, bœuf, aigle et humain. Quant à Castiel, lorsqu’il est promu Séraphin, la Bible leur attribue six ailes, utilisées pour voler, couvrir le visage et dissimuler les pieds. Supernatural choisit évidemment une version plus simple, mais la tradition religieuse, elle, est beaucoup plus insaisissable.

Raphael : cool, pas impoli

Supernatural Raphael

Dans la galerie des anges de Supernatural, Raphaël apparaît à plusieurs reprises et tente même de relancer l’apocalypse après qu’elle a été empêchée. Le simple fait qu’un personnage puisse vouloir déclencher la fin du monde sans figurer parmi les pires adversaires des Winchesters en dit long sur la dureté de leur existence.

La version télévisée de Raphaël est froide, distante et parfois lâche, avec peu d’égards pour l’humanité. Dans la tradition biblique, en revanche, Raphaël est associé à la guérison. Il guide et protège, notamment dans le Livre de Tobit, où il aide Tobie à soigner la cécité de son père. Il est aussi lié à d’autres récits où il joue un rôle de secours plutôt que de destruction.

Ce Raphaël-là est donc bien plus compatible avec l’idée d’un ange guérisseur qu’avec celle d’un antagoniste cruel. Et même s’il existe dans les textes une dimension plus facétieuse, on est loin du portrait que propose Supernatural.

Amara : sœur, sœur

Supernatural Amara

Avec tous ses anges, ses démons, ses séjours en Enfer et ses balles magiques gravées de symboles issus de la Clavicule de Salomon, Supernatural puise largement dans la théologie juive et chrétienne. Même Dieu y apparaît régulièrement aux côtés des personnages principaux, à un rythme presque inédit. Pourtant, la série s’écarte parfois nettement du canon religieux, notamment avec la grande antagoniste de la saison 11.

En lisant attentivement la Bible, on remarque que Dieu n’y est pas toujours seul au sommet de la hiérarchie divine, et que certains passages suggèrent même l’existence d’un ensemble de figures célestes plus large. L’évolution va ensuite vers le monolâtrisme, puis vers le monothéisme. Mais jamais, dans les traditions classiques, on ne rencontre l’idée que Dieu aurait une sœur aînée.

Supernatural imagine pourtant Amara, une sœur plus ancienne, enfermée depuis l’aube des temps dans un vide informe après une guerre contre son petit frère et ses archanges. C’est certes une punition bien plus extraordinaire que celles que connaissent la plupart des aînées, mais la mécanique dramatique reste claire : dans le monde de la série, même les liens familiaux divins peuvent devenir une menace cosmique.

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