Sophie Adenot : sa troisième sortie dans l’espace a aussi servi à guider et à échantillonner l’ISS

Sophie Adenot : sa troisième sortie dans l’espace a aussi servi à guider et à échantillonner l’ISS

Lors de l’EVA-99, Sophie Adenot a remplacé une aide à la navigation de l’ISS et prélevé des échantillons pour MicroOrganisms, sans que l’expérience ait encore livré de résultats.

La troisième sortie extravéhiculaire de Sophie Adenot n’a pas seulement ajouté une EVA à son parcours. Le 1er septembre 2026, avec Jessica Meir, elle a participé à une intervention qui répondait à deux besoins distincts de l’ISS : remplacer un repère utilisé par les véhicules en approche, puis prélever des échantillons autour du sas pour une expérience dont les résultats ne sont pas encore connus. Selon l’ESA, l’EVA-99 a été menée à bien.

EVA-99 : une troisième sortie, mais surtout une séquence de maintenance

Sophie Adenot et Jessica Meir ont réalisé l’EVA-99 le mardi 1er septembre. C’était la troisième sortie extravéhiculaire de l’astronaute française. L’ESA fixe son début officiel à 14 h 41 CEST, au moment où les combinaisons sont passées sur alimentation par batterie, avant la sortie du sas Quest. La durée annoncée est de 6 heures et 49 minutes.

Ces repères donnent la mesure de l’opération, mais pas sa seule signification. L’ESA décrit une sortie de maintenance qui associait plusieurs tâches. Deux d’entre elles éclairent particulièrement ce qui se joue à l’extérieur de la station : maintenir une aide de navigation destinée aux engins spatiaux et recueillir des prélèvements pour une question biologique encore ouverte.

Le rétroréflecteur de Harmony : un repère pour les rendez-vous et les amarrages

Selon l’ESA, Sophie Adenot s’est rendue au port avant du module Harmony pour y remplacer un rétroréflecteur défectueux. Le CNES décrit la même mission : ce dispositif doit faciliter la navigation des engins spatiaux lors des opérations de rendez-vous et d’amarrage.

Sa fonction est donc opérationnelle. Ce rétroréflecteur sert de repère aux véhicules qui s’approchent de la station dans ces phases de rendez-vous et d’amarrage ; il n’est pas présenté par les sources comme un instrument scientifique. Le remplacement concerne ce point précis de l’infrastructure de la station, et non une observation ou une expérience menée sur Harmony.

L’intervention permet d’établir qu’un équipement qualifié de défectueux a été remplacé et que son rôle est lié à la navigation des engins spatiaux. Elle ne permet pas de chiffrer l’effet du nouveau dispositif sur de futurs rendez-vous, ni de reconstituer l’état exact de l’ancien au-delà de cette qualification. L’ESA et le CNES ne décrivent ni panne générale ni risque précis évité.

Autour du sas Quest, des écouvillons pour une question encore ouverte

Après cette intervention, Sophie Adenot a effectué des prélèvements avec des écouvillons autour du sas et sur ses gants pour l’expérience MicroOrganisms, indique l’ESA. Le geste ne consiste donc pas à constater visuellement un phénomène : il produit des échantillons à examiner dans un protocole qui cible l’environnement du sas et les gants utilisés pendant la sortie.

L’objectif déclaré est précis. L’expérience cherche à déterminer si des micro-organismes sont libérés par les bouches d’aération du système de survie de la station et, si c’est le cas, jusqu’où ils se propagent. Les prélèvements servent ainsi à poser cette question sur des zones définies ; ils ne suffisent pas, à eux seuls, à y répondre.

Une hypothèse à tester, pas une contamination démontrée

Le mot important est ici déterminer. Ni l’ESA ni le CNES ne rapportent de micro-organismes détectés, une contamination confirmée ou une distance de dispersion mesurée. Ils décrivent l’objectif de MicroOrganisms, pas une analyse achevée. Présenter les écouvillons comme la preuve d’une libération reviendrait donc à transformer une hypothèse expérimentale en conclusion.

Ce que l’EVA-99 ajoute au bilan de Sophie Adenot — et ce qu’elle ne prouve pas

Cette EVA était bien la troisième de Sophie Adenot, réalisée avec Jessica Meir, et l’ESA en donne un bilan de 6 heures et 49 minutes. Mais son intérêt ne se réduit pas à ce compteur : elle réunit une maintenance ciblée et un prélèvement destiné à produire des éléments d’étude. Dans les deux cas, le fait documenté est l’exécution de la tâche.

Le remplacement concerne un dispositif d’aide à la navigation pour les rendez-vous et les amarrages ; les sources ne fournissent pas d’effet quantifié sur les opérations à venir. Les prélèvements de MicroOrganisms ouvrent une vérification sur une éventuelle libération par les bouches d’aération ; les résultats biologiques restent à établir. L’EVA-99 est ainsi documentée comme une opération de maintenance et de prélèvement, non comme la démonstration d’un résultat expérimental.

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