Science
Sur le plan scientifique, le déclin des bourdons soulève des signaux d’alarme qui dépassent la seule perte d’insectes. Albert Einstein est souvent cité pour sa phrase choc sur la disparition des abeilles, et si elle paraît extrême au premier abord, les données récentes montrent un enjeu réel pour la sécurité alimentaire mondiale.
Les bourdons jouent un rôle essentiel de pollinisateurs pour de nombreuses cultures. Selon des données officielles, près de 35 % de notre production alimentaire dépend des pollinisateurs. La niche écologique que remplissent les bourdons les rend indispensables : une forte diminution de leurs populations menace directement la production de fruits et légumes dont dépend l’alimentation humaine.
Les observations scientifiques depuis 2000 sont préoccupantes : entre 2000 et 2020, les effectifs de bourdons ont chuté d’environ 46 %. Ce déclin est particulièrement marqué dans les régions les plus chaudes, comme le sud des États-Unis et le Mexique, ce qui fait fortement suspecter le rôle du réchauffement climatique d’origine humaine.
Une étude dirigée par le doctorant Peter Soroye de l’Université d’Ottawa met en lumière que des causes aiguës—parasites, maladies, effondrement de colonies—pourraient n’être que la surface d’un problème systémique lié au changement climatique. Les recherches cherchent à répondre à la question cruciale du comment et du pourquoi de ce lien entre réchauffement et risque d’extinction.
Points clés à retenir sur le déclin des bourdons :
- Amplitude du phénomène : près de la moitié des populations de bourdons observées ont disparu en deux décennies.
- Facteurs aggravants : hausse des températures, maladies et parasites agissant souvent de concert.
- Conséquences potentielles : fragilisation de la pollinisation des cultures, menace pour la sécurité alimentaire à long terme.
Les auteurs insistent sur l’urgence d’actions ciblées : réduire les émissions de carbone et protéger les habitats de pollinisateurs afin de limiter l’impact du changement climatique sur ces espèces. Sans mesures concrètes, le déclin des bourdons pourrait annoncer des pertes de biodiversité beaucoup plus larges.
En transition vers la section suivante, on approfondira comment ces tendances s’inscrivent dans le contexte plus large des extinctions contemporaines et quelles solutions scientifiques sont envisagées pour inverser la trajectoire.
