Tupac Shakur : Mystères et Enquêtes autour de sa Mort

par Olivier
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Tupac Shakur : Mystères et Enquêtes autour de sa Mort
USA

Divertissement

Ce que l’on ignore encore sur la mort de Tupac Shakur

Figure majeure du rap américain, Tupac Shakur reste l’un des artistes les plus étudiés, imit és et commentés de l’histoire de la musique. Né en 1971, il s’est formé au Baltimore School for the Arts, où il a étudié le théâtre et la musique, avant de s’installer en Californie en 1988. En quelques années, il s’impose sur la scène rap de la côte Ouest, enchaîne les succès et atteint une renommée immense avec Me Against the World, sacré meilleur album rap aux Soul Train Music Awards de 1996.

Au moment de sa mort la même année, il était déjà un artiste multi-platine et avait aussi construit une véritable filmographie d’acteur. Après sa disparition, ses enregistrements posthumes ont continué de se vendre massivement, confirmant l’ampleur de son influence dans la culture hip-hop. Pourtant, malgré cette aura légendaire, les circonstances exactes de son meurtre demeurent entourées de zones d’ombre. C’est l’un des grands mystères de l’enquête sur la mort de Tupac Shakur.

Les faits établis autour de la mort de Tupac Shakur

MGM Grand

Quelques éléments font consensus. Le 7 septembre 1996, Tupac Shakur, Suge Knight — alors patron du label Death Row Records — ainsi que plusieurs collaborateurs se trouvent à Las Vegas, au MGM Grand, pour assister au combat de boxe opposant Mike Tyson à Bruce Seldon. Après le match, dans le hall de l’hôtel, Shakur, Knight et d’autres aperçoivent Orlando Anderson, membre des Crips, déjà connu pour avoir agressé un proche de leur entourage. Ils l’attaquent, puis repartent en convoi de voitures. Tupac prend place dans le véhicule conduit par Suge Knight lui-même.

À un feu rouge, non loin du MGM Grand, une Cadillac blanche de modèle récent s’arrête à hauteur de leur voiture. La vitre arrière côté conducteur descend, une main surgit avec un pistolet Glock, puis plusieurs coups de feu sont tirés dans l’habitacle. Tupac est touché quatre fois : à la main, à la jambe et deux fois à la poitrine. Suge Knight est effleuré à la tête par un éclat de balle. Les secours transportent le rappeur au University Medical Center of Southern Nevada ; six jours plus tard, le 13 septembre, Tupac Shakur succombe à ses blessures.

Au-delà de ces faits, tout devient plus flou : l’enquête, l’identité des tireurs, les éventuels commanditaires, et même, pour certains, la question de savoir si Tupac est vraiment mort ce soir-là. Cette affaire criminelle continue donc d’alimenter les théories les plus persistantes dans l’histoire du rap.

Orlando Anderson a-t-il participé au meurtre de Tupac ?

Orlando Anderson

L’un des suspects les plus souvent cités est Orlando « Baby Lane » Anderson, l’homme que Shakur et son entourage avaient frappé dans le hall du MGM Grand. D’après plusieurs récits relayés par la presse, les Crips auraient été furieux de cette humiliation publique, ce qui aurait pu appeler une riposte sanglante. Dans cette hypothèse, Anderson et trois autres personnes auraient suivi Tupac et Suge Knight après l’altercation.

Selon les versions, ils auraient soit attendu le moment opportun pour tendre une embuscade plus tard dans la soirée, soit immédiatement poursuivi le convoi dans la Cadillac blanche. Anderson est largement soupçonné d’avoir été le tireur, quelle que soit la variante retenue. Pourtant, la police de Las Vegas n’a jamais tranché clairement sur son implication, tandis qu’Anderson a toujours nié toute responsabilité.

Il a ensuite été tué dans une autre fusillade en 1998, sans jamais avoir été inculpé pour la mort de Tupac. Son oncle, Duane « Keefe D » Davis, a même affirmé avoir été présent dans la Cadillac aux côtés de son neveu et a soutenu qu’Anderson avait bien tiré les coups mortels. Mais cette déclaration est née dans le cadre d’un accord judiciaire sans lien direct avec cette affaire, et elle n’a été rendue publique que bien plus tard, après le diagnostic de cancer de Davis. Prudence, donc, face à ce témoignage jamais confirmé.

Biggie ou Diddy ont-ils un lien avec la mort de Tupac ?

Sean 'Diddy' Combs

Christopher « Notorious B.I.G. » Wallace, alias Biggie Smalls, et Sean « Diddy » Combs représentaient deux figures dominantes de New York dans la rivalité rap entre la côte Est et la côte Ouest. De l’autre côté, Tupac Shakur et Suge Knight incarnaient la puissance californienne. Les tensions entre ces camps s’étaient déjà exprimées dans les morceaux, les interviews et les provocations réciproques.

