Science
Du point de vue humain, les moustiques sont tout sauf sympathiques. Ils se nourrissent de notre sang et transmettent des maladies comme la fièvre jaune, le paludisme ou encore le virus du Nil occidental. Selon Mosquito.org, ces insectes provoquent plus d’un million de décès par an, ce qui en fait l’une des espèces les plus mortelles au monde.
Il serait tentant de vouloir dire à tous les moustiques : « Vous êtes virés ». Pourtant, la réalité est plus nuancée. Il existe environ 3 500 espèces de moustiques connues, et seules les femelles d’environ 6 % d’entre elles piquent les humains. Parmi celles-ci, seule la moitié transmet réellement des maladies. Au total, cela représente environ 100 espèces concernées. Même si ce nombre peut sembler limité, la BBC indique que ces 100 espèces exposent encore la moitié de la population mondiale à une maladie transmise par les moustiques.

Sur le plan scientifique, les outils existent déjà pour amorcer une éradication ciblée. D’après la BBC, entre 2009 et 2010, la société de biotechnologie Oxitec a réussi à réduire de 96 % des populations de moustiques visées après avoir relâché des moustiques génétiquement modifiés incapables de se reproduire pleinement. L’entreprise a ensuite poursuivi ses recherches sur la lutte contre le paludisme en partenariat avec la Fondation Bill et Melinda Gates.
Mais faudrait-il pour autant éliminer une espèce de moustiques infectieux ? Dans un article de Forbes, Matan Shelomi, professeur adjoint d’entomologie à l’Université nationale de Taïwan, estime que si l’opération était menée correctement, les bénéfices l’emporteraient probablement sur les inconvénients. Il rappelle que les moustiques jouent un rôle de pollinisateurs et servent aussi de ressource alimentaire à de nombreuses espèces, mais que leur importance écologique reste relativement limitée.
Selon lui, la plupart des animaux qui s’en nourrissent ne seraient pas fortement affectés, surtout si l’on se concentre uniquement sur les espèces nuisibles, sans recourir aux pesticides ni à des méthodes plus invasives. Le scénario le plus défavorable serait qu’une espèce de moustique soit remplacée par une autre, encore plus gênante ou plus dangereuse. En définitive, l’éradication très sélective des moustiques pourrait représenter un net avantage pour l’humanité, à condition de ne pas toucher à ceux qui contribuent, discrètement, à l’équilibre de la vie végétale et animale dans le monde.
