Accord international sur la pollution plastique rejeté à Genève

Accord international sur la pollution plastique rejeté à Genève

Les nations refusent un traité crucial sur la pollution plastique, dénonçant son manque de mesures concrètes.

Suisse, Union Européenne, Colombie, Canada, Chili, Panama, Kenya
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Les négociations censées accoucher du premier traité international pour lutter contre la pollution plastique ont tourné court mercredi à Genève, à seulement trente heures de la clôture prévue. La présentation par le président de session, le diplomate équatorien Luis Vayas Valdivieso, d’un texte de synthèse de 31 articles a provoqué un tollé parmi la majorité des délégations, qui refusent de l’accepter comme base de travail.

La Colombie a ouvert le feu des critiques en qualifiant le document d’« inacceptable », rejointe par le Chili, le Mexique, le Panama, le Canada, l’Union européenne — France comprise — ainsi que plusieurs États insulaires du Pacifique. Pour le représentant chilien, le texte est « clairement déséquilibré », car il relègue l’action au seul niveau national et « ne crée aucun espace de coopération internationale ». Le Danemark, qui assure la présidence tournante de l’UE, a dénoncé un projet « qui ne fait pas le minimum nécessaire ».

Absence de mesures « claires, robustes et concrètes »

Le Panama a livré l’une des attaques les plus virulentes, estimant que le texte « rend cette blessure fatale » et que « ce n’est pas de l’ambition, c’est de la reddition ». Même constat du côté de Bruxelles, qui déplore l’absence de mesures « claires, robustes et concrètes », tandis que le Kenya pointe le manque total d’obligations mondiales contraignantes, jugées indispensables pour donner au traité une « valeur démontrable ».

Les ONG se sont elles aussi insurgées. Greenpeace y voit un « cadeau à l’industrie pétrochimique et une trahison de l’humanité », déplorant l’absence de dispositions visant à limiter la production de plastique vierge. Ironie du sort, même les pays producteurs de pétrole, farouchement opposés aux restrictions, ont exprimé leur insatisfaction. La Chine, premier producteur mondial, a exhorté la présidence à se « concentrer » sur les points majeurs plutôt que d’« accroître les divergences ». Seul le Conseil international de la chimie (ICCA) a gardé un ton mesuré, réaffirmant son soutien à un accord global.

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