Selon certaines accusations, Biggie et Combs auraient été irrités par le morceau dissident Hit ’Em Up, dans lequel Tupac prétendait avoir couché avec Faith Evans, l’épouse de Biggie et l’une des grandes artistes de Bad Boy. Une théorie affirme qu’Orlando Anderson et les Crips, après l’agression du MGM Grand, auraient approché Combs et Smalls pour obtenir de l’argent en échange de l’assassinat de Tupac. Dans cette version, Biggie aurait accepté de payer un million de dollars, à condition que l’arme soit un Glock lui appartenant personnellement.

Le même récit soutient qu’il aurait fourni le pistolet à Anderson, depuis la Cadillac blanche. Biggie a affirmé se trouver à New York au moment des faits, documents à l’appui, mais certains éléments ont été jugés peu concluants. Il a aussi été dit que Bad Boy n’aurait versé qu’une partie infime de la somme promise. Six mois plus tard, Biggie était lui-même abattu à Los Angeles, ce que cette théorie interprète comme une vengeance liée à la mort de Tupac.

Suge Knight a-t-il orchestré la mort de Tupac ?

Suge Knight

Suge Knight a un passé judiciaire particulièrement lourd. Depuis des décennies, il traîne une réputation de dureté extrême, mêlée d’accusations de menaces, de vols, d’agressions, et même d’avoir suspendu Vanilla Ice au-dessus d’un balcon. C’est pourquoi beaucoup ont envisagé l’idée qu’il aurait pu être le véritable architecte du meurtre de Tupac Shakur.

La rumeur veut que Knight owed beaucoup d’argent à Tupac, peut-être plusieurs millions de dollars. Il aurait aussi appris que le rappeur voulait quitter Death Row Records. Dans cette hypothèse, Knight aurait compris qu’en cas de mort de Shakur, il n’aurait plus à rembourser sa dette et pourrait exploiter plus tard les nombreux enregistrements inédits du rappeur.

L’idée peut sembler extrême, mais le litige entre Afeni Shakur, la mère de Tupac, et Death Row au sujet de royalties impayées a bien existé, et a été gagné par Afeni. De plus, plusieurs albums posthumes ont effectivement rapporté beaucoup d’argent au label. Même Snoop Dogg, ancien proche du cercle, a déclaré à la police croire que Suge Knight avait organisé la mort de Tupac. L’enquête sur Tupac Shakur continue ainsi de nourrir les soupçons.

Qui se trouvait dans la Cadillac blanche ?

Cadillac DeVille

Les agresseurs circulaient dans une Cadillac blanche récente, et les tirs ont été effectués depuis la vitre arrière côté conducteur. Au fond, c’est presque tout ce que l’on sait avec certitude sur le véhicule. L’année exacte, le modèle, le propriétaire, le nombre précis d’occupants : tout cela reste inconnu. Certains témoignages parlent de quatre hommes noirs à bord, mais des observateurs amateurs avancent qu’ils n’étaient peut-être que trois, ou que tous n’étaient pas noirs. Bref, le flou demeure complet.

La plupart des théories situent Orlando Anderson quelque part dans la voiture, sans pouvoir dire s’il tenait l’arme ou s’il occupait une autre place. Keefe D affirme également avoir été dans le véhicule avec son neveu, mais cela n’a jamais été confirmé. Même avec ce témoignage, il reste au moins un occupant non identifié. L’enquête sur le meurtre de Tupac conserve donc une part essentielle d’inconnu.

Quelques jours après la fusillade, la Cadillac aurait été aperçue à Compton avec un autocollant de voiture de location. La police de Los Angeles en aurait informé la police de Las Vegas, mais cette piste n’aurait jamais été exploitée jusqu’au bout. Un détail de plus dans une affaire déjà saturée d’occasions manquées.

Que s’est-il réellement passé à l’hôpital où Tupac est mort ?

Hospital sign

Aussitôt après la fusillade, Tupac Shakur est transporté au University Medical Center of Southern Nevada et placé dans un coma médical. Plusieurs opérations sont pratiquées, dont une au cours de laquelle son poumon droit est retiré en raison des dégâts causés par une balle. Sa compagne de l’époque, Kidada Jones, a raconté qu’il serait brièvement sorti du coma. Ses yeux étaient gonflés et il pouvait à peine communiquer, mais il aurait tout de même hoché la tête lorsqu’elle lui a dit qu’elle l’aimait.

