Origines et destin d’une friandise d’enfance
Poursuivant notre exploration historique, voici le récit derrière une invention d’enfance devenue incontournable : le Popsicle. Cette friandise sucrée et glacée, aimée des enfants depuis plus d’un siècle, tient une place particulière dans la mémoire collective.

Selon des récits largement diffusés, l’histoire commence en 1905 quand Frank Epperson, alors âgé de 11 ans, mélangea de la poudre de soda sucrée avec de l’eau et oublia sa préparation dehors avant d’aller se coucher. Au matin, le bâton de brassage était prisonnier du mélange gelé : en le tenant par ce bâton, il put lécher la glace — l’idée était née. Convaincu que ses voisins de San Francisco aimeraient ce produit, il en congela d’autres et commença à vendre ses « Eppsicles » dans le quartier (voir le récit de l’époque sur NPR : npr.org).

Le parcours de Frank n’est pas seulement celui d’une découverte enfantine. Il continua à commercialiser ses bâtonnets jusque dans la vingtaine, puis demanda finalement un brevet. À ce stade, ses propres enfants suggérèrent de modifier le nom : ils aimaient appeler la friandise « Pop’s ‘sicle », d’où l’appellation devenue célèbre, Popsicle (popsicle.com).
Pourtant, l’histoire ne se termine pas par un triomphe individuel. En 1929, Epperson se retrouva ruiné et dut vendre les droits de son invention à la Joe Lowe Corporation, qui assurera ensuite la large distribution du produit à l’échelle nationale. Comme l’a rapporté le New York Times, il confia plus tard : « I was flat and had to liquidate all my assets. I haven’t been the same since. » (nytimes.com).

- 1905 : première apparition accidentelle de l’« Epsicle ».
- Début du XXe siècle : vente locale sous le nom d’Eppsicle.
- Fin des années 1920 : dépôt de brevet, puis difficultés financières.
- 1929 : vente des droits à une entreprise pour assurer la distribution.
- 1983 : décès de Frank Epperson à l’âge de 89 ans.
Cette trajectoire — d’une invention d’enfant devenue symbole estival jusqu’à la cession contrainte des droits — invite à nuancer la version idéalisée du « self-made » : le destin d’Epperson illustre aussi les aléas économiques qui peuvent entourer une innovation. L’histoire du Popsicle reste cependant un exemple parlant de la façon dont une idée simple peut devenir un phénomène culturel.
