Les jouets les plus controversés vendus en magasin

par Angela
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Les jouets les plus controversés vendus en magasin
États-Unis, Royaume-Uni, Hong Kong, Allemagne, Danemark

Les jouets, par essence, doivent être source de plaisir pour les enfants. Ils peuvent être éducatifs, et leur sécurité est essentielle; mais pour être reconnus comme des jouets, ils doivent offrir une possibilité de jeu et être appréciés par au moins une partie des enfants. Cette définition large laisse une marge considérable aux concepteurs pour imaginer et créer de nouvelles œuvres imaginatives, des simples boutons sur une ficelle aux ensembles de poupées riches en accessoires.

Down Syndrome Barbie

En 2023, Mattel a lancé des Barbie officielles présentant les caractéristiques des personnes atteintes de trisomie 21. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de diversité des gammes afin de représenter un éventail plus large de corps et de handicaps visibles. Le projet a été accueilli favorablement par la National Down Syndrome Society; après des retours initiaux, le processus a évolué pour intégrer les contributions des personnes concernées. La couverture médiatique a été globalement positive, certains articles soulignant des détails symboliques dans le design, comme un pendentif associant des couleurs et des symboles liés à la trisomie 21. Ellie Goldstein, mannequin atteinte de trisomie 21, a été l’égérie du lancement. Toutefois, certaines réactions ont été critiques: une tribune du Miami Herald écrite par la mère d’un enfant trisomique a reproché au projet une conception trop limitée de l’inclusion et a estimé que la « Barbieffication » ne garantissait pas une meilleure accessibilité ou une meilleure acceptation dans le monde réel. À noter, après ce premier modèle, une poupée noire a été lancée.

Golliwogs

Les golliwogs occupent une place historique complexe en tant que caricatures racistes. Ils proviennent d’un personnage d’un livre pour enfants publié peu après la guerre civile par une femme qui s’en serait inspirée d’une poupée noire qu’elle avait manipulée autrefois. L’auteur les décrit comme pseudo‑humains, parfois avec des pattes; l’absence de droits d’auteur a permis à d’autres d’écrire des livres et de proposer leurs propres versions, parfois plus agressives que l’original. Les golliwogs n’ont pas eu la même résonance aux États‑Unis qu’en Europe, où ils furent une figure populaire pour de nombreux enfants au début du XXe siècle. Ils ont aussi fait apparition comme mascottes pour une marque de marmelade. Le regain de prise lorsque les représentations racistes se sont accrues a conduit à une remise en question et les figurines sont aujourd’hui rares, prisées par certains collectionneurs qui soutiennent qu’elles ne sont pas racistes.

Little Miss No-Name

Former l’empathie chez les enfants est un objectif important mais complexe. Dans les années 60, Hasbro a publié Little Miss No-Name, une poupette négligée et apparemment sans domicile, avec de grands yeux mouillés et une larme bleue amovible, une main tendue et une robe faite d’un sac en toile de jute. Ses cheveux blonds renforçaient l’image d’une anti‑Barbie, conçue comme une réaction à l’élégance supposée éphémère des années 60. Malgré une campagne marketing soutenue, la poupée a été brièvement en rayon et, aujourd’hui, les prix de revente atteignent parfois des sommes à trois chiffres lorsque l’objet est encore équipé de sa larme bleue.

Earring Magic Ken

Être gay n’est pas un problème en soi, mais l’arrivée du Earring Magic Ken au début des années 90 a surpris une partie du public. Dans un contexte où le sida et des débats sur les droits des LGBTQ traversaient la société américaine, ce Ken affichait un style codé gay: une boucle d’oreille, un gilet en cuir violet et une allure qui sortait des codes masculins traditionnels. Mattel l’avait conçu à partir d’idées répétées par des petites filles sur une mise à jour moderne de Ken, et si les jeunes filles avaient raison sur ce qui était « cool », le jouet a été rappelé face à la réaction des consommateurs et des parents. Malgré tout, Earring Magic Ken demeure l’une des versions les plus mémorables et lucratives de Ken dans l’histoire de la marque.

Lufsig

Ikea est surtout connue pour ses querelles internes autour du mobilier, mais une traduction maladroite a placé l’enseigne au cœur d’un épisode politique à Hong Kong. En 2013, Ikea a lancé une poupée appelée Big Bad Wolf, accessoirisée avec Grand‑mère. Le loup, portant une chemise à carreaux et un jean, avait pour nom Lufsig; selon certains accents cantonais, ce nom pouvait devenir une insulte. Cette lecture a fait de Lufsig un symbole de protestation lorsque, lors d’une apparition publique, un manifestant a lancé la poupée à un responsable. Face à l’engouement, les Hongkongais se sont précipités pour acheter le jouet, tandis qu’Ikea est restée discret sur le destin politique du produit. Une partie des ventes a été reversée à des associations caritatives pour enfants.

Sea Monkeys

Dans les années 60 et 70, Sea Monkeys promettaient un animal de compagnie « passionnant » reçu par courrier, bien que les publicités décrivaient des sociétés humanoïdes imaginaires. En réalité, il s’agissait d’œufs de crevettes salines séchés, des crustacés minuscules qui jouent un rôle dans la chaîne alimentaire et servent de nourriture à d’autres animaux. Leur potentiel éducatif réside dans leur capacité à se reproduire, mais ces créatures ne forment pas de structures sociales humaines reconnaissables. L’affaire a été entachée par les sympathies nazies du promoteur Harold von Braunhut, ce qui a entaché la réputation des Sea Monkeys et a été associé à d’autres produits marketing controversés de l’entreprise.