L’évolution exacte de son état reste pourtant obscure. On ignore s’il s’est réveillé à d’autres moments. Suge Knight a affirmé plus tard qu’au jour où Tupac a été déclaré mort, celui-ci était encore éveillé et plaisantait. La version officielle, elle, soutient qu’il n’a jamais repris pleinement connaissance. Une autre inconnue concerne la surveillance du rappeur à l’hôpital, certains proches restant à proximité par crainte d’une nouvelle attaque.

Le réalisateur Gobi Rahimi, présent sur place, a aussi affirmé que l’hôpital avait mal pris en charge Tupac, allant jusqu’à l’ignorer ou à disparaître pendant de longues périodes. Là encore, les témoignages ajoutent autant de questions que de réponses à cette affaire de meurtre non résolu.

Où étaient les témoins du meurtre de Tupac ?

Las Vegas

La fusillade s’est pourtant produite un samedi soir à 23 heures, dans une circulation dense sur le Strip de Las Vegas, juste après un combat de Mike Tyson très suivi. Malgré cela, très peu de témoins semblent avoir vu ou raconté l’attaque. En pratique, personne en dehors du convoi de Shakur ne s’est vraiment manifesté pour dire ce qu’il avait observé. À elle seule, cette absence de témoignages est déjà troublante.

Parmi les rares personnes susceptibles d’avoir apporté des informations précieuses figure Yaki Kadafi, membre des Outlawz affiliés à Death Row. Il aurait dit aux policiers qu’il se trouvait dans la voiture juste derrière celle de Tupac et qu’il avait vu au moins une personne dans le véhicule, qu’il serait même capable d’identifier. Mais il ne voulait pas que son nom soit associé à ses déclarations, de peur d’être considéré comme une balance. Selon les récits, il aurait tout de même tenté de transmettre ses informations à la police, sans jamais être formellement interrogé.

Kadafi a lui aussi été tué deux mois plus tard lors d’une fusillade, et la police a affirmé que ce drame n’était pas lié à celui de Tupac. Vrai ou non, cela a fait disparaître avec lui des informations qui auraient pu éclairer l’une des plus célèbres enquêtes criminelles du hip-hop.

Quels furent les derniers mots de Tupac ?

 Chris Carroll

Ces dernières années, un ancien sergent de la police de Las Vegas nommé Chris Carroll a affirmé avoir été le premier agent sur les lieux de la fusillade. Il soutient avoir sorti Tupac du véhicule de Suge Knight. Selon lui, le rappeur, encore sous le choc, aurait repris ses esprits juste assez longtemps pour lui lancer : « F*** you », après qu’il lui demanda qui lui avait tiré dessus.

Le problème, c’est que personne n’a confirmé cet échange, ni même le fait que Carroll ait réellement été le premier arrivé sur place. D’après lui, Tupac aurait ensuite perdu connaissance et ne se serait plus réveillé. D’autres témoignages de l’époque, notamment dans la presse, indiquaient plutôt que le rappeur avait parlé de lui-même en disant qu’il était en train de « mourir » à son arrivée à l’hôpital.

Qu’il s’agisse d’un malentendu, d’un souvenir déformé ou d’un récit gardé sous silence, le fait que Carroll ait attendu près de vingt ans avant de parler intrigue. Il dit avoir été freiné par la police de Las Vegas et avoir aussi voulu éviter de transformer Tupac en « héros » pour avoir envoyé promener un policier avec ses derniers mots. En réalité, cette version ne fait qu’ajouter à la légende de Tupac Shakur.

La Jewish Defense League a-t-elle joué un rôle dans la mort de Tupac ?

FBI files on Tupac Shakur

En 1991, cinq ans avant la mort de Tupac, Dr. Dre quitte à la célèbre époque N.W.A. et Ruthless Records, le label de Jerry Heller. Il le fait notamment avec l’aide de Suge Knight, alors garde du corps, qui aurait intimidé Heller et Eazy-E pour permettre à Dre de partir. Knight fonde ensuite Death Row Records avec Dr. Dre comme premier artiste. Craignant de futurs ennuis, Heller se tourne vers la Jewish Defense League (JDL) pour obtenir de l’aide.

À ne pas confondre avec l’Anti-Defamation League, plus modérée et largement reconnue, la JDL était considérée comme un groupe radical de droite, réputé pour sa violence et son extrémisme. Par la suite, ce groupe aurait commencé à intimider, menacer et harceler Death Row Records ainsi que ses artistes. Ce n’est qu’en 2011, après une demande fondée sur la loi sur la liberté de l’information, que le FBI a rendu publics des documents montrant que la JDL avait aussi proféré des menaces téléphoniques contre Tupac Shakur et d’autres artistes, dont Eazy-E.

