Nature · Dossier 47435 Suisse, Union Européenne
Accord international sur la pollution plastique rejeté à Genève
Les nations refusent un traité crucial sur la pollution plastique, dénonçant son manque de mesures concrètes.

Les négociations censées accoucher du premier traité international pour lutter contre la pollution plastique ont tourné court mercredi à Genève, à seulement trente heures de la clôture prévue. La présentation par le président de session, le diplomate équatorien Luis Vayas Valdivieso, d’un texte de synthèse de 31 articles a provoqué un tollé parmi la majorité des délégations, qui refusent de l’accepter comme base de travail.
La Colombie a ouvert le feu des critiques en qualifiant le document d’« inacceptable », rejointe par le Chili, le Mexique, le Panama, le Canada, l’Union européenne, France comprise, ainsi que plusieurs États insulaires du Pacifique. Pour le représentant chilien, le texte est « clairement déséquilibré », car il relègue l’action au seul niveau national et « ne crée aucun espace de coopération internationale ». Le Danemark, qui assure la présidence tournante de l’UE, a dénoncé un projet « qui ne fait pas le minimum nécessaire ».
Absence de mesures « claires, robustes et concrètes »
Le Panama a livré l’une des attaques les plus virulentes, estimant que le texte « rend cette blessure fatale » et que « ce n’est pas de l’ambition, c’est de la reddition ». Même constat du côté de Bruxelles, qui déplore l’absence de mesures « claires, robustes et concrètes », tandis que le Kenya pointe le manque total d’obligations mondiales contraignantes, jugées indispensables pour donner au traité une « valeur démontrable ».
Les ONG se sont elles aussi insurgées. Greenpeace y voit un « cadeau à l’industrie pétrochimique et une trahison de l’humanité », déplorant l’absence de dispositions visant à limiter la production de plastique vierge. Ironie du sort, même les pays producteurs de pétrole, farouchement opposés aux restrictions, ont exprimé leur insatisfaction. La Chine, premier producteur mondial, a exhorté la présidence à se « concentrer » sur les points majeurs plutôt que d’« accroître les divergences ». Seul le Conseil international de la chimie (ICCA) a gardé un ton mesuré, réaffirmant son soutien à un accord global.
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