Labubu

Les Labubu ont connu un engouement international en 2025. Ces poupées humanoïdes mi‑animal, mi‑monstre ressemblent davantage à des elfes et présentent des corps petits, des oreilles ressemblant à des lapins et des dents acérées. Vendu dans des boîtes scellées, le Labubu a déclenché une véritable frénésie, avec des versions rares atteignant des prix élevés aux enchères et des modèles plus répandus qui circulaient dans les poches des jeunes fashionistas. Certains les ont interprétés comme une œuvre démoniaque ou diabolique, certains les présentant comme l’œuvre du diable. Des rumeurs Internet ont renforcé ces croyances, et le fabricant Pop Mart a publié des avertissements en plaisantant sur tout Labubu qui bougerait ou parlerait et qui exigerait d’être retiré.

Garbage Pail Kids

Les Garbage Pail Kids, parodies des Cabbage Patch Kids, ont affiché une esthétique grossière et humoristique qui a émerveillé certains et révulsé d’autres. Les enfants aiment les choses qui dénotent l’imperfection et l’horreur comique, et Topps a saisi l’occasion en lançant une série de cartes à collectionner montrant des personnages aux gestes peu ragoûtants. Les parents et les législateurs ont été choqués et des débats sur la satire ont émergé, menant à un litige avec les créateurs des Cabbage Patch Kids et à un accord hors tribunal. Depuis, les Garbage Pail Kids réapparaissent par le biais de séries limitées, nourrissant l’excitation de nouvelles générations.

Cabbage Patch Kids

Les Cabbage Patch Kids, poupées rondes et potelées des années 80, ont été au centre de rumeurs et de spéculations. Certaines théories les associaient à des enfants réels présentant des malformations, ou les attribuaient à une manipulation politique; d’autres prétendaient que des certificats de décès pourraient être émis lorsque les poupées retournaient à l’usine. Bien que ces allégations soient fausses, elles ont renforcé le mystère entourant ces poupées et attiré les acheteurs inscrits dans des paniers à l’effigie des modes estivales. Elles ont alimenté l’une des premières fièvres d’achat, les consommateurs se ruant dans les rayons; un procès a suivi concernant le travail prétendument copié d’un artiste folk nommé Martha Nelson Thomas et a abouti à une compensation hors tribunal sans divulgation du montant. Elles ont aussi inspiré des pratiques incongrues, jusqu’à des cérémonies officielles d’adoption dans le siège de l’entreprise en Géorgie, sur des frais.

Lego

Les Lego sont un classique pour une raison: ils sont simples tout en permettant des constructions complexes, stimulent la créativité et l’esprit d’ingénierie sans la lourdeur pédagogique de certains jouets éducatifs. Originaires du Danemark, ils inspirent la construction et la créativité, mais n’en suscitent pas moins des controverses. Certains ont vu dans les ensembles des armes ou des scénarios violents, et bien que la marque n’ait pas promu de jouets militaires explicites, des commentateurs ont relevé une augmentation de scénarios violents dans les ensembles Lego. Cela a déplu à des parents qui préféraient que leurs enfants construisent des châteaux et des fermes plutôt que de les détruire. Par ailleurs, afin d’attirer davantage de filles, Lego a lancé des ensembles explicitement destinés à un public féminin, suscitant des questions sur le genre et l’accès des filles à l’univers de la construction.

Jouets pour filles

On sait ce que les filles aiment: le rose, les objets brillants et l’éclat. Le débat porte sur le fait de proposer des jouets spécifiquement destinés aux filles et de limiter l’accès des enfants à des jeux non genrés. Des campagnes publiques ont soutenu que les jouets ne devraient pas être divisés par genre et que les opportunités de jeu ne devraient pas être restreintes par des stéréotypes. Des initiatives comme Pinkstinks au Royaume‑Uni et Let Toys Be Toys s’emploient à promouvoir des pratiques qui offrent les mêmes chances à tous les enfants, sans se baser sur le genre, afin de permettre une exploration libre des intérêts.

Entertech Water Guns

En 1987, Entertech a lancé une ligne de pistolets à eau d’un réalisme saisissant. « Tout automatique » et avec un chargeur amovible, l’arme pouvait continuer à tirer tant qu’elle contenait de l’eau et que la détente était maintenue enfoncée. Le modèle principal ressemblait fortement à une Uzi, et ce réalisme a suscité des réactions outrées et des inquiétudes quant à la sécurité. Des incidents ont conduit à des confrontations et à des tirs lorsque la police les a confondues avec de vraies armes. Des lois ont exigé que les jouets ressemblent moins à des armes réelles, mais la véritable irritation est venue de l’arrivée du Super Soaker, qui a largement éclipsé ces jouets.

Cayla

Cayla, poupée lancée dans les années 2010, proposait une fonctionnalité intéressante: par Bluetooth, elle pouvait se connecter à Internet et répondre aux questions des enfants. Malheureusement, Cayla était vulnérable au piratage, et elle a été jugée comme un risque de sécurité. Le souci était que des acteurs malveillants pourraient accéder à la connexion Bluetooth et écouter un enfant ou même communiquer directement avec lui via la poupée. L’Allemagne, après l’ère nazie et les pratiques de surveillance étatique, applique des règles strictes sur les dispositifs d’écoute et a finalement recommandé la destruction des poupées Cayla.

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