Ces appels, enregistrés et surveillés par le FBI dans le cadre d’une enquête sur des tentatives d’extorsion, n’établissent toutefois aucun lien direct avec le meurtre de Tupac. Ils demeurent néanmoins fascinants pour de nombreux chercheurs, car ils constituent les seules menaces documentées connues visant explicitement sa vie avant sa mort.

La police de Las Vegas a-t-elle raté l’enquête sur la mort de Tupac ?

Las Vegas Metropolitan Police Department patch and shield

Un constat revient souvent chez les journalistes, les enquêteurs et même chez certains acteurs du dossier : la police métropolitaine de Las Vegas n’était sans doute pas armée pour gérer une affaire aussi complexe que le meurtre de Tupac Shakur. Si les violences de gangs existaient bel et bien à Las Vegas, elles n’étaient pas traitées avec la même expérience qu’à Los Angeles.

À l’époque, Compton disposait de son propre service de police, réputé pour son travail sur les affaires liées aux gangs. Mais ce service traînait aussi une réputation de corruption, avec des accusations selon lesquelles certains responsables auraient favorisé certains groupes criminels. Ce climat aurait créé une rupture entre les services de Las Vegas, de Compton et de Los Angeles. Fuyant ce qu’ils percevaient comme un risque de contamination de l’enquête, les policiers de Las Vegas auraient refusé une partie de l’aide proposée, y compris des pistes, des interviews et des documents qui auraient pu accélérer l’identification des tueurs.

Au lieu de s’appuyer pleinement sur ce travail préparatoire, la police de Las Vegas aurait voulu mener l’enquête seule. La volonté d’éviter les dérives liées à la corruption peut se comprendre, mais elle a peut-être conduit à l’effet inverse : compliquer encore davantage la résolution du dossier Tupac.

Tupac était-il vraiment la cible ?

Suge Knight

Au fil des ans, une autre hypothèse a refait surface : les tireurs n’auraient pas visé Tupac, mais Suge Knight. Cette idée est longtemps restée marginale avant de revenir en force en 2017, lorsque Knight lui-même a affirmé dans une interview que c’était bien lui la vraie cible.

Dans sa version, les auteurs du crime seraient Reggie Wright Jr. et son ex-épouse Sharitha Golden. Knight soutient que Golden aurait voulu l’éliminer dans le cadre d’un coup de force, en recrutant Wright, ancien responsable de la sécurité de Death Row, pour exécuter le plan. Toujours selon lui, ils se trouvaient dans la Cadillac blanche et ont tiré les coups mortels. Knight affirme que Golden pensait obtenir ainsi le contrôle de Death Row Records.

Golden a évidemment nié ces accusations, et, comme beaucoup d’autres affirmations de Suge Knight, celle-ci doit être prise avec prudence. Elle rappelle toutefois une chose importante : il n’est même pas certain que Tupac ait été le véritable objectif de l’attaque, ou s’il a simplement été une victime collatérale d’un règlement de comptes plus large.

Tupac Shakur est-il encore en vie ?

Tupac Shakur hologram

Beaucoup d’artistes morts jeunes ont nourri des théories prétendant qu’ils étaient encore vivants, mais peu de fandoms sont aussi persistants que celui de Tupac. Elvis Presley alimente lui aussi des rumeurs, mais souvent sur le ton de la plaisanterie ; autour de Tupac Shakur, en revanche, une partie des fans reste sincèrement convaincue qu’il a survécu. Et leurs arguments, aussi spéculatifs soient-ils, ne sont pas toujours faciles à balayer d’un revers de main.

Avec le temps, ces théories deviennent de moins en moins crédibles, mais elles restent fascinantes dans l’univers de la culture rap. L’un des indices les plus souvent cités est que Tupac aurait évoqué sa propre mort par balle dans plusieurs chansons. Les fans rappellent aussi son premier album posthume, enregistré peu avant sa mort sous le nom Makaveli, où l’on trouve des références au chiffre 7, à la résurrection et à un symbolisme ésotérique. À cela s’ajoute le fait qu’il a été publié davantage d’albums après sa mort qu’avant, le dernier datant de 2006.

Enfin, selon la BBC, certains proches — Suge Knight compris — entretiennent eux-mêmes le doute par des propos laissant entendre que Shakur serait toujours vivant quelque part. La fusillade, elle, est incontestable. La vraie question, pour les amateurs de mystères autour de Tupac Shakur, demeure la suivante : a-t-il survécu à ses blessures avant de disparaître, pour vivre loin des projecteurs, avec quelques sorties discographiques en moins et une légende en plus ?

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